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Archive de la catégorie «Environnement»

Produits biologiques: Supériorité du bio

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Cela fait bientôt 40 ans que partisans et adversaires du bio se disputent pour savoir si manger bio est vraiment meilleur pour la santé. Et que l’on s’acharne à faire des études comparatives. Finalement le bio l’emporte largement.

bio

La majorité des études comparatives entre produits bio et conventionnels a porté sur les teneurs en nutriments. La supériorité du bio est incontestable pour un certain nombre d’entre eux :
- Vitamine C pour les légumes et certains fruits ;
- Matière sèche pour les légumes feuilles et les pommes de terre;
- Fer et magnésium pour certains légumes ;
- Qualité des protéines pour les céréales ;
- Oméga 3 pour la viande et les produits laitiers.
Pour les autres nutriments, les résultats sont plus variables, même s’ils sont assez souvent en faveur du bio. Mais l’essentiel de la supériorité des produits bio tient à d’autres causes.

Le rôle des polyphénols
On parle beaucoup, depuis quelques années, des polyphénols, des substances présentes dans de nombreux végétaux et qui nous protègent contre certains cancers et les maladies cardiovasculaires. Or, si pour les minéraux et les vitamines, la différence entre les teneurs des produits bio et celles des produits conventionnels est rarement considérable, il en va autrement des polyphénols. Dans la grande majorité des études comparatives, les produits bio en contiennent en effet nettement plus. Lorsqu’on sait que les plantes synthétisent ces constituants pour se défendre contre leurs ennemis (insectes, champignons) ou pour réagir à un stress, on comprend que les plantes cultivées en bio en fabriquent souvent plus que celles en conventionnel, qui sont protégées presque en permanence contre leurs ennemis naturels par des pesticides.

Davantage d’oméga 3 dans la viande et les produits laitiers
On connaît le rôle essentiel joué par les acides gras oméga 3 en matière de santé. Ce que l’on sait moins, c’est que la viande et les produits laitiers peuvent être sources de ces précieux acides gras, qui sont loin d’être négligeables. Mais leur teneur  en oméga 3 varie considérablement selon la manière dont les animaux ont été nourris. Elle est beaucoup plus élevée lorsqu’ils sont nourris à l’herbe, comme le plus souvent dans les élevages bio, qu’avec une alimentation à base de céréales, comme dans la plupart des élevages intensifs. Plusieurs études récentes (1) ont confirmé que le lait bio contient beaucoup plus d’oméga 3 que le lait conventionnel. L’une d’elles, réalisée aux Pays-Bas en 2005, a comparé le lait produit dans 5 fermes bio et 5 fermes conventionnelles : le lait bio contenait 2 fois plus d’oméga 3 que le conventionnel. Enfin, deux études, réalisées l’une en Suisse et l’autre aux Pays-Bas, ont montré que le lait maternel des mères mangeant bio était lui aussi plus riche en oméga 3 que celui des mères ayant une alimentation conventionnelle.
L’étude illustrée par le graphique ci-contre confirme l’écrasante supériorité, en matière d’oméga 3, du lait de vaches nourries à l’herbe. Il montre également que le fait d’ajouter des graines de lin  à l’alimentation de vaches nourries de manière conventionnelle enrichit certes leurs produits en oméga 3, mais beaucoup moins qu’une alimentation à l’herbe.

