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Archive de la catégorie «Sexualité»

Art-thérapie: Quand la création est thérapeutique

Posté par Impatient le 5 juin 2009

L’art-thérapie est une psychothérapie qui utilise une médiation artistique en lieu et place de la parole.

L’art-thérapie propose un cheminement personnel à travers un processus de création artistique. Concrètement, le patient réalise une production dans le cadre d’une relation thérapeutique. Réaliser une création permet de réveiller des émotions, des tensions ou traumatismes enfouis que la psychothérapie est parfois impuissante à contacter. « L’art-thérapie met une distance entre l’investigation en direct sur soi-même et l’inexprimable, pour que, justement, puisse se figurer ce qui ne peut se dire trop crûment », explique Jean-Pierre Klein, psychiatre et directeur de l’Institut national d’expression, de création, d’art et de thérapie (Inecat) et auteur de L’Art-Thérapie (éd. Puf, coll. Que-sais-je).

L’art-thérapie se distingue nettement de l’expression artistique. Cette dernière vise un effet libératoire immédiat des tensions tandis que l’art-thérapie poursuit un objectif de transformation. «L’expression, du verbe exprimer, signifie presser hors de, faire sortir. Or, si je suis soulagé et débarrassé de mes tensions, je ne suis plus lié à la sensation et, par conséquent, je ne peux plus avancer. La transformation devient impossible. L’art-thérapie vise davantage à l’émanation, plutôt qu’à l’expression d’une forme qui figure la profondeur sans intentionnalité trop volontariste », précise Jean-Pierre Klein.

Marionnettes, masqueset maquillage

Toutes les formes d’art se prêtent à l’art-thérapie. Jean-Pierre Klein présente une « classification » :

- Les œuvres qui existent en dehors de l’homme après leur réalisation : arts plastiques, photographie, cinéma, vidéo et écriture.

- Les pratiques n’existant qu’à travers la présence de l’homme, autrement dit : les arts vivants (théâtre, danse), tout ce qui est gestuel et même le conte.

- Les techniques nécessitant la présence humaine en compagnie d’un objet: les marionnettes, les masques, le maquillage (donc le travail du clown).

- Enfin, dans la dernière catégorie, on trouve les « vibrations » de l’être humain : voix et musique.

L’art-thérapie peut s’exercer en groupe auprès d’enfants, adolescents, personnes en difficulté : prisonniers, chômeurs, toxicomanes, délinquants, et handicapés. Elle s’adresse aussi, en individuel, à tout être en souffrance, en dépression, en situation de deuil. Elle a de très bons effets chez les personnes gravement malades et est aussi utilisée chez les traumatisés crâniens. De façon plus générale, elle est indiquée à toute personne qui a du mal à formuler ses difficultés par la parole ou qui, au contraire, est trop dans la parole et la maîtrise d’un discours l’éloignant de ses émotions et de son ressenti corporel.

Comment le travail se déroule-t-il ?

Après une première rencontre pour exprimer sa souffrance et ses attentes et déterminer le choix d’une technique (par exemple : peinture, modelage, dessin, sculpture, dans le cas d’une médiation via les arts plastiques), l’art-thérapeute invite le patient à produire une forme, un mouvement, quelque chose qui l’amène à « se déployer ». Au fil des séances, des formes répétitives apparaissent, à partir desquelles la production d’une œuvre va s’élaborer ; des souvenirs affleurent, des associations d’idées se présentent.

Le patient est artisan de son œuvre, le thérapeute est à l’écoute, l’aidant à dénouer les blocages, lui donnant confiance, le soutenant par son apport technique.

Comment identifier un art-thérapeute ?

C’est quelqu’un qui bénéficie d’une double formation : psychothérapie et arts. Concrètement, un artiste peut être art-thérapeute s’il a été formé pour ; un psychothérapeute s’il exerce une activité artistique.

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Orgasme multiple: Le TAO de la Sexualité

Posté par Impatient le 13 mai 2009

L’orgasme multiple de l’homme et sans éjaculation n’est pas un mythe. Les techniques de bioénergétique taoïstes peuvent y conduire “, explique Matéo Magarinos, qui organise des stages de bioénergétique taoïstes animés par Juan Li, élève de Mantak Chia, auteur de plusieurs livres sur ce sujet. ” Alors que certaines écoles d’énergétique chinoise (qi gong, taï chi) mettent trop l’accent sur les postures, l’enseignement de Mantak Chia privilégie le ressenti intérieur. Dans ce cadre, il développe un enseignement sur la sexualité, car c’est une énergie tout à fait exceptionnelle et qui a pour caractéristique de pouvoir se multiplier indéfiniment. Le but de cet enseignement n’est pas utilitaire, il ne peut être dissocié d’une pratique globale, qui est une voie de développement spirituel. “

Comme le tantrisme indien, le taoïsme chinois a produit de nombreux écrits sur la sexualité, proches d’une sorte d’alchimie intérieure. Certaines techniques sexuelles complexes, décrites dans des ouvrages anciens, sont assimilées à des recettes d’immortalité. Là encore, il s’agit avant tout de textes symboliques. Le taoïsme, comme le tantrisme, se fonde sur un sentiment d’unité avec le monde, vécu dans la double polarité yin-yang, masculine-féminine. Le développement de cette conscience se fait à l’aide des techniques énergétiques : qi gong, massages, respiration, méditation, travail sur le son. D’une manière plus systématique peut-être qu’en Inde, le taoïsme s’est penché sur l’application de ces techniques au domaine de la sexualité. ” Le tao de la sexualité consiste dans la guérison, la multiplication et la transformation de l’énergie sexuelle. Les femmes apprennent à libérer l’énergie et la force de leurs ovaires, les hommes la force du sperme, pour les faire circuler consciemment dans le corps “, écrit Maitreyi Piontek, élève de Mantak Chia, dans Le Tao de la femme (éd. Le Pré aux Clercs).

Mantak Chia est l’un des rares auteurs qui ait développé l’aspect sexuel de l’énergétique chinoise.
Un travail de pionnier. Mais l’utilisation de ces techniques dans le seul but de développer les performances sexuelles risque, ici encore, de déboucher sur bien des illusions et des déboires. À cet égard, certaines expressions utilisées dans les livres de Mantak Chia (l’homme multi-orgasmique ou le kung-fu sexuel) prêtent à confusion. Mais, heureusement, il montre bien que les techniques proposées ne sont pas séparables d’une philosophie globale, qu’elles relèvent d’une véritable spiritualité du corps.

R. P.

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Tantra, Tantrisme : une voie à découvrir

Posté par Impatient le 13 mai 2009

” S’abondonnant au flot passionné
Montant et griffant,
Faisant sourdre un intense plaisir
Lacérant leurs corps avec ardeur,
Ils mettent fin à l’illusion
Dans cette dissolution de la dualité,
Par le goût du désir
Pendant l’expérience de l’identité,
Les amants goûtent à un plaisir
Inexprimable et jamais encore touché.”
Venu de l’Inde, c’est un art de l’extase amoureuse plutôt qu’un ensemble de techniques pour améliorer les performances sexuelles.

Écrit au huitième siècle, ce poème tantrique du Nord de l’Inde (traduit en français par Daniel Odier) est typique d’une époque où cette philosophie hors normes rayonnait sur ce continent.

Dans le tantrisme, les femmes sont considérées à l’égal de l’homme et même comme ses initiatrices. Ce poème a d’ailleurs été écrit par une femme qui était une yoginî, c’est-à-dire une maître spirituelle. Depuis cette époque, on trouve en Inde de nombreux temples, ornés de multiples sculptures érotiques qu’on ne verrait jamais dans nos églises. Plus étonnant, du nord au sud, un culte est rendu au linga et à la yoni qui représentent les organes génitaux masculins et féminins.
L’érotisme est une composante de l’art et de la spiritualité qui a de quoi fasciner les Occidentaux. À une époque où le sexe s’affiche et se vend dans des conditions inimaginables, sans que les inhibitions sexuelles aient vraiment disparu, la voie proposée par le tantrisme indien semble d’autant plus fascinante que le sexe s’y mêle au sacré. S’inspirant des rites sexuels tantriques, les stages qui se réclament du tantrisme se multiplient chez nous.

