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Archive de la catégorie «Psycho»

Psycho, Psychologie, Psychothérapie, Psychanalyse

Formation Hypnose Paris. Hypnose Ericksonienne Thérapies Brèves et Addictions. Laurent GROSS Hypnotherapeute Paris

Posté par Impatient le 6 octobre 2009

La place de l’hypnose et des thérapies brèves dans les conduites addictives.

Journées “Bleu Menthe”.
Public: Infirmières, Aides-Soignantes, Auxiliaires de Puériculture

http://www.medecines-douces.tv

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Glossaire

Posté par Impatient le 12 juin 2009

Angoisse :
Sensations désagréables qui affluent de manière non maîtrisable, provoquées par des « excitations » d’origine interne ou externe.

Angoisse Externe :
Face à un danger extérieur et réel.

Angoisse Interne :
Situation « traumatique » provoquée par un afflux de sensations désagréables trop intense et non maîtrisées pouvant remonter à la toute petite enfance. Cette situation, même si elle a été refoulée (note en bas page), marque profondément le sujet et conduit à une reproduction automatique de sensations désagréables, dès qu’un afflux d’excitation non maîtrisables, dans des situations peu ou prou similaires à celles de l’origine du traumatisme réapparaissent.

Aphanisis :
Terme introduit par E.Jones pour définir la disparition du désir sexuel chez la femme et chez l’homme. Au-delà du complexe de castration (note en bas de page), l’Aphanisis fait l’objet d’une crainte plus fondamentale. Chez la femme, cela correspond avec la crainte de la séparation d’avec l’objet aimé. E. Jones a introduit se terme d’Aphanisis dans le cadre de ses recherches sur la sexualité féminine.

Auto-érotimse :
Au sens large, l’auto-érotisme caractérise un comportement sexuel où le sujet obtient satisfaction avec son corps propre sans objet extérieur : masturbation.

De façon plus spécifique, il caractérise le comportement infantile précoce durant le quel un organe spécifique lié au développement deviendra le lieu d’une zone érogène se suffisant à elle-même : analité, oralité, sensation liée au toucher, à la vue… en lien avec des pulsions dites « partielles » (note en bas de page) sans référence à une image du corps unifié.

Compulsion de répétition :
Phénomènes répétitifs de situations sociales pathogènes ou désagréables provoquées par un ou des symptômes n’ayant pas trouvé, au travers de la parole, une signification. Une scène inconsciente se reconstitue. Elle revient et se répète sous la forme d’un vécu conflictuel. La répétition est une suite à 2 occurrences. La 1ère occurrence concerne la scène vécue qui disparaît et réapparaît.

La deuxième occurrence concerne la réapparition de cette scène « originelle » mais sous des formes différentes. Le même et le différent caractérise tout comme la dyade du présent et de l’absent la compulsion de répétition. Elle se dessine à travers 2 modes de résurgence du passé : Le souvenir (image mentale, visuelle. Tout souvenir est reconstruction d’une image mentale du passé et jamais son reflet réel).

Image traumatique :
Pénètre telle quel dans le psychisme, sans se reposer sur un support. Sentiment d’effroi et à juste titre d’arrêt sur image. Horreur de la rencontre.
Névrose traumatique :
Dans la névrose traumatique le sujet n’a de cesse de se remémorer le trauma. Toute perception sera la source d’une hyper excitation. Cette occurrence est l’effet de la rupture du lien entre la représentation et l’affect toujours en cours. Le terme traumatique n’a pas d’autre sens qu’un sens économique. C’est une perception angoissante en quête de sens, de représentativité.
Trauma :
Le lieu originaire du trauma se situe dans le sujet et se place au centre des préoccupations de la thérapie analytique. Choque, sentiment de vide, blessure, parties prenantes de la construction du sujet.
Si une partie des traces du trauma ne sont pas symbolisées, alors apparaît une compulsion de répétition. Une confrontation brutale à une scène située dans le réel de la vie de l’adulte, peut faire ressurgir le premier trauma dans l’après coup de la situation. Il y a alors production fantasmatique prise comme réalité, car le traumatisme se forme à la frontière de l’interne et de l’externe (voir angoisse).

Trauma originaire :
Séparation d’avec la mère pour que surgisse le sujet dans le traumatisme positif. Si le traumatisme est négatif, s’il désorganise la relation ou se répète alors apparaissent des motions pathogènes : culpabilité, clivage…
L’angoisse produit un clivage, c’est-à-dire une rupture du lien entre la représentation et l’affect.

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Homéopathie et dépression

Posté par Impatient le 12 juin 2009

Si les indications de l’homéopathie sont nombreuses, on ne pense pas toujours y recourir lors d’une dépression. Le Dr Isa, médecin homéopathe, nous fait part de son expérience et de sa pratique. Son avis autorisé nous offre une approche nuancée de ce délicat problème de santé.

“Docteur, je déprime… ” Bien rare est cette entrée en matière. Plus fréquemment, nous entendons : ” Docteur, je ne me sens pas bien… “. Médecins et homéopathes, nous avons appris au cours de nos études à entendre la plainte exprimée par les mots des malades, quand ce ne sont pas leurs maux qui parlent à leur place. Déjà, au XIXe siècle, Hahnemann écrivait : ” Il n’existe aucune maladie dite somatique où l’on ne puisse découvrir des modifications constantes de l’état psychique du malade. ” Et dans ses observations il montra que l’inverse était vrai : chacun des remèdes dont nous disposons en tant qu’homéopathe, rarement psychiatre, présente une multitude de symptômes psychiques et physiques, et notre rôle est d’apparier ces remèdes avec le patient venu nous consulter.