D’autres avantages nutritionnels
Pour de nombreux nutriments, la supériorité d’une nourriture bio par rapport à une nourriture conventionnelle tient aussi à d’autres facteurs que les techniques culturales proprement dites (fertilisation, lutte contre les maladies et les ravageurs, travail du sol, etc.).
- Le choix des variétés : celles cultivées par les producteurs bio sont souvent plus riches en vitamines que celles des conventionnels. C’est le cas par exemple pour les pommes. En conventionnel, la Golden reste de loin la variété dominante, puisqu’elle représente près de 40 % du marché. Or, c’est une des plus pauvres en vitamine C : elle en contient en moyenne 8 mg pour 100 g contre 20 à 30 mg pour certaines variétés anciennes (par exemple Reinettes ou Calville blanc). On trouve certes des Golden en bio, mais elles sont bien moins cultivées et consommées qu’en conventionnel.
- La possibilité de consommer la peau de nombreux fruits et légumes : en bio leur épluchage est souvent inutile, alors qu’il est recommandé, voire indispensable, en conventionnel, pour éliminer au moins une partie des résidus de pesticides qu’ils peuvent contenir. Or, la peau des fruits et la partie externe des légumes sont toujours plus riches en vitamines, en polyphénols et en fibres que l’intérieur. Par exemple, la peau des pommes contient 4 à 6 fois plus de vitamine C que la pulpe, les feuilles externes des salades sont plus riches en vitamines que le cœur.
- La consommation de produits complets : les céréales et les produits à base de céréales bio (farine, pain, pâtes et riz complets) peuvent être consommés sans raffinage, car ils ne risquent pas de contenir des pesticides, qui se concentrent dans les parties externes du grain. Or, l’essentiel de la richesse nutritionnelle des céréales (minéraux, vitamines, polyphénols, fibres) se trouve dans ces parties. Une étude récente (2) a révélé que les enveloppes et le germe du grain de blé contiennent 15 à 18 fois plus de polyphénols que l’intérieur du grain, qui donne la farine blanche.
- Des techniques d’élevage très différentes : les vaches nourries à l’herbe donnent un lait plus riche que celles nourries aux céréales, non seulement en oméga 3 mais aussi en antioxydants. Les différences peuvent être encore plus considérables que pour les acides gras, comme le montrent les chiffres ci-dessous (voir encadré page suivante), extraits d’une étude réalisée  au Danemark.

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Moins de nitrates dans les produits bio
Contrairement aux pesticides, les nitrates sont des substances naturelles. Ils sont même indispensables à la croissance des plantes, puisque c’est sous cette forme  qu’elles absorbent la plus grande partie de l’azote dont elles ont besoin. Le problème, c’est lorsque les teneurs en nitrates sont excessives. Elles peuvent être extrêmement élevées dans certains légumes comme  les salades et les épinards. Il ressort des contrôles effectués par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) dans … …l’hiver 2003 qu’un échantillon d’épinard sur quatre dépassait la limite légale de 3 000 mg de nitrates par kilo. Pour les laitues d’hiver, un échantillon sur douze contenait plus de 4 000 mg de nitrates par kilo. Ces chiffres sont énormes lorsqu’on les compare à la teneur en nitrates de l’eau : cette dernière est considérée comme non potable lorsqu’elle contient plus de 50 mg de nitrates par litre. Autrement dit, une portion de 200 g d’épinards à plus de 3000 mg/kg de nitrates apporte autant de ces constituants indésirables que 6 litres d’eau à la limite de la potabilité !

La grande majorité des études comparatives montre que les produits bio contiennent moins de nitrates que les conventionnels, ce qui est normal puisque la teneur en nitrates augmente avec les apports d’engrais azotés. Mais la saison joue également un rôle important. Pour transformer les nitrates en protéines, les plantes ont en effet besoin de lumière. En culture hivernale sous serre, la quantité de lumière n’est pas suffisante, et les nitrates s’accumulent dans la plante, qu’elle soit cultivée en bio ou en conventionnel. Le résultat est que les laitues bio sous serre contiennent souvent trop de nitrates, et que, dans ce cas, les différences avec le conventionnel sont plus faibles qu’en production de pleine terre. Une raison de plus pour consommer des produits de saison !

Mycotoxines : un mauvais procès fait au bio
Comme les nitrates, les mycotoxines sont des substances naturelles. Elles sont fabriquées par des moisissures qui peuvent se développer sur de nombreux produits agricoles avant ou après leur récolte. La plus connue est l’aflatoxine M1, qui contamine souvent les arachides, mais de nombreuses autres moisissures peuvent contaminer toutes sortes d’aliments, notamment le pain et les autres produits à base de céréales.
L’agriculture biologique n’utilisant pas de fongicides de synthèse, certains spécialistes en ont « logiquement » conclu que les produits bio devaient contenir davantage de mycotoxines que les conventionnels. Cette affirmation a été largement reprise par ceux qui avaient intérêt à discréditer le bio.