Apparences trompeuses

Pourtant, les apparences sont trompeuses. Bien que le culte de divinités féminines soit pratique courante, la société indienne maintient les femmes dans une position de soumission à l’homme. Le pays du Kamâ-sûtra ou ” Traité du plaisir ” reste très puritain et de nombreux Indiens réprouvent sinon la totalité du tantrisme, du moins la ” voie de la main gauche “, c’est-à-dire les rites tantriques sexuels. Dans certains écrits indiens, on trouve des descriptions de techniques sexuelles étonnantes, mais on ne sait jamais si elles doivent être prises à la lettre ou comprises de manière symbolique. Ils ne doivent pas être reçus au premier degré et ne peuvent être compris sans les commentaires traditionnels et la transmission orale.
” Réduire le tantrisme à la sexualité serait une aberration “, met en garde Pierre Feuga, professeur de hatha-yoga, qui après avoir étudié en Inde a écrit un livre particulièrement érudit : Tantrisme : doctrine, art, pratique, rituel (éditions Dangles). Le tantrisme, terme qui signifie doctrine, est l’une des multiples approches philosophiques de l’Inde. ” Mais si j’enseigne, la métaphysique et la cosmologie tantriques, au bout d’un quart d’heure, tout le monde s’endort “, ajoute Pierre Feuga. Cette philosophie a d’ailleurs bien des points communs avec celle d’autres approches, notamment avec le yoga. Il est d’autant plus difficile de la résumer qu’on ne pratique pas le tantrisme de la même manière du sud au nord de l’Inde, qu’il existe une multitude de courants et d’écoles et que le tantrisme hindou n’est pas le tantrisme bouddhique, même si leur parenté est évidente. Leur inspiration commune se traduit par une autre vision du monde, centrée sur le corps et sur l’énergie amoureuse.
La grande figure du tantrisme, c’est le dieu Shiva inséparable de la déesse Shakti (shakti veut dire énergie), à la fois son épouse et sa dimension féminine. Le couple Shiva-Shakti, l’une de ces figures allégoriques dont l’Inde a le secret, représente à la fois l’unité primordiale et la double polarité masculine et féminine. Chacune de ces polarités a de multiples représentations qui peuvent être aussi bien ombre que lumière, création que destruction. Ces images traduisent aussi toute l’énergie du désir et de la passion.

Une approche par le yoga

Toute la force mais aussi toute la difficulté du tantrisme est là. Il propose de se servir des désirs, au lieu de les combattre ou même simplement de vouloir les maîtriser. En ce sens, on peut dire que le tantrisme est le contraire de toute forme de puritanisme. C’est une voie qui ne repose pas sur le contrôle de soi, mais sur la prise de conscience de notre unité fondamentale, unité du corps et de l’esprit, unité avec l’univers. À partir de cette conscience, la pratique du tantrisme a une incidence sur la sexualité, et des techniques spécifiques peuvent être enseignées. Mais ce n’est qu’un aspect secondaire de cette philosophie.

Peut-on vraiment pratiquer le tantrisme en Occident ? C’est sûrement difficile. Les maîtres tantriques, déjà peu nombreux en Inde, sont encore plus rares en Europe, si tant est qu’il en existe. Toutefois la pratique du yoga et de la méditation avec des enseignants formés selon des méthodes traditionnelles peuvent être une première étape dans une autre approche du corps et des émotions et avoir des incidences positives sur la sexualité. C’est tout particulièrement vrai du bouddhisme tibétain.
Le tantrisme est une composante fondamentale du bouddhisme tibétain. Il comprend de nombreuses techniques de méditation, axées notamment sur la visualisation de déités masculines et féminines et l’utilisation des mantras (travail sur le son). L’art tibétain représente couramment ces déités. Pourtant, elles sont considérées plus comme des images, des supports de méditation, que comme des divinités au sens que nous donnons habituellement à ce terme. Système complexe, les méditations tantriques sont enseignées en France dans les centres tibétains, mais cela ne se fait qu’après un parcours préalable sous la direction d’enseignants expérimentés.

Exploration sensorielle et conscience de l’instant

Daniel Odier enseigne le tantrisme hindou à Paris. Dans un livre de feu, Tantra : l’initiation d’un Occidental à l’amour absolu (éd. Lattès), il raconte comment il aurait été initié par une femme, maître tantrique, rencontrée dans les montagnes du Cachemire. Elle le soumet à d’innombrables épreuves, notamment une période de trois jours et trois nuits où il est laissé nu et seul en pleine forêt. Ces épreuves sont un travail sur les émotions, destiné à éveiller les sens, à ” polir l’ego ” et à pacifier le mental, pour arriver au sommet de cette initiation avec ” maïthuna ” : le rituel de l’union sexuelle sacrée. Le récit de cette union avec celle qui est son initiatrice a des accents érotiques qui rappellent le poème cité en entrée. Mais ce récit initiatique a des allures de mythe. Peut-être s’agit-il avant tout d’un récit symbolique, même si des éléments autobiographiques s’y mêlent étroitement. Daniel Odier explique d’ailleurs dans un second livre, Désirs, passions et spiritualité (éd. Lattès), que le rite de ” maïthuna ” n’est pratiqué qu’exceptionnellement et ne peut être utilisé qu’après une longue préparation. Et surtout, précise-t-il, il peut se faire, sans contact génital, par toute forme de relation sensorielle, par la voix, le regard, le toucher.

Malgré l’utilisation d’une symbolique érotique très suggestive, les pratiques tantriques ne peuvent se résumer à la sexualité. Elles sont d’abord un apprentissage de la double polarité masculine et féminine qui nous habite tous, que nous soyons hommes ou femmes. Daniel Odier les présente avant tout comme une exploration sensorielle, destinée à vivre la conscience de l’instant, l’intégration des émotions et de la pensée dans la vie quotidienne. Pour le tantrisme, la recherche effrénée d’une voie qui nous sortirait de nos problèmes est une illusion, seule l’acceptation de notre réalité avec ses ombres et lumières peut nous permettre de vivre en pleine conscience.
C’est dans cette perspective qu’il propose une autre approche de la sexualité, vécue comme une forme de méditation, où chaque partenaire apprend à vivre un sentiment d’unité profonde avec lui-même et avec l’autre. Des techniques spécifiques peuvent être utilisées pour favoriser cette approche : différentes formes de méditation, des massages… La respiration y est centrale et, à travers elle, un relâchement du corps et une prise de conscience des muscles du bas-ventre, du périnée, des organes génitaux. Hommes et femmes sont invités à approfondir l’orgasme, ce qui passe pour les hommes par une découverte de l’orgasme sans éjaculation. Il ne s’agit pas de maîtriser l’éjaculation, mais d’arriver progressivement à l’oublier, insiste Daniel Odier.

L’extase au-delà de la performance

Il met en garde contre les stages qui réduisent le tantrisme à un ensemble de techniques conduisant à l’extase et proposent des danses, massages et techniques énergétiques, agrémentés de différents rituels et d’un discours soi-disant spirituel. Tout cela relève du fantasme, s’il ne s’agit que de rechercher une sexualité plus performante. Si le tantrisme est un art de l’extase amoureuse, c’est toute la vie qui doit devenir une extase et cela par une prise de conscience de l’instant, de notre unité avec le monde, à tout instant et dans toutes les activités de la vie. La recherche de techniques d’extase est à l’opposé du tantrisme que Daniel Odier définit comme ” spontanéité de l’extase “, selon le titre de son dernier livre (éd. Actes Sud).
Mais les intuitions tantriques bien comprises peuvent servir à nourrir la réflexion qui tourne autour du développement personnel, comme l’explique Paule Salomon dans son livre La Brûlante Lumière de l’amour (éd. Albin Michel). Un thème qu’elle reprend dans des séminaires de développement personnel sur la relation de couple et l’exploration des cinq sens.

Régis Pluchet

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Le harcèlement au Féminin, le harcèlement sexuel

Posté par Impatient le 12 mai 2009

Le harcèlement au féminin
Pour les femmes, le harcèlement subi n’est pas seulement moral, mais « de genre » et sexuel. Le harcèlement dit « de genre » se traduit par un mépris systématique de la femme, un sexisme ambiant, que le psychiatre Christophe Dejours nomme le « cynisme viril ». Cette misogynie explique pourquoi les femmes cadres gomment fréquemment leur féminité pour se faire respecter. Par ailleurs, les femmes enceintes sont nombreuses à être vivement « incitées » à ne pas revenir travailler après leur congé maternité et les mères d’enfants en bas âge sont découragées par la technique des réunions tardives.
Enfin, 2 % des femmes subissent un harcèlement sexuel défini par la loi comme le « fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle ». Marie Pezé a noté par ailleurs que 30 % des femmes harcelées déclenchaient un cancer du sein, de l’utérus ou des ovaires.

Réagir
Vous êtes harcelé(e) ? Réagissez ! Voici, en sept points, la démarche à suivre.
1- Reprendre le dessus
L’expérience le prouve : plus vous subirez des persécutions, moins vous pourrez réagir et plus le harceleur s’en donnera à cœur joie. Donc, cessez d’encaisser les humiliations sans broncher, décidez d’agir. Analysez la situation ; déterminez quel but poursuit votre harceleur ; identifiez vos points forts (compétences, soutien, fonction, etc.) et vos points faibles (sexe, âge, concurrence, etc.).

2- S’informer
Consultez les sites dédiés à ce sujet ; vous vous sentirez moins seul(e) et mieux armé(e). Ils sont listés sur http://rhmt.free.fr. Avocat au Barreau de Paris, auteur de Le harcèlement au travail (éd. Delmas), Maître Ravisy met à disposition, sur son site www.harcelement.info,
les textes de loi relatifs au harcèlement ainsi qu’un test « pour évaluer la nature et la gravité du processus de harcèlement ».

3- Faire constater la dégradation de son état de santé
Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour obtenir un arrêt de travail si nécessaire, puis avec le médecin du travail. Celui-ci interviendra auprès de l’employeur pour que la reprise du travail n’ait lieu qu’après aménagement du poste de travail, avec séparation par exemple des personnes en conflit, ou pour déterminer l’inaptitude temporaire au travail. Même si le harcèlement moral est considéré comme une maladie professionnelle, selon Maître Ravisy, « la victime a tout intérêt à obtenir la qualification d’accidenté(e) du travail, dont les avantages sont nombreux, puisque la qualification “accident du travail” modifie, dans de très larges proportions, l’approche psychologique et judiciaire ».