Reconnaître la dépression

” Je suis fatiguée, je n’en peux plus de ce travail de fou, je n’arrive plus à réfléchir, j’ai besoin de calme, de solitude… “, me distille mademoiselle C. en économisant autant que possible ses mots. Une plainte pudique, beaucoup de silences et de soupirs. Le repli physique chez cette jeune femme longiligne que je connais depuis l’enfance. Et, avec son cas, je retrouve Natrum Mur., le remède des périodes difficiles de son enfance, quand elle ne voulait plus aller en classe (ayant préféré les cours par correspondance, seule dans sa chambre pendant un an), ou de sa tristesse quand le travail qu’elle souhaitait ne répondait pas à son attente. Dépression ? Epuisement ? Me noyant sous un flot de paroles décousues, presque incohérentes, avec quelques rires incontrôlés, mélangeant un divorce (quelques années avant), la ménopause, le traitement hormonal, les troubles psychiatriques de sa fille : madame B. est à la limite d’une phase maniaque. Quelques années plus tard vient une phase de mutisme, de mimiques pauvres, de tristesse avec des idées suicidaires, de désespoir avec les mêmes insomnies d’endormissement, les mêmes bouffées de chaleur alternant avec des froids de mort, les mêmes cauchemars : oui, là encore, c’est une dépression d’abord masquée, puis bien réelle justiciable de Platina puis Lachesis. Perturbées dans le cours de leur pensée, réceptives profondément à leur environnement affectif et professionnel, incapables d’avoir un comportement en harmonie avec l’attente de la société à leur égard, ces deux femmes aux deux extrêmes de la vie professionnelle décompenseront sous forme dépressive ; pour d’autres personnes, ce seront des deuils récents, la baisse des performances intellectuelles avec l’âge, une maladie physique qui les atteint aussi dans leur humeur. Je suis médecin et, selon la gravité des troubles, je pose un diagnostic de déprime ou de dépression légère ou grave, voire de dépression masquée sous une constellation de troubles physiques. Homéopathe, je cherche ensuite à reconnaître pour chacun les remèdes qui peuvent soit l’aider, soit le guérir à court ou à long terme. Après un long interrogatoire où s’entremêlent les circonstances ayant conduit à cet état, les manifestations psychiques et physiques et leur mode d’apparition, le comportement habituel du patient (qui permet de mesurer la différence entre l’état normal et pathologique), le passé familial et personnel et enfin les traitements déjà pris, vient le temps de la comparaison entre ces signes et ce que je connais des remèdes homéopathiques…

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Maladies psychosomatiques: Vous avez dit psychosomatique

Posté par Impatient le 8 juin 2009

L’être humain étant indivisible, on ne peut soigner le corps indépendamment de l’esprit. C’est le postulat de la médecine psychosomatique.

“Vous n’avez rien : c’est sûrement psychosomatique!”: tel est souvent le diagnostic posé quand aucune lésion ou anomalie n’est révélée par des examens. Ainsi en va-t-il de l’hypertension artérielle ou de la tachycardie, de l’asthme ou de l’oppression respiratoire, des troubles fonctionnels du côlon ou de la recto-colite hémorragique, des migraines, d’une prétendue stérilité, ou encore, d’une dermatose soudaine. Les symptômes et la douleur, bien que réels pour le patient, n’ont aucune cause organique décelée par la médecine. Si ce n’est du corps d’où peut provenir le trouble ? D’un surcroît d’angoisse, d’un seuil intolérable de stress, d’une colère rentrée, d’une peur incontrôlée ? Bref, d’un ” facteur psychologique “. C’est au psychanalyste-médecin Franz Alexander que l’on doit la mise en relation des troubles organiques et des facteurs psychiques.

” L’esprit (psyché) régit le corps (sôma). Toutes nos émotions sont accompagnées, sans exceptions, de modifications physiologiques. La crainte se traduit par des palpitations, la colère par une accélération cardiaque, par l’élévation de la tension artérielle et la modification du métabolisme des hydrates de carbone.” Une maladie fonctionnelle est dite psychosomatique dès lors qu’elle est chronique en dehors de toute cause physique. Mais, ce terme est également utilisé pour qualifier l’origine de certaines maladies lésionnelles comme l’ulcère gastro-duodénal (même si l’on impute aujourd’hui sa survenue à la bactérie Helicobacter pylori, qu’est-ce qui fait que telle personne déclare un ulcère à tel moment dans sa vie ?), l’infarctus, ou même l’apparition d’un cancer (il semblerait assez fréquent de trouver dans l’histoire du patient un traumatisme -deuil, séparation – dans les deux années précédant l’émergence de la maladie) ou encore d’une maladie auto-immune comme la sclérose en plaques. Mais attention au ” tout psychologique “. ” À force de chercher les causes psychologiques de leur cancer, les malades finissent par s’en attribuer la responsabilité et culpabilisent en pensant qu’ils ont créé leur maladie. Le cancer peut se déclarer seul ou sous l’effet d’une intoxication (tabac, alcool) mais pas forcément sous l’influence du psychisme. Dire par exemple qu’il y a une signification psychologique à un cancer du sein gauche est faux “, dénonçait François Baillet, cancérologue, sur le plateau de l’émission télévisée ” Ça se discute ” (novembre 2000). Un avis que partageait, sur ce même plateau, le gynécologue psychosomaticien Sylvain Mimoun : ” Il ne faut pas perdre de vue que le cancer est multifactoriel.”

Maladie ou malade psychosomatique ?

Ne doit-on pas alors parler de malades psychosomatiques plutôt que de maladies psychosomatiques ? Y a-t-il des personnalités sujettes à somatiser ? ” Les dispositions d’une personne adulte à l’approche psychosomatique de ses maladies sont héritées de son histoire infantile “, indique Pascal-Henri Keller, psychologue clinicien, psychanalyste et auteur de ” La médecine psychosomatique en question “. Danièle Pomey-Rey, dermatologue, psychanalyste, distingue dans son livre ” La peau et ses états d’âme “, “ceux qui gardent une fragilité psychique qui ne leur permet pas d’atteindre le stade des échanges verbaux… Ceux-là seraient prédisposés à une maladie de peau chronique. On appelle au secours avec la peau quand on n’a pas les mots pour le dire. D’autres pourront atteindre les échanges verbaux, mais à l’occasion d’un choc affectif particulièrement intense pourront déclencher une maladie de peau, probablement bénigne, qui guérira toute seule (une poussée de psoriasis, d’eczéma ou une légère pelade).” L’Institut psychosomatique de Paris (Ipso) considère les sujets psychosomatiques comme dépourvus de vie onirique et fantasmatique en raison d’un fonctionnement mental particulier, ce dernier n’assurant pas ” normalement ” l’association des émotions, des affects, des pensées et des rêves. Enfin, pour le Pr Sami-Ali, psychosomaticien et directeur du Centre international de psychosomatique (CIPS), la maladie psychosomatique trouve son origine ” dans un conflit relationnel non résolu aboutissant à une situation d’impasse “. Cette théorie se trouve validée notamment dans l’examen clinique des patients souffrant d’allergie, où la relation mère-enfant est en cause.