Or, un examen attentif des études comparatives réalisées en Europe depuis une dizaine d’années montre que tout cela ne repose sur rien. Certes, les produits bio peuvent, comme les conventionnels, contenir des mycotoxines, mais ils en contiennent plutôt moins que ces derniers. En effet, les fongicides utilisés en agriculture conventionnelle sont souvent peu efficaces, et un certain nombre de techniques de cette agriculture (monoculture, fertilisation chimique, non travail du sol, etc.) favorisent le développement des champignons producteurs de mycotoxines.

Résidus de pesticides : l’écrasante supériorité du bio
En moyenne, 50 % des produits conventionnels d’origine végétale contiennent un ou plusieurs pesticides, et la situation ne va pas en s’améliorant. Il peut arriver que l’on trouve un résidu de pesticide dans un produit bio, mais c’est très rare (3 à 5 % des échantillons), et les quantités trouvées sont toujours extrêmement faibles. Elles proviennent presque toujours soit de la contamination générale de l’environnement – air, eau, sol – soit d’un traitement effectué par un voisin. Le résultat – prévisible – est que l’organisme des consommateurs bio est beaucoup moins « imprégné » de résidus de pesticides que celui des consommateurs de produits conventionnels. Une étude récente (3), effectuée aux États-Unis, en a apporté la preuve. Deux groupes d’enfants d’âge semblable ont été comparés, mangeant les uns bio, les autres conventionnel. Les enfants « bio » avaient dans leur urine neuf fois moins de résidus d’insecticides organophosphorés que ceux nourris en conventionnel.

Le graphique (p. 27) est assez caractéristique de ce que l’on voit pour de nombreux produits : des traces de pesticides infimes – lorsqu’on en trouve – et de moins en moins importantes dans les produits bio, et des quantités beaucoup plus importantes et ne diminuant pas dans les produits conventionnels. Précisons que dans la très grande majorité des huiles bio, on ne trouve aucun résidu de pesticides. La présence de traces s’explique en général par le caractère récent de la conversion en bio.
Résidus de pesticides, quel impact sur notre santé ?
La question de l’impact sur la santé des résidus trouvés dans les produits de l’agriculture conventionnelle reste controversée. On trouve encore des toxicologues pour dire qu’il est négligeable. Une affirmation qui repose sur une conception totalement dépassée de la toxicologie. La toxicité des pesticides est en effet jugée molécule par molécule, sans tenir compte de l’« effet cocktail », c’est-à-dire du fait que nous absorbons quotidiennement plusieurs dizaines de substances chimiques, parmi lesquelles un certain nombre de pesticides.

Une autre raison pour laquelle les conclusions des dossiers de toxicologie établis par les firmes de pesticides en vue de l’homologation de leurs produits n’offrent aucune garantie, c’est la découverte – relativement récente – de l’effet sur le fœtus de doses considérablement inférieures à celles qui sont sans effet sur l’adulte. Parmi les effets des pesticides sur la santé, notamment à travers la pollution du fœtus, on peut citer :
- Un impact sur la fertilité, se traduisant par une diminution du nombre de spermatozoïdes, et probablement par l’augmentation des anomalies à la naissance telles que la chryptorchidie (testicules non descendus).
- Un impact sur les défenses immunitaires pouvant se traduire par une augmentation de la fréquence des maladies infectieuses (otites, varicelle, etc.) chez l’enfant.
- Un impact sur le comportement et le développement psychomoteur. À titre d’exemple, des chercheurs américains (4) ont mis en évidence une corrélation entre l’exposition du fœtus aux insecticides organophosphorés et la manifestation de réflexes anormaux chez les nouveaux-nés.
La synergie entre les pesticides et d’autres polluants commence seulement à être étudiée. Celle entre pesticides et nitrates a fait l’objet d’une étude particulièrement intéressante (5). Des souris ont été exposées à deux pesticides (aldicarbe et atrazine) et à des nitrates. Alors que l’exposition à chacun de ces polluants séparément avait peu d’effet, l’exposition simultanée, même à des doses très faibles, s’est traduite par des effets négatifs sur la thyroïde, par une tendance à la prise de poids et par une augmentation de l’agressivité.
Il ressort clairement de toutes ces données que si des personnes mettent aujourd’hui encore en doute l’impact favorable de la consommation de produits bio sur la santé, c’est qu’elles sont mal informées ou de mauvaise foi. Ce qui n’empêche pas, bien entendu, que – bio ou pas – une alimentation déséquilibrée  peut nous rendre malades !

