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L’IMAGINAIRE ÉROTIQUE: Programme commun

Posted by Impatient sur 12 mai 2009

L’imaginaire érotique peut être source de mieux-être, d’entente et de complicité. Mal utilisé, il engendre discorde et souffrance.
Question de mode d’emploi…

C’est un aphrodisiaque naturel. Il est gratuit comme l’air que l’on respire, à l’heure où le Viagra rapporte un billion de dollars par an aux laboratoires Pfizer (Chiffre cité dans les médias anglosaxons et francophones). Avec nos cinq sens, notre imagination reste le plus puissant des aphrodisiaques.

Le corps, les sens et l’imagination

 » Ce n’est pas le corps d’un homme qui le rend désirable « , écrit l’antillaise Jamaica Kincaid (Autobiographie de ma mère, J. Kincaid, 1997, éd. Albin Michel.). C’est par exemple tout ce qu’elle imagine à partir de ce qu’elle sait de lui.  » C’est ce que ce corps pourra me faire ressentir lorsqu’il me touchera, c’est là qu’est le frisson : penser à ce que son corps me fera éprouver…  » Cette part imaginée peut jouer un rôle central dans l’intensité du désir. C’est pourquoi le meilleur amant, la meilleure maîtresse ne l’est, dit-on, ni pas sa beauté, ni par sa technique.

L’imaginaire érotique n’est jamais loin de l’amour et de la passion. Chacun de nous possède donc une sorte de carte du désir qui lui est propre. Nous réagissons plus à certaines choses qu’à d’autres. « L’imaginaire est pour beaucoup l’essence de l’érotisme, explique Willy Pasini, fondateur de la Fédération européenne de sexologie et enseignant de psychiatrie et de psychologie à l’université de Genève. Pour d’autres, les sensations physiques et le corps passent au premier plan. Parmi les femmes et les hommes qui réagissent davantage à partir des sens, l’excitation sexuelle peut partir du toucher ou de la vue : ils seront sensibles à une caresse ou à une silhouette. Quelques-uns diront d’une personne qu’elle a une voix magnifique, ou bien a une odeur qui leur plaît. Pour d’autres, au contraire, l’imagination reste le moteur de l’érotisme. » Ce sont alors, par exemple, des images, comme les seins d’une femme, ou des situations, comme regarder une femme se masturber, auxquels certains hommes seront plus sensibles.

De petites choses peuvent embraser notre imaginaire. Il suffit d' »une idée jamais exprimée ou d’un acte accompli en secret « , écrit l’Américaine Sallie Tisdale dans un essai sur l’érotisme, le puritanisme et le féminisme (Parlons cul – contre l’hypocrisie puritaine, S. Tisdale, 1997, éd. Dagorno). Elle tente de déchiffrer notamment ces fantasmes qui nous habitent sans que nous puissions toujours parvenir à savoir d’où ils viennent et pourquoi. Souvent issus d’instant fugitifs anciens, ils sont le produit de l’imaginaire et des situations de l’enfance.  » Un parfum, écrit-elle encore, un bruit, le galbe d’une jambe évoluent au fil du temps pour donner naissance à une passion érotique pour la chevelure, le cuir ou les escarpins vernis noirs.  »
L’imaginaire érotique implique bien plus d’images et de situations que les seuls stéréotypes de la pub et de la pornographie. Il peut aider à se laisser aller et à voyager mentalement, afin que l’acte sexuel ne se transforme pas en une simple performance physique.
L’imaginaire sert le désir, selon Willy Pasini, lorsqu’il joue un rôle de préliminaire, quand il fait naître et alimente une certaine fantaisie dans des circonstances banales de la vie. Vous pouvez faire appel à votre imagination pour favoriser l’excitation. Elle peut être précieuse quand le surmenage, la fatigue et le manque de temps minent l’intimité du couple. L’imaginaire est alors une sorte d’aphrodisiaque naturel, sans qu’il soit besoin de Viagra, ni même de plantes médicinales.
 » Je ne vois pas passer nos soirées, explique Gilles, informaticien et marié. Cela prend du temps de parler des contrariétés du travail et des devoirs des enfants, d’attraper au vol les actualités télévisées, de faire la vaisselle, de donner quelques coups de téléphone et de préparer ou ranger des dossiers…  » Quand le couple peut se retrouver enfin tranquille, il est onze heures ou minuit.  » C’est frustrant parce qu’à cette heure-là, on est vanné, dit-il. Il nous arrive de nous caresser le matin. Mais on s’arrête parce qu’il faut aller bosser. Il m’arrive d’avoir envie d’elle dans la journée, ou bien en rentrant le soir. Mais à minuit, plus rien ! La fatigue l’emporte.  »
Certains soirs, Gilles ou sa compagne décident de ne pas laisser la fatigue l’emporter.  » Chacun connaît maintenant les petits secrets de l’autre… ce qui le fait réagir… Mieux vaut dès lors échanger un peu d’allusions érotiques et de caresses que l’éternel reproche fait à l’autre de ne pas avoir su finir sa journée assez tôt.  »