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Adolescence: Pistes pour prévenir les dérapages

Posté par Impatient le 5 juin 2009

“À l’adolescence, quand les portes claquent, c’est plutôt bon signe !”, rappelle Sylvie Rodé, directrice de Cap écoute. Mais au-delà des problèmes ” classiques ” du passage à l’âge adulte, quels signes annoncent un trouble majeur ? Comment prévenir les conduites à risques ?


Signaux d’alerte

Anorexie, troubles alimentaires : adoption soudaine de vêtements amples, refus de tout signe de féminité, aménorrhée, perte de poids, évolution du rapport à la nourriture : la jeune fille ne partage plus le repas familial (même si elle prépare des repas riches pour les autres), vomit fréquemment… Investissement addictif dans un sport, troubles du sommeil importants et durables…

Prise de toxiques (cannabis, ecstasy, alcool…) : chute brutale et inexpliquée des résultats scolaires, désinvestissement scolaire durable, besoins d’argent non motivés, vols ou vente de ses propres affaires…

Dépression, tentations suicidaires : absence de sens à la vie (” les parents sont nuls, je suis nul, la société n’a aucun intérêt… “), négligence corporelle et vestimentaire importante et durable, fascination pour les armes à feu (garçons surtout), perte de désir, de projets (le jeune peut se défaire de ses objets personnels…), changements d’humeur violents et répétés (distinct du ” blues ” de l’adolescence), troubles du sommeil et du comportement importants et durables, fugues, repli sur soi, coupure d’avec la famille et d’avec les amis. Ce dernier point est à moduler : une enquête de l’Inserm montre que les jeunes suicidants ayant fréquenté l’infirmerie scolaire avaient une vie sociale et relationnelle comparable à celle des non-suicidants (1)…

Agressions retournées contre soi : atteintes corporelles, scarifications, piercings incisifs… sans sens clairement exprimé comme un rapport au groupe ou une volonté de ressembler à un artiste…

Délinquance : non-respect des horaires et des règles, sans limite aucune…

Faire / ne pas faire…

Ne pas minimiser, ni banaliser.
Ne pas temporiser (bannir les ” Ça ira mieux demain… “).
Ne pas mettre au défi du passage à l’acte (face aux menaces, suicide, par exemple…).
Garder le contact, malgré tout, avec l’adolescent.
Porter attention à sa vie, à ses activités.
Privilégier la parole, même pour aborder des situations extrêmes : parler du suicide n’est pas dangereux.
S’appuyer sur d’autres adultes relais : médecin généraliste, infirmière scolaire, grands-parents, oncles et tantes…
Diriger le jeune vers une association spécialisée,
vers un psychologue, voire un pédopsychiatre. Lui proposer de faire cette démarche seul ou accompagné d’un adulte.
S’adresser soi-même à ces associations ou aux professionnels pour sortir du huis clos familial et prendre du recul.

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Entretien avec un psychiatre,« On substitue trop souvent la pilule à la parole… »

Posté par Impatient le 5 juin 2009

Dans son dernier ouvrage, Le Goût de vivre, Edouard Zarifian, psychiatre, professeur de psychiatrie et de psychologie médicale, plaide pour des rapports humains vrais et sincères fondés sur la parole et l’empathie dans l’approche des souffrances psychiques. Rencontre avec un humaniste.

A. S : On a le sentiment que votre livre a été écrit pour combattre le totalitarisme actuel des neurosciences… Vous dénoncez leur approche scientiste. Que sont ces neurosciences ? Menacent-elles notre compréhension de l’homme ?

• Edouard Zarifian : Il ne faut pas être manichéen. La science et les technologies qui en sont issues sont tout à fait utiles. Vers la fin des années 70, on a créé le terme de « neurosciences » qui englobe toutes les techniques pour mieux connaître le cerveau. Mais des métaphores sont apparues comme celles qui consistent à déclarer que l’on « voit le cerveau penser » grâce à l’imagerie cérébrale (IRM ou scanner). Il ne faut pas être dupe des reconstructions en images artificielles de l’activité cérébrale. à partir de là, on prétend tout expliquer et tout comprendre. J’ai fait des recherches dans ce domaine. Au bout de quinze ans, je me suis rendu compte que ça n’avait rien apporté à la psychiatrie. Cela a contribué à une meilleure connaissance au niveau neurologique mais pas à la compréhension du psychisme. Le psychisme humain n’est pas uniquement le fruit du génome et des neurones et il se constitue essentiellement par l’échange de parole. Il est propre à chacun et son contenu est unique. N’est science que ce qui est universel.

A. S: Vous faites de la parole l’instrument de développement du psychisme… Et presque l’unique moyen aussi de le guérir. Pourquoi ?

• Edouard Zarifian : Je n’ai jamais utilisé le mot guérir dans le sens médical. Que signifie guérir pour le psychisme ? Quoi qu’il arrive, on n’est jamais comme avant. Il y a des mots qui entretiennent des quiproquos. Par exemple, la douleur n’est pas la souffrance, le désir sexuel n’est pas l’amour, le plaisir n’est pas le bonheur. On ne peut pas confondre ces mots. Les uns sont du domaine du cerveau, les autres de celui du psychisme. Chacun doit apprendre à penser par lui-même et à faire des différences.

A. S: Comment combattre la souffrance psychique ?

• Edouard Zarifian : Seul l’échange de parole permet de soulager la souffrance psychique. Tout le monde ne sait pas écouter. Entendre est très difficile. Il faut toujours se demander ce qui est exprimé derrière les mots et qui contient du sens. Rappelons que le seul moyen d’accéder au psychisme d’autrui c’est la parole. La parole, d’ailleurs, ne se limite pas au seul langage mais englobe les gestes et les mimiques qui véhiculent de l’intention, du sens et de l’affectif. Pour soulager sa … …souffrance psychique, il faut réapprendre à parler avec autrui, à condition que l’échange soit possible.

A. S : Vous parlez du bien comme du mal que peut faire la parole ?

• Edouard Zarifian : Parler n’est pas anodin. La parole blesse. Elle peut même tuer. Il est des paroles qui semblent définitives et qui vous touchent dans les représentations les plus intimes que vous avez de vous-même et de vos valeurs. Parler suppose d’avoir un interlocuteur, et il ne faut pas se tromper sur celui à qui l’on s’adresse. Si ce que l’on veut exprimer appartient à la sphère intime, il y a très peu de gens avec qui on peut partager et le domaine privé ne doit pas être livré à la sphère publique.