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Nanotechnologies entre espoir et interrogations

Posté par Impatient le 22 mai 2009

Plus de 400 produits de consommation courante contiennent des nanoparticules. Alors que l’on ne sait pas grand-chose sur leur éventuelle toxicité !

Le nanomètre est au mètre ce que le pamplemousse est à la terre, infiniment petit. Les nanotechnologies se réfèrent à toutes les technologies utilisant des particules de l’ordre du nanomètre, c’est-à-dire 1 milliardième de mètre.
Il existe des nanoparticules d’or, d’oxyde de titane, de noir de carbone (autrement dit les extra mini-poussières de fumée de bougie). Elles se présentent sous différentes formes : nanotubes (de carbone), nanosphères, nanocubes, nanocristaux (encore appelés boîtes quantiques ou « quantum dots »)…

À ces dimensions-là, les propriétés physiques et chimiques de la matière se trouvent modifiées, comme le rappelle le groupe ETC dans son dernier rapport sur les nanotechnologies (1). « De manière générale, plus les matériaux sont petits, plus ils réagissent vite et violemment. Par exemple, le carbone, sous forme de mine de crayon est tendre et malléable, alors que sous forme de nanotubes, il devient beaucoup plus résistant que l’acier. » Le noir de carbone et le dioxyde de titane, classés potentiellement cancérigènes chez l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, le seront-ils moins ou plus à l’état nano ? On aurait pu penser que le règlement Reach (destiné à évaluer la toxicité des substances chimiques) résoudrait cette question, mais, rappelle l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, « ce règlement n’est limité qu’aux substances produites à plus d’une tonne par fabricant, non cumulable. Par ailleurs, il s’applique aux substances et non aux matériaux ». Or les nanos se trouvent souvent à la frontière entre les deux mondes.

Une toxicité encore méconnue
On ne sait rien de la présence de nanoparticules dans divers produits courants : médicaments, crèmes antirides, shampooings, chaussettes désodorisantes, pneumatiques, raquettes … …de tennis (2)… Pourtant, elles n’ont fait l’objet d’aucune évaluation quant à leur toxicité pour la santé humaine ou celle de l’environnement…
De plus, il n’existe pas de législation adéquate relative à leur étiquetage, ce qui permettrait « au consommateur de choisir en connaissance de cause et d’éviter, en vertu de la plus élémentaire prudence, l’utilisation de produits potentiellement dangereux », souligne le Grappe-asbl (Groupe de réflexion et d’action pour une politique écologique – Association sans but lucratif) (3).

Dès 2003, Greenpeace donnait l’alerte en dénonçant la méconnaissance générale liée à l’absence pure et simple d’études sur le sujet (4). Depuis, plusieurs programmes européens (Nanosafe, Nanoderm, Shape Risk…) ont été initiés pour étudier les dangers de ces particules, leur capacité à franchir la barrière de la peau, les moyens de les détecter…
Ce n’est qu’en janvier 2007 qu’une étude officielle du CNRS a démarré sur la toxicité des nanotubes de carbone. Découverts en 1991, ils entrent aujourd’hui dans la composition de matériaux courants : écrans plats, pneus, pièces de carrosserie (Renault et Peugeot) ou articles de sport (battes de baseball)… Lors du tour de France 2005, Floyd Landis roulait sur le premier vélo équipé d’un cadre aux  nanotubes de carbone.
L’étude du CNRS doit également examiner le devenir de ces matériaux après usage : leur dégradation, la libération des nanoparticules dans l’eau, l’air, les sols… La production annuelle mondiale de nanotubes de carbone (près de 99 tonnes en 2006) justifie sans doute cette attention, celles de noir de carbone (6 millions de tonnes par an, dont 200 000 en France), de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc (1 000 à 2 000 tonnes par an) mériteraient également d’être prises en compte.