Quand l’imaginaire choque

Il reste que notre imaginaire n’est pas toujours simple à manier.  » Fondamentalement, l’imagination autorise ce que la bonne éducation interdit, observe Willy Pasini. La vie à deux est fondée sur la permanence de sentiments stabilisants et horizontaux – la confiance, l’estime, la tendresse, la complicité, le respect de l’autre.  » (La Force du désir, de Willy Pasini, 1999, éd. Odile Jacob) L’imaginaire érotique peut bousculer cela. Il peut mettre en scène des rapports relevant davantage de la domination et de la soumission, qui peuvent paraître contraires à l’éthique quotidienne d’un couple. C’est un domaine délicat. Il faut tout de même distinguer la rêverie du passage à l’acte institué par un individu comme un droit. Il reste à comprendre le sens de ces fantasmes.  » L’imaginaire a pour rôle, ici, de permettre de retrouver cette dimension plus archaïque qui, si elle était mise en œuvre dans la réalité, rendrait la vie à deux impossible.  » Une part de notre imaginaire érotique est en effet constituée d’impressions souvent anciennes, de rêves diffus dont la symbolique et le sens nous échappent de prime abord.
Dans L’Empire des femmes, Nancy Friday fait état de confidences de femmes qui, cette fois, s’imaginent en séductrices ou en dominatrices (L’Empire des femmes, N. Friday, 1993, éd. Albin Michel.). Elles s’inventent des histoires où elles séduisent leur chef de service, vivent des rapports avec plusieurs hommes en même temps ou provoquent des érections non désirées.

Peut-on partager ses fantasmes ?

 » Les fantasmes doivent-ils ou non être racontés à l’autre ? se demande Willy Pasini. Là encore, il n’y pas de règle fixe.  » On dit que certaines idées érotiques sont excitantes parce qu’elles sont secrètes : leur révélation risquerait de faire disparaître leur effet. Nancy Friday raconte que plusieurs de ses fantasmes érotiques ont perdu leur pouvoir d’excitation depuis qu’elle les a couchés dans ses livres.
 » Certains sexologues conseillent de garder ses fantasmes pour soi, explique Willy Pasini. Les partager peut s’effectuer dans une ambiance qui n’a rien d’érotique.  » Le conjoint peut ne pas apprécier, par exemple, les intrusions, dans le lit conjugal, d’inconnus n’ayant pas plus à voir avec le réel qu’avec lui.  » Une femme peut être gênée d’apprendre que, pour la pénétrer, son partenaire pense à une autre femme, dit Willy Pasini. Hier, j’ai rencontré une femme qui pense à des femmes pendant les rapports avec son mari.  » C’est le mari, qui, dans ce cas, peut ne pas apprécier.
À l’opposé, certains couples, comme Gilles et sa compagne, parlent volontiers de leurs rêveries excitantes. C’est une sorte de  » cinéma en chambre  » qu’ils ne partagent qu’entre eux. Chaque couple fera donc à sa façon. Les productions de l’imagination peuvent toutefois susciter des difficultés…

Repères et limites

Lise et son époux, avec lequel elle s’entend bien, sont mariés depuis douze ans.  » Depuis quelque temps, pendant nos rapports sexuels, confie-t-elle, nous nous laissons aller à imaginer que nous avons entre nous, physiquement, une amie.  » Lise, dans son fantasme, demande à son mari de faire voir à cette amie comment ils font l’amour. Lui voudrait surtout caresser sa poitrine plantureuse. Lise
a même confié à cette amie la fascination de son mari pour ses seins.  »

Le fait qu’un couple ait des fantasmes communs et qu’il trouve le temps et le lieu pour se les confier, cela peut être un jeu privé attrayant « , remarque Willy Pasini. Un couple peut gérer, comme fantasme, l’allusion fugace à une tierce personne, qu’elle soit réelle, imaginaire ou vue à la télé. Cela fera partie d’un préliminaire érotique. Cela se complique quand on en parle ouvertement hors de la relation de couple. Les protagonistes concernés peuvent mal le vivre.  » Il vaut donc mieux ne pas en parler, même par allusion « .

Mariée depuis cinq ans avec un  » mari merveilleux « , mère de deux petites filles, une autre femme confie à Willy Pasini qu’elle signe ses lettres  » L’amoureuse « . Pourtant, elle ne peut s’empêcher de penser à d’autres hommes. Même s’ils ne  » l’intéressent pas  » vraiment.  » Parfois, je réussis à m’exciter uniquement en imaginant que je fais l’amour avec quelqu’un d’autre, le premier qui me passe par la tête, dit-elle. Mais j’aime vraiment mon mari : la seule idée de le trahir me met mal à l’aise.  » Le fait de penser à d’autres personnes, réelles ou imaginaires, pendant qu’on fait l’amour, est un comportement courant, selon Willy Pasini. Il reste toutefois préférable que le personnage imaginaire, à un certain moment, disparaisse de la scène.  » Car si le fantasme persiste jusqu’à l’orgasme, conclut le président de la Fédération européenne de sexologie, cela signifie alors que quelque chose est en panne dans le couple. « 

Richard Belfer

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