A. S : L’échange est la clé de voûte de notre équilibre psychique. Comment le construire ?

• Edouard Zarifian : La parole est la clé de voûte qui permet l’humanisation. Elle est plus que le seul langage. En effet, la parole contient du sens, de l’affectif, du subjectif et du symbolique. Tout sujet est déterminé par une relation au réel et par une manière de construire son identité grâce au symbolique et à une production fantasmatique, fruit de l’imaginaire. Bien qu’ils ne parlent pas encore, les nourrissons échangent beaucoup et saisissent très bien tout ce qui relève du subjectif et de l’affectif dans la parole des adultes. L’échange se poursuivra toute notre vie si l’on trouve sur notre chemin d’autres êtres humains capables de recevoir et de donner.

A. S: Que pensez-vous du discours médical actuel face à la souffrance psychique ?

• Edouard Zarifian : Je distingue la douleur et la souffrance. Quand on est en bonne santé, on ne doit pas ressentir de douleur physique corporelle. Mais Malraux a déclaré : « Vivre c’est souffrir ». La vie est faite de désirs, de gratifications, mais aussi de frustrations ou de déceptions. De nos jours, on estime que si l’on souffre, ce n’est pas normal. On en fait une maladie mentale. Lorsqu’il y a souffrance psychique, la personne doit pouvoir être aidée par son entourage mais pas spécialement par un médecin. Hélas, la société exige que l’on cache son mal-être. On demande aux gens de se taire ou de consulter un médecin. En médecine, on veut pouvoir tout maîtriser, trop souvent, quand le soin technique est là, on oublie la parole. La personne humaine n’est pas seulement un corps fait d’une accumulation d’organes. Dans notre société, on n’apprend pas à écouter l’autre. Les neurosciences prétendent trop souvent supplanter la psychologie et substituer la pilule à la parole. On sait aujourd’hui que le recours aux seuls traitements médicamenteux constitue la meilleure garantie de voir indéfiniment ressurgir la souffrance psychique.

A. S : Vous critiquez la place que notre société donne à l’argent…

• Edouard Zarifian : La société marchande dans laquelle on vit nous persuade que tout peut s’obtenir facilement à la seule et unique condition de l’acheter ! Il faut prendre conscience que l’argent n’achète que des objets ou des illusions. Les liens affectifs et l’échange commencent au sein de la famille. Il faut aller vers l’autre, mais l’authenticité est primordiale pour que le lien se crée. Se livrer implique la confiance en l’autre et la réciprocité.

A. S : Pensez-vous qu’il soit nécessaire d’avoir connu la souffrance pour faire preuve d’empathie?

• Edouard Zarifian : Si nous n’en avons pas une expérience personnelle, nous n’en avons qu’une représentation théorique. C’est pour cette raison que le fait d’avoir souffert aide à écouter la souffrance de l’autre et permet de la reconnaître et de la soulager.

A. S : Il semble que vous preniez des valeurs judéo-chrétiennes telles que le don pour les laïciser…

• Edouard Zarifian : Le besoin de croire est consubstantiel à l’être humain. Contrairement à ce que l’on imagine, le don et le partage ne sont pas des valeurs morales mais des nécessités pour vivre en société de manière harmonieuse. Si j’ai une foi, c’est la foi en l’être humain. Dans toute l’histoire de l’humanité, il y a toujours eu un homme qui, par son action, à permis de racheter les autres. Demain, il y en aura un ou plusieurs qui induiront le changement. Aujourd’hui, on peut modifier notre génome sans avoir aucune idée de ce que cela va produire. Sur notre magnifique planète Terre, on détruit de manière souvent irréversible l’environnement. Mais on peut penser qu’il y aura des prises de conscience. On a toujours tendance à envisager le temps à notre échelle humaine. Si on veut tout immédiatement, on sera déçu. Mais l’espoir, c’est l’avenir…

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Entretien avec Edmond Marc*, psychologue « Il n’y a pas de méthode meilleure qu’une autre »

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Le choix de la méthode dépend du malaise à soigner, du temps que l’on souhaite y consacrer. Mais surtout, ce qui compte, c’est la qualité de la relation avec le thérapeute.

Faut-il choisir un psychothérapeute ou une psychothérapie ?
Edmond Marc : Malgré les difficultés propres à l’évaluation des psychothérapies, nous disposons aujourd’hui d’un ensemble d’études assez fiable. Elles montrent que le choix de la technique ne constitue pas l’élément le plus important. Une bonne relation avec son psychothérapeute demeure le premier critère de réussite. La personne doit se sentir soutenue. On tend à oublier qu’une psychothérapie est d’abord un travail relationnel entre des individus. Les recherches ont montré aussi qu’un des facteurs prédictifs de réussite d’une thérapie demeure le degré de motivation du patient. S’il désire obtenir des résultats de cette démarche, elle a davantage de chances d’être efficace.
Il ne faut pas trop se polariser sur le choix de la technique. Les évaluations montrent qu’il n’y a pas de méthode globalement meilleure qu’une autre.

Certaines psychothérapies correspondent tout de même mieux à certaines difficultés…
Edmond Marc : Il est possible de donner des indications. Elles dépendront de ce qui conduit la personne à envisager une psychothérapie. Certaines démarches correspondent mieux à certains types d’attentes et de difficultés.

Quelles sont les différentes indications courantes ?
Edmond Marc : Un étudiant peut dire « Je souffre d’un énorme stress à chaque fois que je dois passer des examens ». Le but est clair et circonscrit. On peut penser à une thérapie cognitive et comportementale (TCC). Ces thérapies sont de type « problème – solution ». Elles sont indiquées quand il y a un symptôme précis dont la personne, peu portée sur l’introspection, veut se débarrasser. Un autre patient peut dire que cela ne l’intéresse pas de réfléchir à son enfance alors que sa seule difficulté demeure la phobie de prendre l’avion.