Des cosmétiques révolutionnaires ?
Si les applications médicales des nanotechnologies restent balbutiantes (lire encadré page suivante), il en va autrement des compléments alimentaires et de la cosmétologie qui contiennent déjà des nanoparticules. Le Grappe, inquiet des possibles conséquences sanitaires, vient de lancer en Belgique une série de débats citoyens sur le sujet. L’Afsset (5) émet des doutes : « Il existe très peu de données publiées sur les expositions par voie cutanée aux nanoréseaux […]). Compte tenu de leur faible diamètre, leur pénétration cutanée pourrait être largement facilitée. Peu de travaux sont disponibles dans la littérature et leurs conclusions apparaissent contradictoires. »

D’autres sources d’exposition sont à craindre : les aliments que nous consommons ! Nanoforum (6), réseau d’information sur les nanotechnologies constitué avec le soutien de la l’Union européenne, rappelle que « les applications des nanotechnologies dans tout le secteur de l’agroalimentaire sont multiples et déjà opérationnelles ». Des films plastiques d’emballage, truffés de nanoparticules de silicate, réduisent les échanges gazeux entre l’aliment emballé et l’extérieur, et protègent du dessèchement, des moisissures, de l’oxydation… Autre secteur, lui, expérimental : les nanoparticules dans les aliments pour leur conférer diverses qualités concernant la composition (avec ou sans sucre), l’apparence (texture plus ou moins onctueuse, couleur, saveur) ou la conservation (par exemple la libération de conservateurs après ouverture de l’emballage).
Mais l’ingestion de telles particules pose question : leur possible traversée de membranes à effet barrière comme le placenta est dangereuse, leur persistance dans l’organisme pourrait être hautement pathogène…

Et l’exposition professionnelle ?
Fera-t-on face à une nouvelle affaire de l’amiante ? Pour certaines associations comme les Grenoblois de Pièces et Main d’œuvre (7), cela ne fait aucun doute. Ils assimilent les nanotechnologies à des « nécrotechnologies », au même titre que le nucléaire ou les biotechnologies. Il faut dire qu’à Grenoble s’est ouvert Minatec, un vaste complexe industriel, premier pôle européen sur les nanotechnologies. Sans aucune concertation avec la population. Sans information. « Minatec consomme à lui seul 15 % de l’électricité de la ville de Grenoble ! » s’indigne l’association. La concentration de l’air en nanoparticules devient en Isère beaucoup plus élevée qu’ailleurs…
Avec quels risques ? L’Afsset rappelle sans ambiguïté que les nanoparticules « peuvent entrer dans l’organisme par trois voies principales : respiratoire, cutanée et digestive ». Des experts du CNRS estiment qu’en 2010, plus de deux millions de salariés y seront exposés.  Or, « aucun masque ne peut les arrêter », alerte le toxicologue Alain Lombard.
Si bon nombre des recherches tiennent encore de la science-fiction, il n’en reste pas moins que nous sommes bel et bien entrés dans l’ère des nanotechnologies, souvent sans le savoir et sans en connaître les conséquences à long terme sur la santé humaine. On s’étonnera décidément toujours d’une politique de développement qui consiste à faire d’abord et voir ensuite !