4- Demander de l’aide
« Le danger le plus grave à nos yeux résulte du silence presqu’absolu observé par ceux qui pensent pouvoir assumer seuls le processus d’usure mentale qu’ils endurent », insiste Maître Ravisy. Parler permet de reconnaître le harcèlement subi, de sortir de l’isolement et de se faire aider. Contactez la DRH, les délégués du personnel et syndicaux, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’Inspection du travail, mais aussi vos collègues car, selon la Dre Dorothée Ramaut, « un appui sans réserves des collègues de travail est capable, à lui seul, de briser les possibilités d’intervention du “harceleur” ».

5- Etayer son dossier
Depuis janvier 2002, c’est à la personne harcelée d’établir les faits. Notez toute parole ou agissement stigmatisant le harcèlement et gardez copie de toutes les traces écrites (courriels, notes de service, etc.). Demandez à vos collègues de travail, témoins des faits, des « attestations circonstanciées ». Informez-vous sur le passé du harceleur. A-t-il déjà poussé un ou plusieurs salariés à la démission ? Recueillez ces témoignages.

6- Sortir de l’entreprise
L’arrêt de travail permet d’échapper un temps à l’emprise psychique du harceleur. Beaucoup, au bout du rouleau, démissionnent. Maître Lopes Dos Santos, avocate au sein du Cabinet Ravisy, se veut rassurante : « Cela n’enlève pas l’espoir d’être indemnisé car la démission peut être requalifiée par le juge prud’hommal en un licenciement abusif. Lorsque le salarié reste en poste, il lui est possible de demander au juge de résilier le contrat de travail aux torts de l’employeur. Si la situation est intenable, il peut quitter son emploi et faire constater par le juge que ce départ a été causé par l’auteur du harcèlement.»

7- Demander réparation
Deux solutions : saisir le conseil des prud’hommes ou aller au pénal. Aux Prud’hommes, la sanction n’est qu’indemnitaire. Au pénal, il y a dédommagement et risque d’emprisonnement (1 an maximum). Maître Lopes Dos Santos demande parfois en plus la publication dans la presse spécialisée du jugement condamnant l’employeur : « Cela permet aux personnes harcelées d’être reconnues publiquement comme victimes, de retrouver leur dignité et de pouvoir montrer à tous que justice a été faite en leur faveur. »

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Les aliments aphrodisiaques

Posté par Impatient le 12 mai 2009

PHYTO-RITES : Tendre jardinet

Un dîner aux chandelles comme un pique-nique galant peuvent être composés d’ingrédients et de plats réputés aphrodisiaques.
Leur efficacité dépendra des goûts (ou de l’imaginaire) de chacun.

Faire son marché peut aider à dresser la plus charmante des tables d’amour. Délaissons la chimie de certaines drogues, fussent-elles 100 % végétales, pour retrouver des recettes gourmandes de toujours. Willy Pasini, psychiatre et président de la Fédération européenne de sexologie, atteste de l’importance de l’inventaire des aliments aphrodisiaques. Certains sont des légumes répandus : asperge, poireau, céleri, concombre, etc. D’autres sont des aliments recherchés mais chers : huître, caviar, langouste, etc. Il cite aussi de nombreux fruits : goyave, banane, avocat, pêche, abricot, durian malais et indonésien.

Madame de Pompadour connaissait le proverbe : ” Si la femme savait ce que le céleri fait à l’homme, elle irait en chercher de Paris à Rome. ” Elle aimait à mitonner à son amant un gratin de céleri, aphrodisiaque le plus réputé d’Europe. Cette plante contient des vitamines A, C, B, P, des sels et des oligoéléments. Il recèle surtout des alcaloïdes, en particulier l’apigénine qui présente des propriétés de relaxant sur la spermatogenèse et des effets vasodilatateurs démontrés dans les années 90.

L’avoine, quant à elle, stimule la libération de testostérone. L’alcaloïde qui a été isolé, l’avénine, en libérant cette hormone sexuelle, aiguillonnerait les centres nerveux de la sexualité. L’avoine contient également d’autres substances actives (flavones, saponines triterpenoïdes et phytostérols).

Bien des aliments ” aphrodisiaques ” ont été choisis pour leurs formes rappelant les organes génitaux. Les Aztèques appelaient l’avocat ” testicule “. En Afrique comme en Asie, c’est la banane, qui contient du potassium, que l’on préconise pour ses effets dionysiaques. La silhouette phallique du concombre, de la rhubarbe, de l’épi de maïs et du céleri explique que l’on y ait recours. L’huître et d’autres coquillages évoquent le sexe de la femme. Leur richesse en zinc prouverait leur pouvoir stimulant.
Juteuse et pulpeuse, la tomate est rapportée du Pérou par les Espagnols au XVIe siècle. Considérée comme aphrodisiaque, elle reçoit, en italien, le doux nom de pommodoro ” pomme d’amour “.

La figue et la grenade ont acquis une réputation semblable.
L’ail et l’oignon sont considérés comme stimulants et toniques, améliorant la circulation sanguine et fortifiant l’organisme. Ils agissent par l’apport de nombreux éléments, en particulier les dérivés soufrés de l’allicine. Pour ces effets bénéfiques, une soupe d’oignon était portée aux jeunes mariés, après la cérémonie, sans autre but que de stimuler leur ardeur. L’ail aurait été l’élément de base des philtres par lesquels la déesse de l’amour Aphrodite (Vénus pour les Romains) attirait et embrassait ses nombreux amants. On associe à Aphrodite des plantes comme la pomme et la grenade (contenant un alcaloïde, l’isopellétiérine, induisant une excitation), différents types de roses, la menthe, des coquillages comme l’huître et la moule.
C’est leur puissance symbolique qui justifie l’usage culinaire des testicules de taureau ou d’agneau dans le Midi, de lion en Afrique ou de tigre à Taïwan. Il en va de même pour les cornes de rhinocéros et les ailerons de requin.

Épices et aromates sont considérés comme des aphrodisiaques depuis la nuit des temps (Olivier de La Roque et Rachel Frély de La Roque sont les auteurs de La Vérité sur les plantes aphrodisiaques, éditions Librairie de Médicis). Citons le basilic, la cannelle, la cardamome, la coriandre, le cumin, la noix de muscade, le piment (vasodilatateur et stimulant nerveux grâce aux capscaïnes), le romarin, le safran (contenant des phytohormones et des alcaloïdes comme la safranine), la sauge et la sarriette (appelée ” herbe aux satyres “). Inscrite dans les pharmacopées de médecine chinoise, la graine de fenugrec possède un précurseur de la synthèse d’hormones sexuelles (La graine de fenugrec contient un précurseur de la synthèse d’hormones sexuelles. Ce sont des saponosides à génine stéroïdique. Ils donnent par hydrolyse de la diosgénine, utilisée pour la production d’hormones sexuelles).

Enfin, si rien n’a donné de résultat, vous pouvez toujours retourner aux grimoires de jadis. Les philtres des sorcières, souligne Willy Pasini, étaient à base d’ingrédients révulsifs : crapauds, lézards verts et vipères… De nos jours, il suffit aux nouvelles ensorceleuses de concevoir pour Monsieur des breuvages sans danger mais dont l’odeur et le goût demeurent abject ou repoussant. Les auteurs de La Vérité sur les aphrodisiaques soulignent le rôle similaire des épices forts. ” La racine du gingembre agit comme répulsif, notent-ils, et apporte donc un immense afflux de sang dans les organes périphériques, qui s’accompagne d’une petite bouffée de chaleur entraînant un désir sexuel. “
Les aphrodisiaques les plus immédiats semblent toutefois le vin et les alcools, parce qu’ils constituent un excellent ” solvant du Surmoi “, selon Willy Pasini. Ils allègent son pouvoir répressif, qui, selon la psychanalyse, a pour fonction de nous protéger de nos pulsions. Présentant une enzyme de moins, les femmes métabolisent plus difficilement l’éthanol et sont donc plus facilement enivrées. En revanche, elles sont moins sujettes à certains effets de l’alcool sur la sexualité : elles n’ont pas à se soucier du maintien d’une érection. C’est pourquoi, contrairement aux idées reçues, le vin, qui doit être utilisé à sa juste dose, réussit mieux à la femme qu’à l’homme en matière de sexualité.

un zeste de rites courtois

Le seul fait de dire ou de supposer qu’une substance est aphrodisiaque peut suffire à la rendre telle. Les pouvoirs de l’imaginaire et de la conviction sont puissants ! Des centaines d’études sur l’effet placebo l’ont montré. On en démultipliera les effets en saupoudrant ses rites courtois de quelques pincées d’écoute et de psychologie…

Composez et préparez pour l’élue de votre cœur ou pour votre conjoint des ” tables d’amour “. Faites la liste des aliments aphrodisiaques présentés dans ce numéro. La puissance érotique de vos repas galants dépendra de vos menus. Le judicieux choix des recettes d’un tel banquet doit se fonder sur l’attention que vous portez, chaque jour, à celle ou celui en l’honneur de qui vous le préparerez.
Pour atteindre votre objectif – essentiellement la (le) ravir -, gardez à l’esprit ce qui lui ferait plaisir. Au besoin, posez-lui quelques questions. Sachez lui demander ce qu’elle (il) adore ou désire manger. Quelles sont ses envies ?