Que traitent les thérapies comportementales et cognitives ?
Edmond Marc : Elles ont d’abord été pratiquées avec des personnes souffrant des phobies. Elles se sont développées dans ce domaine, où les résultats – avec des guérisons dans 80 à 90 % des cas – semblaient les plus probants. Les praticiens de ces méthodes se sont ensuite intéressés aux actes ou pensées obsédantes appelées TOC (troubles obsessionnels compulsifs), avec lesquels ils ont obtenu de bons résultats, même s’ils le sont moins qu’avec les phobies. Aujourd’hui, elles sont aussi utilisées dans les cas de dépression grave et profonde. Les TCC peuvent alors être associées à des médicaments antidépresseurs, et donnent de meilleurs résultats que le traitement seul. Dans les dépressions plus légères, des séances de thérapies comportementales et cognitives peuvent suffire.

Pour d’autres difficultés psychologiques, l’origine est imprécise…
Edmond Marc : La plainte semble alors trop diffuse pour procéder de façon aussi rapide. Un malaise existentiel plus profond se prête moins à définir et atteindre des objectifs précis en quelques séances. La psychanalyse et d’autres psychothérapies s’adressent davantage à ces personnes. Elles nécessitent un travail introspectif plus long.

Il existe d’autres thérapies brèves que les TCC.
Edmond Marc : Oui. Si l’on se heurte à des difficultés relationnelles avec son compagnon ou ses enfants, on peut préférer, toujours dans les approches brèves, une thérapie conjugale ou familiale systémique (1). Dans ce domaine, on ne devrait pas oublier l’analyse transactionnelle (1), également très axée sur la relation. Il faut aussi citer la Gestalt-thérapie, qui privilégie la notion de contact et de relation. Si on la compare à la psychanalyse, dont elle est issue, la Gestalt-thérapie (1) est plus centrée sur l’ici et maintenant. On examine comment la personne se comporte dans la situation présente. Pratiquée en groupe, on observe ses difficultés à entrer en contact avec les autres. En consultation individuelle, on peut regarder comment on se positionne vis-à-vis de son thérapeute.

Pourquoi ceux qui les pratiquent affirment que l’efficacité des thérapies comportementales est prouvée, alors que celle de la psychanalyse et d’autres psychothérapies ne le serait pas?
Edmond Marc : L’évaluation est plus facile avec les TCC, car elles visent la disparition d’un symptôme. Elle est difficile avec les thérapies plus longues, parce que le patient et ses difficultés ne se prêtent pas à une définition aussi précise du but à atteindre. C’est la raison pour laquelle il existe davantage d’évaluations des thérapies comportementales et cognitives. Mais les études dont nous disposons n’indiquent pas une supériorité globale des TCC sur les autres démarches.

Qu’est-ce que le développement personnel ?
Edmond Marc : On a pu dire que le développement personnel regroupait les thérapies pour bien portants. En fait, ce sont les mêmes thérapies, mais elles s’adressent à des personnes qui les abordent avec l’idée de « s’épanouir » plus qu’avec le désir de se débarrasser d’un symptôme ou d’une souffrance. Cette approche se distingue des démarches thérapeutiques. Dans celles-ci, la souffrance, et donc la demande, sont plus fortes. Dans un stage de développement personnel, on peut faire de l’expression corporelle et de l’art-thérapie pour développer son potentiel et par intérêt personnel. De tels séminaires font davantage appel à des techniques de groupe. Celles-ci cependant sont aussi utilisées en psychothérapie. Dans le développement personnel, c’est moins la technique qui diffère que la demande et la motivation. La notion de continuité de la démarche n’a rien à voir avec celle d’une thérapie. La personne peut participer à un groupe de Gestalt-thérapie lors d’un premier week-end, faire de l’art-thérapie lors d’un second, etc. Le développement personnel ne pâtit pas d’un éclectisme un peu touche-à-tout. Une thérapie nécessite au contraire de persévérer un certain temps dans la même démarche. …

Voit-on apparaître de nouvelles thérapies ?
Edmond Marc : On constate surtout à l’approfondissement des applications  des thérapies existantes. On observe aussi des phénomènes de mode. On assiste, par exemple, à un retour de l’hypnose en France, mais à travers la formepratiquée par le psychiatre étasunien Milton Erickson. Elle utilise un état hypnotique léger et des suggestions indirectes.
L’usage des thérapies comportementales et cognitives s’est accru en France au cours des dix dernières années, mais leur essor, aux états-Unis, date des années 50. On note un engouement pour la programmation neuro-linguistique (1), mais cette école s’appuie sur des recherches relativement anciennes. En résumé, on constate davantage des engouements nouveaux que de véritables innovations, que l’on pourrait nommer nouvelles thérapies.

Vous préférez une vision complémentaire à une vision antagoniste de différentes thérapies ?
Edmond Marc : Un psychothérapeute gagne à approfondir plusieurs démarches plutôt que de n’en connaître et de n’en pratiquer qu’une seule. La plupart d’entre nous ont été formés à plusieurs écoles et les combinent dans leur pratique. Cela signifie qu’un professionnel se présente souvent comme formé à une psychothérapie, mais en connaît aussi d’autres.
Si la psychanalyse et les thérapies comportementales et cognitives restent des frères ennemis, les thérapeutes qui pratiquent ces dernières ont pour plusieurs, à la base, une formation psychanalytique. Ils ont rallié les TCC soit par conviction, soit par souci de répondre aux inflexions de la mode et du marché. Ils les pratiquent tout en ayant une formation plus large, parce que cela leur semble plus efficace et leur permet des résultats plus rapides. Malgré ces polémiques entre écoles, on note une tendance assez nouvelle à l’intégration dans la pratique de différentes approches. C’est pourquoi on parle même de « psychothérapie intégrative ».