clara delpas

(1) « Un infiniment petit guide d’introduction aux technologies à l’échelle nanométrique… et à la théorie du big bang », ETC-Group, juin 2005. ETC (Érosion, Technologie et Concentration) Group est un groupe d’action nord-américain qui se consacre à la conservation et au développement durable de la diversité culturelle et écologique et des droits de l’homme.
Site Internet : www.etcgroup.org.
(2) Inventaire des produits nanotechnologiques disponibles sur le marché mondial. Site Internet : www. nanotechproject. org
(en anglais).
(3) Grappe – ASBL, 26, rue Basse-Marcelle, B-5000 Namur.
Tél. : 00 32 81 23 09 69 ; Site Internet : www.grappebelgique.be
(4) Future Technologies,
Today’s Choices : Nanotechnology, Artificial Intelligence and Robotics. A technical, political and institutional map of emerging technologies. Rapport de Greenpeace, juillet 2003 (en anglais).
(5) Les Nanomatériaux.  Effets sur la santé de l’homme et sur l’environnement, rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), juillet 2006. Téléchargeable à l’adresse suivante : http://www. afsset.fr/index.php?pageid=707&parentid=424
(6) Nanotechnology in agriculture and food, rapport de Nanoforum, mai 2006. Il s’agit d’un réseau européen qui a pour objectif d’informer et de mettre en relation les experts en nanotechnologies.
Site Internet : www.nanoforum.org.
(7) PMO (pièces et main d’œuvre), site Internet : http://pmo.erreur404.org.

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Comportement alimentaire: Ce qui nous pousse à manger

Posté par Impatient le 16 mai 2009

« C’est l’heure de manger ! » Mais, avons-nous réellement faim ? Mangeons-nous par habitude, par gourmandise, pour compenser ou pour grossir ? Notre alimentation est-elle le reflet de nous-mêmes ?

Ce que la vie serait simple si nous ne mangions que par faim ! Comme les animaux, nous partirions à la chasse aux aliments, piochant dans le réfrigérateur ou le garde-manger de quoi nous sustenter. Mais, nous sommes des êtres de désir et de cœur…

Notre appétit est aiguisé par nos sens
Ce n’est pas seulement notre estomac qui nous invite à passer à table ; nos sens y sont pour beaucoup. Qui ne salive pas devant une vitrine de pâtissier ? Qui n’a pas eu son appétit ouvert en sentant les bonnes odeurs d’un plat qui mijote ou en entendant, par exemple, les crépitements d’une friture ? Un boucher a même avoué un jour que le simple fait de toucher la viande lui donnait des envies de bonne chère ! En ce qui concerne le goût  en tant que déclencheur de faim, tout est dit dans le vieil adage « l’appétit vient en mangeant ». Par l’action de nos sens, notre organisme se prépare à digérer le mets convoité avant même d’avoir porté une seule bouchée à nos lèvres. Ils nous font venir l’eau à la bouche et secréter de l’insuline. « Le goût et l’odorat sont nos sens les plus archaïques, écrit le Dr Gérard Apfeldorfer dans Je mange donc je suis (voir bibliographie p. 16). Ils sont, en outre, anatomiquement et physiologiquement inséparables de nos affects ainsi que de notre mémoire. À toute sensation gustative est associée de façon absolument automatique, une émotion, une réaction affective de plaisir ou de déplaisir qui lui confère une coloration particulière. » Ainsi, nous ne mangeons pas seulement pour approvisionner notre corps et notre cerveau en calories et nutriments, mais aussi pour nous donner du plaisir. Résumer l’alimentation à sa dimension santé est donc une erreur et un leurre. Car nous mangeons d’abord parce … … que c’est bon, surtout en France, pays de la gastronomie par excellence. Mais, ce qui est bon pour soi ne l’est pas forcément pour un autre.

L’aliment, miroir de notre personnalité
Pour Olivier Soulier, médecin homéopathe et spécialiste du décodage symbolique, « chaque aliment porte en lui une valeur symbolique ». Ainsi, nos préférences et dégoûts alimentaires seraient le miroir de notre personnalité et de notre histoire familiale. « La  viande est un aliment de la conquête et de la structuration. Elle porte en elle une stimulation de notre agressivité face à des situations difficiles où nous devons conquérir ou garder notre territoire. » Le rapport aux laitages est particulièrement parlant. « Le désir de lait traduit le besoin maternel. Chaud, c’est un besoin similaire à celui que nous avions quand le lait sortait chaud du sein. Froid (comme dans les yaourts par exemple), c’est le désir de beaucoup de ceux qui ont manqué de mère, du moins telle qu’ils l’auraient voulue. L’aversion pour le lait traduit souvent un mauvais rapport à la mère dans la petite enfance. » Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es…