Une fois que vous aurez choisi les mets considérés comme voluptueux, agencez un menu. Vous pouvez songer à des repas à thème : une région, un terroir ou un pays lointain. Le menu peut être conçu autour d’une association de produits de la même famille. Un produit rare peut transformer un repas en dégustation. Le thème peut être une saison. Sélectionnez alors des légumes, des viandes ou des produits de la mer, des noix, des fruits ou des baies, que l’on ne trouve qu’à cette période de l’année.
Une couleur ou une association de couleurs peuvent faire l’affaire. Un ” repas rose “, réalisé pour faire voir à son partenaire la vie de cette couleur, réunira des ingrédients tels que crevettes ou langoustines, pamplemousse rose, canard et pêches roses, sorbet aux framboises en son coulis garni de baies rouges…
L’intensité érotique de ce repas pour elle (ou pour lui), outre l’éventail de ses ingrédients, dépendra de votre application, chargée d’amour et de désir, à l’apprêter. C’est l’occasion de décorer la table ou la pièce, avec des objets, des tissus, des fleurs ou des souvenirs ramenés de petits ou grands voyages. Ne négligez rien de ce qui peut contribuer à rendre délicieuse l’atmosphère. Enfin, n’oubliez pas que ces tables d’amour sont faites pour parler de ses désirs, les vôtres comme ceux de votre partenaire, et les arroser comme le plus divin des jardins.

Richard Belfer

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Vivre sa sexualité: Paradisiaques Aphrodisiaques

Posté par Impatient le 12 mai 2009

Les propriétés aphrodisiaques de certains végétaux sont rapportées,
à travers les âges et les traditions, sur tous les continents.
Mais les laboratoires pharmaceutiques les dénigrent.

“Quelles sont les véritables vertus du bois bandé, que l’on utilise à la Guadeloupe ? ” demande Roger, d’Annecy sur le site internet www.adirs.org de l’Association pour le développement de l’information et la recherche sur la sexualité (Adirs).
Le Dr G.B. lui répond que cette préparation à base d’écorce de bois bandé, n’a pas ” fait l’objet d’études scientifiques “. Puis il poursuit sa passe d’armes contre les plantes en général et le bois bandé en particulier.
” Son efficacité n’a jamais été prouvée, dit-il. En tant que médicaments, les seuls produits scientifiques testés sont les médicaments délivrés sur ordonnance. “

Il ajoute qu’il en va de même pour les ” autres produits réputés pour leurs effets stimulants “. Ce site d’information du grand public est financé par les laboratoires Pfizer, qui fabriquent le Viagra. Cette société finance aussi l’important site universitaire de sexologie de l’AIHUS (Association inter-hospitalo-universitaire de sexologie). Cela s’appelle ” verrouiller l’information “.

Ainsi, l’industrie pharmaceutique s’obstine à discréditer les végétaux qui pourraient concurrencer ses produits. Cela ne l’empêche pas de les étudier, par ailleurs, pour trouver de nouvelles molécules. Ce n’est qu’après les avoir brevetées à leur profit que les laboratoires daigneront en vanter les mérites.

Comment elles agissent

Les chercheurs se passionnent pour les plantes traditionnelles, y compris celles dites aphrodisiaques ou toniques. Les uns souhaitent en extraire les principes actifs. Quelques-uns veulent vérifier la véracité des traditions orales ou écrites. D’autres se passionnent pour la phytothérapie. Le succès commercial du Viagra ne justifie pas de jeter les plantes de nos grands-mères aux orties. Passionnés de plantes médicinales, Olivier de La Roque, botaniste, et son épouse Rachel Frély de La Roque, journaliste, ont parcouru les cinq continents, fouillé les traditions et passé au crible de l’analyse scientifique les principales plantes aphrodisiaques (Olivier de La Roque et Rachel Frély de La Roque sont les auteurs de La Vérité sur les plantes aphrodisiaques, éditions Librairie de Médicis). Ils distinguent des effets de plusieurs types :

provoquer une détente propice à l’amour, et favorable à l’érection chez l’homme ;

aiguiser les sensations ;

susciter le désir ;

générer une vasodilatation qui favorise la lubrification des organes génitaux chez la femme et l’érection chez l’homme ;

entraîner une ” irritation ” – ou échauffement – des muqueuses ;

activer la synthèse de certaines hormones.

Les pharmacopées indienne et chinoise offrent de nombreuses plantes dites ” adaptogènes ” : par leur richesse en composés actifs, elles visent à rétablir l’équilibre de l’organisme. Citons le ginseng, le schizandra chinensis, le whitania, etc. Les médecines orientales proposent aussi des plantes contre l’impuissance ou la frigidité. Olivier et Rachel de La Roque recensent une cinquantaine d’espèces en Asie.

les traditions orales

En Afrique, les traditions orales ont pu être consignées dans un livre comme Plantes utiles du Gabon, écrit au milieu du XXe siècle selon le manuscrit d’un missionnaire, l’abbé André Raponda-Walker. Regroupant une centaine de plantes, avec leur nom commun et leur utilisation, il mentionne comme ” plantes de l’amour “, le yohimbé, la cola et l’iboga. ” On peut extraire une cinquantaine de plantes d’origine africaine qui ont une utilisation traditionnelle aphrodisiaque, soulignent-ils. Certaines sont reconnues, d’autres sont encore en cours d’étude. “

Enfin, les pharmacopées européenne et américaine connaissent une dizaine de plantes aphrodisiaques, ainsi qu’une centaine de plantes excitantes ou toniques.
On pourrait voir le fruit du hasard ou de l’imagination dans le choix des végétaux considérés comme aphrodisiaques sur les cinq continents s’ils ne présentaient aucun point commun. Il n’en est rien. Mentionnées dans les traditions de peuples qui, situés au quatre points cardinaux, s’ignoraient, nombre de ces plantes agissent pour les mêmes raisons. Elles ” renferment, pour la plupart, des alcaloïdes, composés fortement actifs contenant des molécules d’azote, à la forte influence reconnue sur le psychisme “, souligne Olivier de La Roque.

la mandragore

Certains aphrodisiaques contiennent des alcaloïdes dont le noyau est à base de tropanes (Les tropanes sont des substances voisines d’un neurotransmetteur, l’acétylcholine.). C’est le cas de la belladone (présente en Europe et en Afrique du Nord), du datura (Amérique et Europe), de la jusquiame ou Hyosciamus niger L. (Europe et Afrique) et de la mandragore (pourtour méditerranéen).

D’autre types d’alcaloïdes (dont les noyaux appartiennent aux groupes indoles et tryptamines) ont des effets psychiques marqués. On les retrouve aussi bien dans les aphrodisiaques de l’Afrique de l’Ouest, comme l’alchornea ou le yohimbé, que dans ceux d’Amérique du Sud, comme le queracho-blanco et les ipomea.
Certaines plantes stimulantes contiennent des alcaloïdes aux noyaux à base de purines. Ils sont présents dans le thé et le café, dans des aphrodisiaques comme la cola (Afrique de l’Ouest) ou le guarana (Amazonie).

Certaines plantes aphrodisiaques influenceraient même notre imaginaire érotique. Leurs alcaloïdes sont à base d’opiates et de carbolines. Ces substances excitent, stimulent, mais peuvent aussi aiguiser ou altérer la perception. Les opiates ressemblent aux endorphines et aux enképhalines que produit notre système neurologique. On en retrouve, au Gabon, dans l’iboga. Cette ” boisson d’amour ” peut provoquer des ” érections pouvant se prolonger plus de six heures “, un ” effet antidépresseur ” et une ” incitation au fantasme “. L’iboga renforce aussi la résistance. Nous recommandons toutefois la prudence à nos chers lecteurs car cette potion présente des effets secondaires parfois mortels !
Les tribus d’Amazonie, du Brésil à la Bolivie, connaissent une plante similaire, le ” yage ” ou Banisteriopis. Elle est tout aussi délicate à manier. Elle provoque une érection plus rapide et des orgasmes plus fréquents. Les effets de cette plante, tout de même périlleuse à manier, se produisent après une importante période de tremblements et de convulsions. Cela peut épouvanter le consommateur et faire fuir sa compagne.
Toujours dans cette famille, les phénéthylamines sont proches des noradrénalies. On en trouve dans le chocolat ou le cacao, ils favorisent la sécrétion d’hormones du plaisir, ou endorphines, au sein de notre système nerveux. Les phénethylamines sont également présentes dans l’ephedra, arbrisseau de Chine et de Mongolie, reconnu comme aphrodisiaque sous forme d’infusion depuis cinq mille ans.
Les alcaloïdes ne constituent qu’un des types de molécules impliqués dans cette pharmacopée. De nombreuses plantes traditionnelles aux vertus vasculaires et aphrodisiaques contiennent des composés phénoliques. Il s’agit par exemple de flavonoïdes pour des plantes comme le gingko biloba, la passiflore ou l’aubépine.
C’est aux principes actifs de la famille des lignanes que l’on doit l’activité ” adaptogène ” du ginseng de Sibérie. Des effets sédatifs s’y ajoutent avec le fruit aux cinq parfums (Schizandra chinensis), originaire du nord-ouest de la Chine.
Les shikimates sont présents, avec d’autres principes actifs, dans de nombreuses racines comme le gingembre (Asie du Sud) ou le kava-kava (îles du Pacifique).