Comme vous le laissiez entendre tout à l’heure, c’est la qualité de la coopération entre la personne et le psychothérapeute qui prime ?
Edmond Marc : Oui. La réussite d’une thérapie dépend des qualités humaines du thérapeute : sens de la relation, aptitude à l’écoute, capacité de s’intéresser à autrui pour l’aider. Il ne s’agit pas des caractéristiques de telle ou telle école, mais des qualités plus « transversales » de tout bon psychothérapeute. Ce sont ces qualités qui vont permettre au patient de se sentir entendu, écouté. Ce sont elles qui vont fonder une bonne alliance thérapeutique.
C’est un travail coopératif. C’est ce qui le distingue d’une relation médicale plus technique.
En fait, il existe une règle commune à presque toutes les psychothérapies : dire aussi franchement que possible ce que l’on pense ou ressent. Dans une psychanalyse, on vous demande de dire tout ce qui vous passe par la tête. Dans la Gestalt-thérapie, on vous demande de dire ce que vous ressentez sans censure. Les échanges verbaux sont examinés dans les thérapies de la communication, comme l’analyse systémique ou transactionnelle.
En revanche, dans les thérapies comportementales, cette parole spontanée est moins présente. Ceux qui les pratiquent se sont beaucoup plus appuyés sur un modèle médical classique, selon lequel il suffirait d’un juste diagnostic du trouble pour proposer un protocole thérapeutique préétabli. Mais on constate que ces praticiens évoluent. Ils se sont rendu compte que la relation était un facteur important de réussite. Aujourd’hui, ils préconisent aussi l’alliance thérapeutique avec le patient, fondée sur une écoute empatique

La relation compte-t-elle plus que la méthode ?
Edmond Marc : Dans beaucoup les psychothérapies, on retrouve cette incitation, faite au patient, à se laisser aller ou à la libre expression. Le thérapeute n’a pas tellement d’autres moyens d’appréhender avec la plus grande justesse ce que pense et vit la personne. C’est principalement à travers la parole qu’il peut saisir ses difficultés et leur évolution. Des résistances peuvent se manifester. Il faut tenir compte des difficultés du patient à s’exprimer, à se confier ou à se remettre en question. Mais il doit essayer de jouer ce jeu. S’il dissimule ou n’essaie pas de trouver une certaine sincérité dans l’expression, la thérapie perd son sens et son efficacité. L’attention réciproque et la coopération jouent un grand rôle. Elles ne s’établissent pas sur une simple décision ou de façon mécanique. Mais ce sont des ingrédients indispensables pour la réussite de toute psychothérapie. •

* Psychologue et professeur à l’université de Paris X, Edmond Marc est auteur du Guide pratique des psychothérapies
(éd. Retz), plusieurs fois remis à jour depuis 1991 et du Changement en psychothérapie (éd. Dunod).

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Manque de confiance, morosité, mal-être…

Posté par Impatient le 4 juin 2009


Quand on tourne en rond, que le malaise croît jusqu’à perturber de façon durable son travail, ses relations amicales et familiales… Alors, il est peut-être temps de consulter.

psy[1]

« Une personne envisageant de demander l’aide d’un psy dit souvent qu’elle est mal dans sa peau ou qu’elle se sent malheureuse, remarque le psychanalyste Roger Perron (1). Elle laisse entendre que quelque chose ne va pas, mais qu’elle ne sait pas bien quoi. » D’autres évoquent telle ou telle situation spécifique. « Quand on parle des conflits et des deuils de la vie, il s’agit de difficultés psychologiques liées aux circonstances », précise le Pr Frédéric Rouillon, professeur de psychiatrie à l’université Paris V. Certaines, comme un chagrin d’amour, peuvent faire souffrir. Mais ce n’est pas une maladie comme la dépression, ou le trouble bipolaire où des phases dépressives alternent avec des accès d’exaltation.
« Certains problèmes ont trait à des modes relationnels conflictuels avec des collègues ou le conjoint, des enfants ou un supérieur, des parents ou des amis, détaille le
Pr Rouillon. Une sexualité mal assumée peut susciter des insatisfactions. Des difficultés sont liées à des situations ou des faits extérieurs : souffrance après un deuil, perte de travail, déception sentimentale, échec… D’autres sont définies par ce que l’on pense ou ressent. C’est le manque de confiance en soi. Cela peut être un sentiment de malaise, de mal-être existentiel, d’inconfort, de morosité ou d’insatisfaction. »

Ces difficultés psychologiques peuvent se traduire par une gêne faible et passagère. Il n’y a souvent rien à faire. « On trouve son “autothérapie” soi-même, affirme le Pr Frédéric Rouillon. D’une certaine manière, tout est psychothérapeutique. Si vous allez parler à une femme ou à un homme que vous aimez, c’est psychothérapeutique. L’acquisition d’une voiture qui vous plaît le devient. Une soirée avec de bons amis l’est aussi. Ce terme signifie : aller mieux grâce à une intervention psychologique. Toutes ces actions ont cet effet. »

Dans d’autres cas, ce que l’on tente pour aller mieux ne réussit pas. Le malaise croît. Il handicape. Il peut donner lieu à une souffrance psychique, plus ou moins grande, qui se prolonge. Ces tourments risquent d’aggraver encore la situation au travail, les bonnes relations avec son conjoint, ses enfants ou ses proches. Il devient utile de voir un psychothérapeute pour trouver des solutions au-delà des tentatives déjà effectuées.
Plus rarement, des prises de risques inquiètent vraiment. Des mises en jeu de sa vie ou de celle d’autrui surviennent : tentative de suicide, dépendance à l’alcool ou à une drogue en dépit d’un enjeu vital, violence se traduisant par des passages à l’acte sur un proche… Il
devient crucial d’en parler. Cela relève de l’accueil et du suivi attentif par une équipe de
professionnels formés aux « psychothérapies des périodes de crise »(2) et travaillant en équipe. On trouvera les adresses de ces équipes dans les centres médicopsychologiques.

Les troubles anxieux et dépressifs

Une personne peut développer des troubles anxieux ou dépressifs, termes qui désignent un large spectre de manifestations. « Les troubles dépressifs vont des réactions aux déceptions ou décès jusqu’aux maladies graves », nuance Frédéric Rouillon. Lorsque ces manifestations sont bénignes, on peut être triste quelques jours et ne plus l’être ensuite, sans s’être rendu à la moindre consultation, sans avoir pris le plus petit médicament. Légère et temporaire, la déprime relève des difficultés psychologiques. À l’opposé, la dépression mélancolique est une maladie grave et rare.

De même, l’anxiété peut présenter une large gamme d’expressions, des plus banales aux plus spectaculaires. « L’anxiété est normale, et même utile, chez l’être humain, rappelle-t-il. Elle mobilise nos ressources pour fuir ou faire face. Mais il existe aussi des formes exacerbées d’anxiété, dont l’ampleur ne présente aucune commune mesure avec la situation. » On glisse alors du domaine des réactions courantes à celles qui peuvent suffisamment gêner pour relever de la psychothérapie.

