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L’ostéopathie à la croisée des chemins

Posted by Impatient sur 13 mai 2009

La publication des décrets d’application de la loi de 2002 reconnaissant l’ostéopathie soulève de nombreuses inquiétudes.
Malgré leurs ambiguïtés, ces décrets officialisent toutefois cette médecine alternative.

« Faut-il boycotter des décrets qui dénaturent l’ostéopathie en même temps qu’ils la reconnaissent ? ». C’est la question que se posent les ostéopathes « ni ni » (ni médecins ni kinésithérapeutes), c’est-à-dire la grande majorité, après la publication des textes qui réglementent leur profession. Les débats sont vifs entre praticiens pour savoir s’il faut s’y opposer ou s’y résigner. En effet, ils s’inquiètent de la manière dont ces textes définissent les matières enseignées dans les écoles d’ostéopathie ainsi que les actes autorisés, interdits ou soumis à des restrictions. C’est ainsi que les programmes sont amputés de près de la moitié (2 660 heures au lieu de 5 000 jusqu’ici) et « tout enseignement relatif à une approche viscérale ou crânio-sacrée est exclu », ce qui révolte ceux qui estiment que leur discipline sera ainsi réduite à une approche mécanique et non plus globale. Les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens sont interdits, mais pourront être pratiqués par les médecins ostéopathes. Les manipulations du crâne, de la face et de la colonne vertébrale chez les nourrissons de moins de 6 mois et celles des vertèbres cervicales à tous les âges ne sont autorisées que moyennant un certificat médical de non contre-indication. « Sur quelles bases les médecins pourront-ils rédiger ces certificats ? », s’inquiète le Collectif de développement de l’ostéopathie périnatale.

L’Association française d’ostéopathie et le Syndicat national des ostéopathes de France ont déposé un recours en annulation de ces textes auprès du Conseil d’État. Une décision critiquée par Guy Roulier, secrétaire général de la Chambre nationale des ostéopathes : « Les décrets c’est la base minimale. Il était nécessaire d’assainir la situation, de ne plus laisser s’installer des gens qui ont de faux diplômes ou qui ont été formés par des professionnels sans expérience et qui vont manipuler les cervicales sans précaution. Nous entamons un travail d’information des médecins pour qu’ils comprennent comment rédiger les certificats de non contre-indication. Une évolution des textes sera ensuite possible. » Malgré leur amertume, les autres associations professionnelles (Union fédérale des ostéopathes de France, Syndicat français des ostéopathes et Registre des ostéopathes de France) constatent que la reconnaissance de leur droit à exercer est un acquis considérable. Elles espèrent qu’il sera possible d’interpréter les textes de manière souple. Tout en estimant qu’un recours peut être souhaitable contre certains articles des décrets. Roselyne Lalauze, ostéopathe qui travaille depuis vingt ans dans différentes maternités, précise : « C’est à nous de montrer que l’ostéopathie peut être une pratique de haut niveau. Avec des ostéopathes travaillant dans des services de néonatalogie et des médecins hospitaliers nous venons de créer la Société européenne de recherche en ostéopathie périnatale et pédiatrique (3). Cette dernière pourra valider scientifiquement nos pratiques et préciser s’il existe ou non des contre-indications à l’ostéopathie chez les nouveaux-nés. »

Les écoles avaient jusqu’au 1er mai pour déposer une demande d’agrément. Les professionnels en exercice ont jusqu’au 31 juillet pour demander à bénéficier du titre officiel d’ostéopathe. Même ceux qui ont engagé un recours en annulation appellent leurs adhérents à effectuer ces démarches. À l’automne, les patients sauront enfin qui est définitivement autorisé à pratiquer l’ostéopathie en France.
>régis pluchet

Voir Alternative Santé, n° 339, 340, 341 (décembre 2006, janvier et février 2007). Les décrets reconnaissent trois catégories d’ostéopathes qui recevront une formation commune : les ostéopathes ni médecins ni kinésithérapeutes (qui ne seront pas considérés comme exerçant une profession de santé), les kinésithérapeutes ostéopathes et les médecins ostéopathes.

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