stimulantes patates douces

Certaines plantes contiennent des hormones proches de nos hormones sexuelles. C’est le cas des patates douces (ipomea violacea et turbina corybosa). La première de ces plantes hallucinogènes (contenant aussi des alcaloïdes du groupe indole) est utilisée à faible dose pour stimuler la sexualité des femmes en Amérique du Sud.
De même, le palmier de Floride (Serenoa repens) contient des hormones similaires aux œstrogènes et un alcaloïde. Dans ses utilisations traditionnelles, ses graines, pressées, donneront un jus fermenté. ” Il est proposé en cas d’impuissance pour maintenir les taux d’hormones sexuelles, précisent les auteurs. Cette plante agit en synergie avec d’autres remèdes naturels, car les principes actifs travaillent essentiellement sur la glande de la prostate. “
Maints aphrodisiaques n’ont pas livré leur secret. Bien des effets semblent liés à un mélange de substances actives agissant en synergie. ” En fait, aucune matière première végétale ou animale ne serait susceptible d’influencer la libido ou les capacités sexuelles, concluent-ils. Mais il existe des plantes qui, en stimulant les sens, peuvent éveiller le désir sexuel, ou qui, stimulant les organes génitaux, peuvent stimuler les sens. “

Richard Belfer

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Masturbation : Plaisir sexuel solitaire

Posté par Impatient le 12 mai 2009

La masturbation participe à la découverte des ressources
cachées de notre corps et de celui de notre partenaire.

La masturbation est une pratique qui consiste à induire le plaisir sexuel par l’excitation manuelle des parties génitales, de soi-même ou d’un(e) partenaire. Cette pratique des deux sexes et à tous les âges de la vie aboutit en général à un plaisir intense, l’orgasme. La masturbation chez l’enfant est davantage liée à l’exploration et à la découverte de son corps qu’à la recherche du plaisir. Et pourtant ce n’est pas si simple. Nos sociétés baignent dans une morale sexuelle née d’un mélange de médical et de religieux qui a durablement imprégné les esprits. En 1995, Le Lancet, célèbre revue médicale anglaise, écrivait encore : ” Il est grand temps que la masturbation soit évoquée de manière ouverte comme une part du comportement sexuel humain. “

La masturbation a longtemps été condamnée. Nos ancêtres croyaient que la masturbation masculine pouvait limiter la capacité de procréer, ou encore que l’homme naissait avec une quantité limitée de sperme. Il ne fallait pas gaspiller la précieuse substance. Comme l’écrit dans Le Sexe pour les nuls le Dr Ruth Westheimer, sexothérapeute américaine, réputée pour ses émissions à la radio et à la télévision : ” S’ils avaient su qu’un homme fabrique 50 000 spermatozoïdes par minute… ” L’Église catholique la considère encore à l’heure actuelle ” comme un acte intrinsèquement et gravement désordonné “. Au XVIIIe siècle, les médecins se rallient au religieux dans l’interdit et s’éloignent des écrits de Diderot, le philosophe : ” Les raisons du recours à la masturbation sont l’apprentissage du corps, le célibat et la peur de la syphilis. ” Au XIXe siècle, les médecins contribuent à diffuser des idées fausses justifiées par un discours médical : la masturbation peut mettre la vie en danger, en particulier celle des jeunes filles. Cette alliance du religieux avec le médical pour contrôler la sexualité et le plaisir des femmes produit des comportements aberrants : ablation ou insensibilisation du clitoris ont été pratiquées par des médecins. Que dire des pays ou les coutumes imposent encore l’excision…

Une meilleure maÎtrise de son corps

En ce début de XXIe siècle, on dispose désormais de grandes enquêtes – sida oblige -, sur la sexualité des Français. Elles permettent de mieux connaître les comportements sexuels des individus. La dernière nous renseigne sur la masturbation. Une grande majorité d’hommes la pratiquent contre une moindre de femmes. Seules 42 % d’entre elles disent s’être masturbé. Selon les chercheurs, les femmes oseraient moins parler de cette pratique. ” Elles ont une vision romantique de l’amour et différencient peu le sexe de l’amour. ” De plus, la dévalorisation du plaisir clitoridien – suite aux écrits de Freud et sa primauté de l’orgasme vaginal – a durablement marqué les esprits. Pourtant, la parole récente des femmes sur la sexualité a permis de réhabiliter le plaisir clitoridien, essentiel pour la plupart d’entre elles.

Ces enquêtes montrent aussi que les hommes la pratiquent plus souvent. Aujourd’hui, la masturbation réciproque a une place reconnue dans les jeux amoureux et nombre de couples apprennent à se connaître et découvrent l’orgasme grâce à elle. Les préjugés diminuent, aussi. Pourtant, se masturber seul(e) alors que l’on vit en couple apparaît encore parfois comme anormal. Où est-il écrit que le plaisir doit être partagé pour être légitime ? s’écriait, dans les années 60, le Pr Hénard, président de la Société française de psychanalyse. Le rôle de la masturbation n’est pas de remplacer une relation d’intimité avec une autre personne, expliquent les sexothérapeutes. Elle permet aux individus de gagner une meilleure maîtrise de leur corps et de savoir indiquer aux partenaires ce dont ils ont envie. La masturbation solitaire montre aussi la différence entre le sexe et l’amour. De plus, elle détend et aide à relâcher des tensions. Lors des périodes de célibat, elle permet de se sentir bien dans son corps. Bref, c’est une pratique à part entière.

Contrairement aux hommes qui la pratiquent essentiellement avec les mains et leurs fantasmes, les femmes hésitent parfois à se toucher de manière aussi intime. Certaines se servent d’un vibromasseur. Ce sont les médecins du XIXe siècle qui, pour soigner les femmes de leur hystérie, ont conseillé de les stimuler jusqu’au paroxysme, une sorte de thérapie par l’orgasme. En 1880, le Britannique Joseph Mortimer Granville invente un vibromasseur électromécanique pour faciliter l’orgasme médicalisé. Ensuite, ces appareils vont quitter le cabinet médical pour se retrouver dans les sex-shops. Les vibromasseurs sont différents des godemichés utilisés comme substituts du pénis. Leur utilisation est externe et essentiellement destinée à assurer une stimulation clitoridienne. Pourtant, ces jouets sexuels sont encore très dévalorisés et leur acceptation sociale laisse beaucoup à désirer…

Martine Laganier

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Homosexualité : homosexuels masculins et féminins, gays et lesbiennes

Posté par Impatient le 12 mai 2009

Le défilé de la Gay-Pride affiche une homosexualité souvent tonitruante. Image de la réalité ? Il faut aux homosexuels masculins et féminins une volonté peu commune pour vivre leur situation et réussir à s’épanouir.

1962 : les cloches d’une petite commune (500 et quelques âmes) de l’Ouest célèbrent dans la liesse les épousailles de Véronique et Roland, deux enfants du pays. Lui, 23 ans, tout juste revenu de trois ans d’Algérie ; elle, 19 ans, tendrement émue de ces longues fiançailles (quatre années en tout) arrivées à leur terme. Comme dans les contes de fées, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants – enfin trois, ce qui n’est déjà pas si mal. Roland travaille comme ouvrier pépiniériste, Véronique élève les chérubins.
Chose peu commune pour l’époque, ils échangent beaucoup entre eux, en toute confiance et sans tabou. Seule ombre au tableau, Roland se dit ” satisfait ” de rapports peu fréquents, guère plus d’une fois par mois, et qui n’emportent pas vraiment Véronique au septième ciel. Celle-ci reste un peu sur sa faim ; mais, bon, elle n’en fait pas un drame. Une fois la petite dernière ” débrouillée et mise à l’école “, sa maman décide une remise à niveau professionnelle.
Commence pour elle une nouvelle vie. Intelligente, elle réussit et finit par entrer à l’école d’infirmières psychiatriques. Plutôt bien que mal, elle concilie vie familiale et vie professionnelle, ramenant chez elle les ouvrages de psycho à étudier. Intéressé, Roland lit, lui aussi ; beaucoup, avidement, et c’est là, au cœur des livres, qu’il découvre son homosexualité. Dont il fait part immédiatement à Véronique.