Questions, hésitations et solutions
« Dans ce type de situation, on a souvent tendance à incriminer des causes extérieures, indique Roger Perron. On accuse les temps actuels. Une personne citera les dysfonctionnements ou l’état fâcheux de la société. Une autre présentera ses difficultés et ajoutera : “Mais il n’y a qu’à regarder : tout le monde va mal.” Certains insistent sur “la faute à pas de chance”. D’autres mentionnent, en soupirant, leur femme ou leur mari. Ce sont souvent des faits réels. Mais s’y référer toujours peut empêcher de penser à d’autres aspects de sa vie. » Le thérapeute est tenté de répondre :  « Vous avez probablement raison. Cette société ne va pas bien. Mais il est utile de se demander quel effet cela fait à l’intérieur. » Sans pour autant constituer une démarche égoïste, une psychothérapie nécessite un peu de temps, non pour agir mais pour réfléchir au sens et aux raisons de ses actions. «C’est une démarche d’interrogation sur soi à partir de l’expression de ses difficultés, ajoute Roger Perron. Elle ne nie pas l’environnement, mais aide à aborder ses conflits intérieurs. »

« Par ailleurs, rencontrer un psy peut apporter quelque chose quand on tourne en rond, poursuit-il. C’est un professionnel avec qui on peut prendre le temps de parler. » On aura beau avoir beaucoup réfléchi seul, ce n’est pas pareil de le faire avec une tierce personne au cours d’une psychothérapie. « Empêtré dans ses difficultés, sans pouvoir en parler en profondeur à qui que ce soit, le dialogue avec soi-même se développe souvent de façon limitée. On fait alors les demandes et les réponses en conservant les mêmes postulats de départ.Cela revient souvent, insiste-t-il de nouveau, à adopter une posture où les difficultés sont toujours situées à l’extérieur. On incrimine ses parents. On évoque le conjoint qui vous quitte, les difficultés avec les enfants. On dénonce le réchauffement de la planète, la responsabilité du gouvernement ou des multinationales. Tout cela existe. Mais cette attitude peut aussi servir à escamoter, sur le versant intérieur, des questions que l’on devrait se poser à propos de soi. Entamer une psychothérapie peut contribuer à modifier ses postulats de départ. » Il ne s’agit pas de nier les faits, mais de faire la part des choses et de découvrir les origines, moins visibles et moins conscientes, de nos difficultés psychologiques.•

(1) Roger Perron est psychologue, psychanalyste, directeur de recherche au CNRS et auteur de Une psychanalyse, pourquoi ? Interédidions.
(2) Choisir sa psychothérapie – Les écoles, les méthodes, les traitements, Daniel Widlöcher, Michel-Marie Cardine, Alain Braconnier, Bertrand Hanin, éd. Odile Jacob.

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Spasmophilie – Qu’est-ce que la Spasmophilie. Association de spasmophiles

Posté par Impatient le 21 mai 2009


La spasmophilie est une hypersensibilité neuromusculaire et affective.
Sa prise en charge est pluridisciplinaire.

En 1989, à propos de la spasmophilie, Alternative Santé – l’Impatient titrait l’un de ses articles “La spasmophilie, une maladie démodée ?” et s’inquiétait de l’abandon de soins dans lequel se trouvaient les personnes atteintes, des femmes pour la plupart. Douze ans plus tard, cette pathologie suscite un regain d’intérêt et se débarrasse peu à peu de ses oripeaux de mal imaginaire et typiquement féminin… On en trouve un tableau clinique précis dans les Lettres d’informations médicales( Lettre Doctissimo Internet du 13 décembre 2001) : “La spasmophilie est un ensemble de signes associant des spasmes et une hyperexcitabilité musculaire. Elle est souvent familiale et touche plus volontiers les femmes. La plupart du temps, aucune cause n’est trouvée. Les crises aiguës, ou crises de tétanie seraient provoquées par une hyperventilation due à l’angoisse, qui modifierait les échanges entre calcium et magnésium au niveau cellulaire.”
Cette nouvelle approche de la maladie est liée à l’important travail des associations de patients dans de nombreux pays, entre autres la France et la Suisse, et à l’émergence dans le monde médical du diagnostic et du concept de fibromyalgie.

Explorer toutes les pistes

“La spasmophilie est une hypersensibilité neuromusculaire et affective, explique Geneviève Goreux-Marois (Pour en savoir plus sur la fondatrice et la vie de l’association, on peut lire : “Spasmophilie, refuser la fatalité, trouver la sérénité”, Opéra éditions. À commander à l’association 20,43 €.), 77 ans, fondatrice et ancienne présidente de l’association “Spasmophilie et sérénité”(89, bd Saint-Michel, 75005 Paris. Tél. : 01 43 54 99 13.
Adhésion 53,36€.
) Les spasmophiles souffrent de multiples malaises. Mais, ce n’est pas une maladie, c’est un terrain, un état de mal-être. Après dix-sept ans de travail et de recherches multiples sur cette affection, je peux affirmer qu’il existe trois grandes familles de spasmophiles.
Les spasmiques avec la composante contraction musculaire douloureuse et que les rhumatologues qualifient aujourd’hui de fibromyalgique ou encore de SPID (syndrome polyalgique idiopathique diffus). Les dépressifs qui souvent ne se reconnaissent pas spasmophiles et les anxieux qui aujourd’hui s’expriment davantage avec des crises d’angoisse et de panique qu’avec des tremblements.”
“Je sais écouter les spasmophiles, parce que je suis spasmophile, déclare Geneviève Goreux-Marois. En 1985, j’ai compris que tous mes problèmes de santé, en particulier une grave dépression, étaient dus à cette maladie et que la médecine hospitalière ne pouvait rien pour moi. C’est pourquoi, j’ai créé cette association.” Les objectifs étaient essentiellement de se donner les moyens de comprendre la maladie et d’explorer toutes les pistes susceptibles d’aider les personnes atteintes. Petite originalité, l’association se dotait aussi d’un groupe de recherche rassemblant des thérapeutes.
Les chemins explorés ont été multiples. Années après années, les thérapies ont été recensées ainsi que les moyens pouvant aider. La prise en charge de la spasmophilie est pluridisciplinaire et implique pour la personne concernée une grande persévérance. Ces travaux et recherches font l’objet de publications diverses que l’on peut se procurer auprès de l’association. Lors de la dernière conférence, le 16 mai 2001, on a discuté magnétothérapie et massages mais aussi psychophanie, une méthode dérivée de la communication facilitée, mise au point pour les autistes, et qui permettrait une plongée originale dans l’inconscient… Par ailleurs, un questionnaire destiné aux patients a été élaboré par le groupe des thérapeutes pour faciliter le diagnostic.