Les nourritures détournées
Nous assignons inconsciemment à la nourriture la mission de nous nourrir de l’intérieur. C’est la fameuse « madeleine de Proust » : en mangeant un aliment, on ingère aussi tous les souvenirs et toutes les émotions qui y sont rattachés. « Lorsque je vois sur la carte des desserts “œufs à la neige”, je ne peux pas m’empêcher de les commander, même si je suis systématiquement déçue par leur goût. Mais, ça me rappelle trop ma grand-mère… », reconnaît Isabelle, qui, en lapant la crème anglaise, se remémore l’amour de son aïeule. D’autres mangent pour faire face au vide ou aux angoisses de leur vie. Grignoter peut ainsi être un moyen de tromper son ennui, pallier sa solitude, étouffer sa colère, calmer son anxiété, remplir ses manques, etc. La nourriture devient alors une arme pour gérer ses émotions. À court terme, du moins. Car, même si manger agit sur le moment tel un antidépresseur, le transfert alimentaire augmente un peu plus chaque fois le mal dont on souffre. Les boulimiques en savent quelque chose : culpabilité et mésestime de soi suivent toujours le calme produit par l’ingurgitation d’une tablette entière de chocolat.

Manger pour faire le poids
On peut aussi, sans le savoir, manger dans l’optique de grossir. Cela vous étonne et pourtant… Combien de personnes prennent du poids littéralement pour « faire le poids » face à un adversaire ou pour se protéger de blessures corporelles ou affectives potentielles ? Et être gros, n’est-ce pas aussi un excellent moyen de s’assurer d’être vu lorsqu’on a été abandonné et d’être incontournable lorsqu’on a souffert de peu de considération ? Notre inconscient peut ainsi nous pousser à manger pour répondre à un besoin psychique ou affectif. « Plus on a de kilos en trop, plus on a de conflits de poids », assure Evelyne Gambino, psychogénéalogiste, auteur de Bye-bye les kilos ! (voir bibliographie ci-contre). Elle a dénombré douze origines majeures à la prise de poids : un abandon, une impossibilité de vivre sa féminité ou sa masculinité, un vœu de fidélité, une absence de communication, etc. Ces conflits de poids seraient programmés sur plusieurs générations. Ce qui expliquerait que la volonté de maigrir soit, dans certains cas, insuffisante face à la puissance des pulsions inconscientes. À moins d’un travail thérapeutique, bien entendu… ou de tomber amoureux. Car l’amour passionnel nourrit tant et si bien le cœur que le corps en oublie sa faim.

Christine Delmar

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Les dérapages du biocarburant

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, la France a engagé une politique en faveur des biocarburants. Au dernier Salon de l’agriculture, l’un des halls était même transformé en salon de l’auto « bio ». À l’heure où il devient urgent de développer des alternatives au pétrole, que pouvons-nous espérer de ces carburants végétaux ?

Ce que nous appelons « bio » carburants n’a rien à voir avec l’agriculture biologique. Il s’agit des carburants d’origine végétale par opposition aux carburants issus des ressources fossiles. Actuellement, on produit principalement du biodiesel (de la marque Diester), issu du colza, tournesol ou palmier et de l’éthanol, à partir des betteraves, cannes à sucre et céréales. Jusqu’à présent, ils étaient peu développés car d’un coût trop élevé. Mais avec la hausse
du prix du pétrole, ils deviennent compétitifs. Leurs atouts : ils proviennent de ressources renouvelables, peuvent être produits localement, offrent de nouveaux débouchés à l’agriculture et dégagent moins de CO2. C’est pourquoi la France, engagée dans un processus de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre conformément au protocole de Kyoto, mise sur ces carburants alternatifs. Le Plan Climat lancé en 2004 par le gouvernement prévoit d’atteindre 5,75 % de biocarburants dans les moteurs d’ici 2010, soit environ six fois plus qu’aujourd’hui. Depuis novembre 2005, l’objectif a même été revu à la hausse : 7 % en 2010 et 10 % en 2015. Mais des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer cette politique. Car ces carburants ne sont pas si écologiques que cela.