Franches explications

” On avait eu l’occasion d’en parler entre nous, se souvient-elle, comme d’autres sujets. Par exemple, il m’avait dit avoir apprécié l’amitié d’un homosexuel en Algérie, mais c’est tout ce qu’il connaissait de l’homosexualité. Là, tout à coup, c’est comme s’il mettait enfin un nom sur ce qu’il ressentait profondément et qu’une éducation très forte avait jusque-là refoulé. ” Véronique encourage Roland dans sa quête de lui-même mais affirme ” la nécessité de se séparer pour que chacun puisse vivre sa sexualité, et d’expliquer clairement la raison de cette séparation à leurs enfants “. C’est elle aussi qui fait les premiers pas auprès de Nicolas, Olivier et Catherine, alors âgés de 18, 16 et 11 ans.
” Leur père a ensuite repris la discussion, en tête à tête avec chacun et en toute clarté. Dire que ces moments ont été simples à vivre serait mentir. ” L’aîné s’est vivement opposé à son père ; le second a déclaré : ” Moi, ça m’est égal, si vous continuez à nous aimer… ” ; la troisième, peu au fait des choses de l’amour, n’a vu dans cette séparation qu’une confirmation de ce qu’elle pressentait : ” Je sais depuis longtemps que vous ne vivrez pas toujours ensemble “, a-t-elle laissé tomber du haut de ses 11 ans. Pour éviter les non-dits et les faux-semblants, Roland prévient également sa mère qui habite avec eux.

le temps du doute

Tout le village est bientôt au courant, Roland assume. Les enfants aussi : ils sont restés vivre avec lui tandis que Véronique, poursuivant ses études à la ville, ne revient que le week-end.
La vie continue. Pour Véronique néanmoins commence une période de doute : qui est-elle pour avoir vécu, pendant dix-neuf ans, en bonnes intelligence et harmonie avec un homosexuel et avoir avec lui – et avec bonheur – élevé trois enfants ? Quelques aventures masculines la laissent insatisfaite : serait-elle la femme d’un seul homme ? Sur son lieu de travail, Véronique se prend d’amitié pour Anne, une infirmière psychiatrique qui lui avoue un soir… son homosexualité et dans la foulée son amour pour elle ! Effrayée, elle préfère mettre de la distance avec cette femme qu’elle apprécie beaucoup mais dont elle ne se sent pas ” amoureuse “. Puis, après avoir réfléchi, elle décide de céder à ses avances et de se laisser aimer. ” J’ai alors découvert que faire l’amour avec une femme était juste ce qu’il me fallait. J’ai eu le sentiment d’être reconnue dans mon entier, d’être comprise, aimée pour moi-même. J’ai connu un grand bonheur orgasmique “, avoue-t-elle, en se reconnaissant finalement elle-aussi homosexuelle.
Un an à peine s’est écoulé depuis la découverte par Roland de son homosexualité, pendant lequel celui-ci a eu des amants, fréquenté les lieux de drague gay. ” La sexualité physique est plus exigeante chez les hommes homosexuels, mais affectivement c’est souvent la grande misère et la solitude “, estime Véronique qui continue à voir le père de ses enfants resté son ami.

La liaison, une vraie passion, d’Anne et Véronique durera cinq ans. Là encore, les enfants, toujours très proches de leur mère, sont mis au courant de la situation : l’aîné qui vit avec une compagne ne tente aucun rapprochement avec Anne ; le second devient très ami avec elle ; la dernière ne se trouve guère d’atomes crochus avec l’amie de sa mère. Mais jamais Véronique ne se sentira le courage de dire à ses parents qu’elle est homosexuelle.

Après Anne, Véronique connaîtra encore Chantal, avec qui elle vivra une dizaine d’années et auprès de qui elle apprendra ” à aimer sans rien attendre de l’autre “, puis Marie-Odile dont ” les caresses lui feront vivre des orgasmes imprévus, des moments grandioses de plénitude et presque d’éveil spirituel “, puis Sylvie et de nouveau la tendresse de Chantal.
Véronique vit aujourd’hui seule, elle est grand-mère de neuf petits-enfants. Ils sont très curieux de ce drôle de modèle de parentèle que présentent leurs grands-parents : Roland et son compagnon (liaison stable depuis 1995), Véronique et ses amies de passage, et ils ne cessent de poser des questions à leur sujet.
Et si c’était à refaire ? ” Je suis très heureuse de ces événements pas toujours faciles, ils m’ont enrichie. Je suis sûre d’une chose : j’aurais eu trois enfants, mais je n’aurais pas vécu avec un homme. “

le prix fort

La réponse de Véronique montre le manque auquel peut se heurter l’amour homosexuel. L’épanouissement de cette forme de relation se paie au prix fort : un désir d’enfants inachevé, terriblement frustrant. C’est ainsi que Thérèse, homosexuelle, a sombré dans le désespoir, rompu avec sa compagne et fait un long séjour en psychiatrie. Lucide sur elle-même, Anne s’est mariée ” pour avoir des enfants ” puis a divorcé. D’autres couples-femmes partent à l’étranger pour tenter une insémination artificielle. Les couples-hommes ressentent eux aussi très fort ce manque d’enfants et voudraient que leur soit reconnue la possibilité d’en adopter.
À ce problème s’ajoute parfois beaucoup de solitude : l’incompréhension des familles (parents, frères et sœurs) devant le phénomène rend l’aveu difficile, quand il ne provoque pas la rupture. Olivier a dû quitter sa région, rompre avec les siens. Sa sœur Nathalie a eu toutes les peines du monde à renouer avec ce frère profondément traumatisé par son rejet de la cellule familiale.
Côté parents, les choses ne sont pas simples non plus. Caroline dit avoir été ” anéantie ” par la nouvelle et ” s’est reproché de ne s’être rendu compte de rien “. D’autres se sentent coupables de n’avoir pas été davantage présents, d’avoir été trop préoccupés par leur travail, et se demandent ce qu’ils ont pu ” mal faire ” pour arriver à ” ce ” résultat.

Cette incompréhension occasionne chez le jeune une perte de confiance dans ses parents et ouvre la porte aux sentiments dépressifs, à une prise de risques variés (tentatives de suicide, rapports sexuels non protégés…) et autres comportements dommageables.

Impossible bien sûr, dans des domaines aussi sensibles, de se poser en donneur de leçons. La seule attitude juste à adopter est celle du respect de l’autre dans sa différence et sa complexité. C’est pour apprendre, tenter de comprendre cela et renouer le dialogue que des associations se sont créées. À l’image de Contact, qui organise des réunions pour les personnes homosexuelles et leur famille et tient des permanences téléphoniques (l’association a également édité une plaquette gratuite intitulée Notre enfant est homosexuel). Telle encore la Ligne azur destinée aux adolescents et aux adultes concernés (parents, éducateurs, formateurs…) ; ou le Centre gai et lesbien, véritable forum sur tous les aspects de l’homosexualité (juridique, médical, social…) et qui peut renseigner sur les différentes lignes d’écoute spécialisée. Pour ne pas rester seul(e) face à cette réalité.

Cécile Baudet

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Sexualité Féminine: en savoir plus sur la sexualité féminine

Posté par Impatient le 12 mai 2009

Les femmes ont reconquis une part de leurs droits au plaisir sexuel. Mais le problème le plus souvent évoqué demeure la difficulté à atteindre l’orgasme.

orgasme

La dernière enquête sur la sexualité des Français(e)s, énonce clairement la hausse du degré de satisfaction sexuelle des femmes… On ne peut que se réjouir de cette bonne nouvelle. Le mouvement des femmes, l’avènement de la pilule contraceptive et du droit à l’avortement ont favorisé une sexualité féminine plus épanouie. Pour la première fois depuis des siècles, les normes et les codes sexuels édictés par l’Église et les médecins ont été remis en cause par la revendication des femmes elles-mêmes du droit à maîtriser leur vie sexuelle. Dans le cadre des groupes de parole, issus du mouvement de mai 68, elles ont parlé entre elles de leur sexualité, elles ont partagé leurs problèmes et leurs attentes et exprimé leurs désirs. Elles ont écrit des brochures et des livres. Par ailleurs, elles ont investi des univers, jusqu’à cette date essentiellement masculins, comme la médecine, la sexologie et la psychologie. Pourtant, en dépit d’avancées incontestables, des problèmes subsistent.

Un sujet difficile à aborder

La sexualité personnelle reste un sujet difficile à aborder, même avec les partenaires et les ami(e)s. ” En dépit de toute la visibilité et des recettes données par les médias, journaux et télévision, explique Mme Durou-Delanoë, sexothérapeute à Saint-Malo et qui a mis sur pied la première consultation de sexologie au CHU de Rennes en 1980, il reste et restera sans doute toujours, dans le domaine de la sexualité, la part mystérieuse de l’être humain, une part peut-être indicible. Pourtant, l’accès à la contraception a indéniablement donné une autre dimension à la sexualité féminine : la reconnaissance du désir et du plaisir. ” ” J’ai mis des mois et des mois avant de parler de mon corps et de ma sexualité à mon psy, explique Alice, et pourtant j’étais allongée sur ce divan pour parler de cela et peut-être uniquement de cela… Mais je ne trouvais pas les mots. “
Le premier congrès mondial de sexologie s’est déroulé en 1974. Depuis, recherches et études sur la physiologie de la sexualité se sont multipliées et ont permis d’explorer la palette de la sexualité féminine, plus vaste et moins centrée sur les zones génitales que celle de l’homme.

” Malgré cette nouvelle dimension, notre culture judéo-chrétienne a laissé des empreintes inconscientes très fortes, poursuit Mme Durou-Delanoë. Je vois toujours dans mon cabinet de consultation des femmes et des hommes qui ne connaissent rien de la sexualité – la leur ou celle de l’autre. Certaines femmes ignorent leurs ressources sexuelles personnelles et attendent que l’homme les fasse jouir. Certains hommes ignorent les particularités de la sexualité féminine et s’imaginent que les femmes fonctionnement exactement comme eux. “
À propos de sexualité, les médias véhiculent de nouvelles croyances et de nouvelles modes, en s’appuyant parfois sur le savoir scientifique du moment : ” Cette information est loin d’aider toujours les individus, femmes ou hommes. Elle introduit une nouvelle normalité et bascule trop souvent dans la recherche du plaisir à n’importe quel prix sans apprentissage du respect de l’autre. ” Ces nouvelles normalités contraignantes tournent autour de la consommation et de la performance. Cette vision mécaniste de la sexualité des humains a fait croire à certaines que l’on pouvait avoir des relations sexuelles sans angoisse dans n’importe quelles conditions et avec n’importe qui. Des croyances qui, sur le long terme, s’avèrent aussi aliénantes que le puritanisme du XIXe siècle. L’émergence actuelle d’une pornographie accessible au plus grand nombre sème la confusion dans les relations entre les sexes.