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La logothérapie découvrir un sens à la vie

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Anna-Maria Stegmaier, psychothérapeute, art-thérapeute et formatrice en sciences de la santé, enseigne la logothérapie (du grec logos : parole, raison), dite
« la troisième école de psychothérapie viennoise », après celles de Sigmund Freud et d’Alfred Adler (1). Elle témoigne pour Alternative Santé de cette discipline mondialement connue, conceptualisée par Viktor Frankl.

Alternative Santé : Qu’est-ce que la logothérapie ?
Anna-Maria Stegmaier :  Selon Viktor Frankl, l’inventeur de cette thérapie, la vie a un sens, une finalité, que chacun s’applique à chercher. Quand on ne trouve pas, l’envie de vivre vient à manquer, ce qui, à l’extrême, crée un sentiment de néant intérieur ou d’ennui profond. Ce « vide existentiel » peut dominer la vie des femmes et des hommes de tout âge. Il est aussi très répandu chez les jeunes. Il conduit, parfois, à la quête de pouvoirs, de plaisirs, au développement de maladies et de dépendances. La logothérapie invite à se dépasser, elle porte une dimension spirituelle forte, elle aide à reconnaître ses valeurs, à se découvrir unique, responsable de sa vie et à se réaliser.

A. S. : Comment trouver ce sens à la vie ?
Anna-Maria Stegmaier :  Inutile de chercher un sens abstrait ! Cela peut être des actes simples et quotidiens comme transmettre le savoir pour un enseignant, un parent ou un manager ; créer des espaces à vivre pour un architecte, un décorateur ou un urbaniste ; réaliser une œuvre pour un artiste ; ou dépasser une souffrance, dans le cas d’une maladie ou d’un handicap.
Aujourd’hui nous vivons dans une société de consommation, notre temps n’est pas ouvert à des valeurs qui transcendent le matériel.
J’ai travaillé avec un jeune de 18 ans, victime d’un accident de la route, il a eu les jambes amputées. Ses proches lui ont rendu visite, avec beaucoup de cadeaux et de friandises. Quand je suis venue lui demander comment je pouvais l’aider, il m’a répondu : « Donnez ces sucreries à ceux qui sauront s’en réjouir. » Il avait besoin d’autre chose.
Les rituels tels que les fêtes religieuses ou laïques, comme celle des moissons, pour remercier de la nourriture ont disparu. Ils permettaient de célébrer l’importance accordée à un événement ou une chose. Aujourd’hui, on consomme sans se poser de questions. On a perdu une certaine joie de vivre.

A. S. : Quel est le champ d’action de la logothérapie ?
Anna-Maria Stegmaier :  Névroses obsessionnelles  ou d’angoisse, frustrations … existentielles, tentatives de suicides, dépendances, démotivation, insomnies, bégaiements, etc. La logothérapie se propose de traiter de multiples maux. Elle recourt aux capacités « d’auto-transcendance » : l’orientation vers un but autre que soi-même, et à « l’auto-distanciation » : la volonté de ne pas admettre de se laisser imposer n’importe quoi par soi-même, et la capacité de se distancier de soi-même avec humour.
Les situations sont souvent très complexes et le logothérapeute peut prôner un traitement médicamenteux, avant de commencer l’accompagnement. Par exemple, pour les toxicomanes et les alcooliques : 90 % d’entre eux souffrent d’un « vide existentiel », et leur faire prendre conscience de leurs qualités et objectifs n’est souvent possible qu’après médication.

A. S. : Comment se déroule une séance de logothérapie?
Anna-Maria Stegmaier :  Le patient raconte son histoire. Le thérapeute met en relief les réussites, dégage les capacités et les valeurs chères à la personne. Il élargit ainsi son champ de vision pour qu’elle puisse modifier ses attitudes.
On ne focalise pas sur les points faibles, mais sur les qualités et les meilleures possibilités de l’avenir, car toute personne, même malade, porte en elle une pureté, un « noyau sain ». Viktor Frankl disait que« la dimension noétique » (du grec  noos : la dimension spirituelle) reste toujours saine, même si le patient souffre d’une maladie. C’est en cela que réside le « credo psychiatrique » du fondateur de la logothérapie. Chaque vie humaine est précieuse, même en cas de handicap, de psychose ou d’âge avancé. La logothérapie vise à recouvrer l’estime de soi et la dignité.
Le thérapeute travaille surtout verbalement, mais selon sa spécialité et la personnalité du sujet, il peut aussi utiliser l’art-thérapie, la kinésithérapie ou la musicothérapie.
Le temps est précieux, aussi la logothérapie fait partie des thérapies brèves : vingt séances doivent suffire à améliorer le trouble qui a conduit à consulter.

A. S. : Pourquoi vous intéressez-vous à cette psychothérapie?
Anna-Maria Stegmaier :  La logothérapie répond aux besoins de notre temps. Elle permet de développer la perception des valeurs, et de trouver un sens à sa vie. Il y a vingt ans, j’ai lu l’ouvrage de Viktor Frankl, et je me suis demandée pourquoi je n’en avais jamais entendu parler pendant mes études universitaires. J’ai trouvé un institut en Allemagne, et je m’y suis formée. Depuis, je consacre ma vie à faire connaître la logothérapie. Je n’ai pas écrit de livre car Viktor Frankl en a publié d’excellents, je préfère les mettre en valeur.
La logothérapie de Viktor Frankl a été reconnue par l’American Medical Society, l’American Psychiatric Association et l’American Psychological Association, comme école de psychothérapie fondée scientifiquement. Elle est aussi reconnue par l’European Association of Psychotherapy (EAP). Plusieurs revues paraissent dans le monde, des congrès nationaux et internationaux sont aussi organisés. En France, il y a en a eu deux : à Lyon en 2005 et à Strasbourg en 2006.
Le métier de « conseiller logothérapeutique » est reconnu en Suisse et en Autriche, inscrit aux registres des métiers. En France, l’intérêt pour cette discipline commence, je reçois déjà trois à quatre demandes de renseignements sur la logothérapie par jour.

Propos recueillis par Tiphaine Pascal

  1. Pour Sigmund Freud, la source de motivation est le plaisir ; pour Alfred Adler, la volonté de puissance ; pour Viktor Frankl, le sens de sa vie.

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