Les troubles de la sexualité

” Le problème le plus souvent évoqué en consultation demeure la difficulté à atteindre l’orgasme “, explique Mme Durou-Delanoë. Il s’agit d’un problème complexe car les raisons en sont aussi culturelles et sociales, pas seulement physiologiques. Il y a encore peu de temps, écrit le Dr Yves Ferroul, médecin sexologue et auteur d’un ouvrage intitulé Secrets de femmes ( Ce livre publié aux éditions Chiron en 1994 est épuisé.) : ” Le plaisir de la femme n’était pas à l’ordre du jour. Si les théologiens ont longtemps pensé qu’il fallait qu’elle prenne du plaisir afin de favoriser une meilleure procréation, le jour où les “hommes de science” leur ont expliqué que l’ovulation avait lieu de manière précise dans le cycle et que le plaisir féminin n’était pas nécessaire à cet événement physiologique, le plaisir féminin est devenu secondaire voire suspect. ” Aujourd’hui nous n’en sommes certes plus là. Du moins dans les pays occidentaux, car n’oublions pas que les droits acquis par les femmes occidentales ne le sont pas dans nombre d’autres pays et que des millions de femmes sur notre planète sont excisées et donc privées de plaisir sexuel au sens physiologique du terme. Ce non-droit au plaisir empêche encore de nombreuses femmes d’atteindre l’orgasme.

Le clitoris : une valeur sûre

La sexualité ne se réduit pas à des techniques. Elle est une forme d’expression personnelle, une communication intime entre deux êtres et s’arrête là où vous fixez vos limites. La principale zone du plaisir féminin est le clitoris. Les études de Masters et Johnson, dans les années 60, l’ont souligné. Ils ont observé en direct des milliers d’actes sexuels et ont établi que, s’il existe un plaisir lié à la pénétration, ce dernier vient essentiellement de la fusion avec l’autre et de l’éjaculation de l’homme à l’intérieur du vagin. En effet, à la différence du pénis, le vagin est très peu innervé. Le pénis reçoit au moment de la pénétration toute la stimulation du contact avec la paroi vaginale et amène l’homme à un degré maximal d’excitation, ce qui n’est pas obligatoirement le cas de la femme. Cela ne minimise pas pour autant toutes les autres zones érogènes du corps féminin, en particulier les seins.

L’apparition du ” point G ” dans les médias, variante moderne de l’orgasme vaginal freudien, ne change rien à la primauté du clitoris pour plus des deux tiers des femmes : ” Le fameux point G a déstabilisé de nombreuses femmes, explique Mme Durou-Delanoë. Il existe désormais un consensus dans la profession. Nous parlons de récepteurs plus sensitifs dans certaines zones du vagin. Mais cette perception sensorielle particulière dépend aussi des muscles du périnée, et de la conscience qu’en ont les femmes. Le corps est un tout et le corps féminin comporte de nombreuses zones érogènes, différentes d’une femme à l’autre. À chacune son orgasme. C’est un fantasme encore très masculin de penser qu’une femme jouit essentiellement par la pénétration. Certaines se calquent encore sur ce fantasme masculin par amour de l’autre. Dans ces cas, des entretiens avec le sexothérapeute aident les couples à dépasser ce préjugé et à trouver ce qui leur convient. Encore récemment, j’ai vu un couple dans lequel la femme a pu dire à son compagnon qu’elle préférait les caresses, même si elle appréciait la pénétration grâce au sentiment de donner du plaisir à son compagnon.

L’essentiel est d’établir ou de rétablir la communication entre les deux partenaires. “
Les témoignages de certaines sont très précis : ” J’ai besoin que mon partenaire me caresse pendant la pénétration, explique Elisabeth, le va-et-vient de la verge ne me suffit pas, le sexe masculin ne touchant pas le clitoris (sauf dans certaines positions). ” La femme peut aussi se mettre au-dessus, une position permettant de toucher le clitoris pendant l’acte sexuel. Pourtant, il n’existe pas de recette. Selon d’autres témoignages, cette stimulation directe n’est pas la meilleure, la vulve entière est sensible et elles apprécient que leur compagnon introduise ses doigts dans leur vagin. Pour d’autres, la langue est beaucoup plus satisfaisante. De plus, la salive a un effet lubrifiant. Enfin, certaines apprécient des caresses autour de l’anus, même si elles ne souhaitent pas de pénétration anale. Il n’existe pas de normes. L’important est de savoir communiquer avec son partenaire. ” Chez les couples jeunes actuels, le manque de temps, les soucis d’argent, les contraintes familiales nuisent à une sexualité heureuse. Il est parfois difficile de leur faire comprendre qu’ils ont simplement besoin de temps pour favoriser leur imagination et leur créativité, et souvent de partir seuls… sans les enfants. “

oser le geste

Nombreuses sont encore celles qui ne connaissent pas leur corps et ses ressources. Maitreyi Pionteck, infirmière sexologue, auteur du livre Le Tao de la femme, constate cette méconnaissance dans toutes les réunions qu’elle organise. D’où une tendance féminine à se laisser entraîner par les attentes du partenaire et à s’adapter à la sexualité masculine, en oubliant leurs propres besoins. Elle conseille alors aux femmes d’apprendre à découvrir leur corps et à connaître leurs zones érogènes : ” Apprenez à vous caresser. La sexualité féminine passe par la force des reins, par le relâchement. Il est impératif de développer sa force rénale et sa force intérieure, qui aide à vaincre la peur de se laisser aller. Le moyen le plus simple pour y parvenir est d’oser se masturber, de prendre le temps de découvrir à quoi le vagin et le clitoris réagissent le mieux. Vous pouvez utiliser des supports comme les vibromasseurs et les boules d’amour chinoises pour trouver vos points d’excitation et parvenir seule à l’orgasme. ” Pour les taoïstes, la force sexuelle est la base de la créativité, de la santé, de la vitalité et même de la spiritualité. Les femmes y apprennent à libérer la force de leurs ovaires.

ces handicaps qu’on peut surmonter

Parfois certains troubles précis handicapent la sexualité.
Le vaginisme consiste en une contraction involontaire des muscles du périnée, à tel point que la pénétration devient douloureuse, voire impossible. La première chose à faire est d’aller consulter, afin d’éliminer tout problème physiologique. Ensuite, il faut chercher à éliminer les problèmes psychologiques éventuels et peut-être tout simplement apprendre à se relaxer, car c’est bien souvent la tension exprimée par la femme qui est à l’origine de ce trouble. Il existe de nombreuses techniques respiratoires, en yoga par exemple, qui permettent de faire circuler l’énergie et de débloquer les zones génitales. ” Ce trouble peut être géré de manière très différente selon les couples, explique Mme Durou-Delanoë. Certains s’en accommodent mais consultent, car ils souhaitent avoir un enfant. “
Les dyspareunies sont des douleurs qui apparaissent au moment des rapports sans qu’il y ait de spasmes ou de contracture des muscles du périnée. ” Ces douleurs peuvent varier en fonction des moments du cycle et de la position adoptée pour faire l’amour, explique Claudine Ageron-Marque, ostéopathe formée en gynécologie.

La maternité handicape parfois un retour à la sexualité. Il peut s’agir de séquelles liées à l’épisiotomie (incision du périnée) par exemple. ” À la ménopause, la baisse de la production d’hormones sexuelles peut entraîner une sécheresse de la muqueuse vaginale et rendre les rapports plus difficiles. Pourquoi ne pas essayer alors l’ostéopathie qui, sans faire de miracles, propose des manipulations intéressantes ?
Parfois ce non-plaisir est dû à une baisse de la libido, de l’envie de faire l’amour. Dans ce domaine non plus il n’y a pas de normes… La sexualité n’est pas qu’une histoire d’orgasme, elle s’intègre dans une vie, une histoire avec ses hauts et ses bas et parfois ses reconquêtes. ” Aujourd’hui je reçois dans mon cabinet des seniors en bonne santé, sans souci d’argent et à la recherche d’une sexualité heureuse, explique Mme Durou-Delanoë. Ils ont parfois vécu leur sexualité de manière rudimentaire avec le primat de la pénétration. Or, à cet âge, la récupération est plus lente. Je leur explique que tout cela est normal et qu’il existe d’autres manières de se donner du plaisir. ” Merci la vie !

Martine Laganier

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L’IMAGINAIRE ÉROTIQUE: Programme commun

Posté par Impatient le 12 mai 2009

L’imaginaire érotique peut être source de mieux-être, d’entente et de complicité. Mal utilisé, il engendre discorde et souffrance.
Question de mode d’emploi…

C’est un aphrodisiaque naturel. Il est gratuit comme l’air que l’on respire, à l’heure où le Viagra rapporte un billion de dollars par an aux laboratoires Pfizer (Chiffre cité dans les médias anglosaxons et francophones). Avec nos cinq sens, notre imagination reste le plus puissant des aphrodisiaques.

Le corps, les sens et l’imagination

” Ce n’est pas le corps d’un homme qui le rend désirable “, écrit l’antillaise Jamaica Kincaid (Autobiographie de ma mère, J. Kincaid, 1997, éd. Albin Michel.). C’est par exemple tout ce qu’elle imagine à partir de ce qu’elle sait de lui. ” C’est ce que ce corps pourra me faire ressentir lorsqu’il me touchera, c’est là qu’est le frisson : penser à ce que son corps me fera éprouver… ” Cette part imaginée peut jouer un rôle central dans l’intensité du désir. C’est pourquoi le meilleur amant, la meilleure maîtresse ne l’est, dit-on, ni pas sa beauté, ni par sa technique.

L’imaginaire érotique n’est jamais loin de l’amour et de la passion. Chacun de nous possède donc une sorte de carte du désir qui lui est propre. Nous réagissons plus à certaines choses qu’à d’autres. “L’imaginaire est pour beaucoup l’essence de l’érotisme, explique Willy Pasini, fondateur de la Fédération européenne de sexologie et enseignant de psychiatrie et de psychologie à l’université de Genève. Pour d’autres, les sensations physiques et le corps passent au premier plan. Parmi les femmes et les hommes qui réagissent davantage à partir des sens, l’excitation sexuelle peut partir du toucher ou de la vue : ils seront sensibles à une caresse ou à une silhouette. Quelques-uns diront d’une personne qu’elle a une voix magnifique, ou bien a une odeur qui leur plaît. Pour d’autres, au contraire, l’imagination reste le moteur de l’érotisme.” Ce sont alors, par exemple, des images, comme les seins d’une femme, ou des situations, comme regarder une femme se masturber, auxquels certains hommes seront plus sensibles.

De petites choses peuvent embraser notre imaginaire. Il suffit d’”une idée jamais exprimée ou d’un acte accompli en secret “, écrit l’Américaine Sallie Tisdale dans un essai sur l’érotisme, le puritanisme et le féminisme (Parlons cul – contre l’hypocrisie puritaine, S. Tisdale, 1997, éd. Dagorno). Elle tente de déchiffrer notamment ces fantasmes qui nous habitent sans que nous puissions toujours parvenir à savoir d’où ils viennent et pourquoi. Souvent issus d’instant fugitifs anciens, ils sont le produit de l’imaginaire et des situations de l’enfance. ” Un parfum, écrit-elle encore, un bruit, le galbe d’une jambe évoluent au fil du temps pour donner naissance à une passion érotique pour la chevelure, le cuir ou les escarpins vernis noirs. “
L’imaginaire érotique implique bien plus d’images et de situations que les seuls stéréotypes de la pub et de la pornographie. Il peut aider à se laisser aller et à voyager mentalement, afin que l’acte sexuel ne se transforme pas en une simple performance physique.
L’imaginaire sert le désir, selon Willy Pasini, lorsqu’il joue un rôle de préliminaire, quand il fait naître et alimente une certaine fantaisie dans des circonstances banales de la vie. Vous pouvez faire appel à votre imagination pour favoriser l’excitation. Elle peut être précieuse quand le surmenage, la fatigue et le manque de temps minent l’intimité du couple. L’imaginaire est alors une sorte d’aphrodisiaque naturel, sans qu’il soit besoin de Viagra, ni même de plantes médicinales.
” Je ne vois pas passer nos soirées, explique Gilles, informaticien et marié. Cela prend du temps de parler des contrariétés du travail et des devoirs des enfants, d’attraper au vol les actualités télévisées, de faire la vaisselle, de donner quelques coups de téléphone et de préparer ou ranger des dossiers… ” Quand le couple peut se retrouver enfin tranquille, il est onze heures ou minuit. ” C’est frustrant parce qu’à cette heure-là, on est vanné, dit-il. Il nous arrive de nous caresser le matin. Mais on s’arrête parce qu’il faut aller bosser. Il m’arrive d’avoir envie d’elle dans la journée, ou bien en rentrant le soir. Mais à minuit, plus rien ! La fatigue l’emporte. “
Certains soirs, Gilles ou sa compagne décident de ne pas laisser la fatigue l’emporter. ” Chacun connaît maintenant les petits secrets de l’autre… ce qui le fait réagir… Mieux vaut dès lors échanger un peu d’allusions érotiques et de caresses que l’éternel reproche fait à l’autre de ne pas avoir su finir sa journée assez tôt. “

Quand l’imaginaire choque

Il reste que notre imaginaire n’est pas toujours simple à manier. ” Fondamentalement, l’imagination autorise ce que la bonne éducation interdit, observe Willy Pasini. La vie à deux est fondée sur la permanence de sentiments stabilisants et horizontaux – la confiance, l’estime, la tendresse, la complicité, le respect de l’autre. ” (La Force du désir, de Willy Pasini, 1999, éd. Odile Jacob) L’imaginaire érotique peut bousculer cela. Il peut mettre en scène des rapports relevant davantage de la domination et de la soumission, qui peuvent paraître contraires à l’éthique quotidienne d’un couple. C’est un domaine délicat. Il faut tout de même distinguer la rêverie du passage à l’acte institué par un individu comme un droit. Il reste à comprendre le sens de ces fantasmes. ” L’imaginaire a pour rôle, ici, de permettre de retrouver cette dimension plus archaïque qui, si elle était mise en œuvre dans la réalité, rendrait la vie à deux impossible. ” Une part de notre imaginaire érotique est en effet constituée d’impressions souvent anciennes, de rêves diffus dont la symbolique et le sens nous échappent de prime abord.
Dans L’Empire des femmes, Nancy Friday fait état de confidences de femmes qui, cette fois, s’imaginent en séductrices ou en dominatrices (L’Empire des femmes, N. Friday, 1993, éd. Albin Michel.). Elles s’inventent des histoires où elles séduisent leur chef de service, vivent des rapports avec plusieurs hommes en même temps ou provoquent des érections non désirées.

Peut-on partager ses fantasmes ?

” Les fantasmes doivent-ils ou non être racontés à l’autre ? se demande Willy Pasini. Là encore, il n’y pas de règle fixe. ” On dit que certaines idées érotiques sont excitantes parce qu’elles sont secrètes : leur révélation risquerait de faire disparaître leur effet. Nancy Friday raconte que plusieurs de ses fantasmes érotiques ont perdu leur pouvoir d’excitation depuis qu’elle les a couchés dans ses livres.
” Certains sexologues conseillent de garder ses fantasmes pour soi, explique Willy Pasini. Les partager peut s’effectuer dans une ambiance qui n’a rien d’érotique. ” Le conjoint peut ne pas apprécier, par exemple, les intrusions, dans le lit conjugal, d’inconnus n’ayant pas plus à voir avec le réel qu’avec lui. ” Une femme peut être gênée d’apprendre que, pour la pénétrer, son partenaire pense à une autre femme, dit Willy Pasini. Hier, j’ai rencontré une femme qui pense à des femmes pendant les rapports avec son mari. ” C’est le mari, qui, dans ce cas, peut ne pas apprécier.
À l’opposé, certains couples, comme Gilles et sa compagne, parlent volontiers de leurs rêveries excitantes. C’est une sorte de ” cinéma en chambre ” qu’ils ne partagent qu’entre eux. Chaque couple fera donc à sa façon. Les productions de l’imagination peuvent toutefois susciter des difficultés…

Repères et limites

Lise et son époux, avec lequel elle s’entend bien, sont mariés depuis douze ans. ” Depuis quelque temps, pendant nos rapports sexuels, confie-t-elle, nous nous laissons aller à imaginer que nous avons entre nous, physiquement, une amie. ” Lise, dans son fantasme, demande à son mari de faire voir à cette amie comment ils font l’amour. Lui voudrait surtout caresser sa poitrine plantureuse. Lise
a même confié à cette amie la fascination de son mari pour ses seins. “

Le fait qu’un couple ait des fantasmes communs et qu’il trouve le temps et le lieu pour se les confier, cela peut être un jeu privé attrayant “, remarque Willy Pasini. Un couple peut gérer, comme fantasme, l’allusion fugace à une tierce personne, qu’elle soit réelle, imaginaire ou vue à la télé. Cela fera partie d’un préliminaire érotique. Cela se complique quand on en parle ouvertement hors de la relation de couple. Les protagonistes concernés peuvent mal le vivre. ” Il vaut donc mieux ne pas en parler, même par allusion “.

Mariée depuis cinq ans avec un ” mari merveilleux “, mère de deux petites filles, une autre femme confie à Willy Pasini qu’elle signe ses lettres ” L’amoureuse “. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de penser à d’autres hommes. Même s’ils ne ” l’intéressent pas ” vraiment. ” Parfois, je réussis à m’exciter uniquement en imaginant que je fais l’amour avec quelqu’un d’autre, le premier qui me passe par la tête, dit-elle. Mais j’aime vraiment mon mari : la seule idée de le trahir me met mal à l’aise. ” Le fait de penser à d’autres personnes, réelles ou imaginaires, pendant qu’on fait l’amour, est un comportement courant, selon Willy Pasini. Il reste toutefois préférable que le personnage imaginaire, à un certain moment, disparaisse de la scène. ” Car si le fantasme persiste jusqu’à l’orgasme, conclut le président de la Fédération européenne de sexologie, cela signifie alors que quelque chose est en panne dans le couple. “

Richard Belfer

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