Manger ou conduire, il faut choisir ?
Selon que l’on prend en compte tel ou tel paramètre (CO2 émis par le tracteur, fabrication des engrais, distillation, transport, valorisation ou non des sous-produits (1)…), les résultats en terme d’émissions de gaz à effet de serre sont très variables. Difficile de trancher entre les études, mais ce qui est certain, c’est que des spécialistes concluent à une faible économie d’émissions par rapport aux hydrocarbures. De plus, il a été prouvé que, comme leurs homologues pétroliers, les biocarburants ont une mauvaise efficacité énergétique. Certains produisent à peine plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour les fabriquer ! Mais le principal problème de ces nouveaux carburants reste la compétition avec la production de nourriture. Selon l’énergéticien Jean-Marc Jancovici, pour produire 50 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), soit la consommation française pour le transport en 2002, il faudrait cultiver du colza sur toute la surface du pays. Avec la betterave, nous aurions besoin de 120 % de la surface de notre territoire. Et avec le blé 2700 % ! Selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), nos surfaces en jachère suffiraientà peine à atteindre les 5,75 % de biocarburants dans nos moteurs.

Exploitation et déforestation du Sud
Pour pallier ce manque d’espace, et pour des raisons de coût évidentes, les firmes du Nord investissent massivement dans les pays du Sud, qui se lancent dans la culture des biocarburants pour l’exportation. Mais même si nous affections la totalité des terres arables dans le monde à la production de biocarburants, nous n’aurions pas de quoi faire rouler tous nos véhicules… et plus rien à manger ! Or on rase des forêts pour en faire des terres agricoles.
Selon Les Amis de la terre, en Asie du Sud-est, la forêt disparaît au profit de la culture du palmier à huile comme carburant et les populations sont déplacées avec brutalité. L’ONG dénonce également des pratiques d’esclavagisme moderne envers les ouvriers des champs de canne à sucre au Brésil. Des champs qui, pour répondre à la demande de l’Occident en éthanol, se multiplient, là aussi en rasant des milliers d’hectares de forêt. Ce qui ne fait qu’augmenter l’effet de serre…

Une aubaine pour l’agrobusiness
Les agrocarburants, comme on les appelle aussi, sont cultivés en intensif avec recours en masse aux engrais chimiques, aux pesticides et à l’irrigation. Ce qui accroît l’érosion des sols, la diminution des ressources en eau et les pollutions à tous les niveaux. De plus, parce qu’ils ne sont pas ingérés, les biocarburants risquent d’être une porte ouverte aux OGM. Certains OGM spécialement conçus pour les carburants existent déjà, comme ce maïs de chez Syngenta, modifié pour produire une enzyme qui dégrade l’amidon de maïs en sucre, nécessaire à la fabrication d’éthanol. D’autres sont à l’étude chez Monsanto et les autres multinationales de semences et phytosanitaires. Les biocarburants constituent donc avant tout un marché juteux pour les géants de l’industrie. « Nous assistons à une terrifiante […] concentration des grands capitaux entre l’agrochimie, les biotechnologies, l’agroalimentaire et les sociétés pétrolières, avec la complicité bienveillante des États », s’alarme Dominique Guillet, président de l’association Kokopelli(2). Pour encourager la production, l’État reverse en effet à l’industriel une partie de la Tipp (3). « Cette somme est suffisante pour acheter la matière première agricole et rémunérer la main d’œuvre », explique Patrick Sadones, agriculteur et auteur d’une étude pour le Réseau Action Climat. « Les cultures [européennes] étant par ailleurs subventionnées par la politique agricole commune (Pac), en cumulant les deux aides, le soutien public s’élève à environ 175 % de la valeur du kilo de blé ! »

Des initiatives prometteuses bloquées
Tandis qu’il subventionne les industriels, le gouvernement interdit l’utilisation de l’huile végétale brute (tournesol, colza), sauf pour les machines agricoles et, depuis janvier 2007, pour les véhicules des collectivités, mais avec une taxation élevée et dans le cadre d’un protocole qui n’est pas encore mis en place. Pourtant, ce biocarburant est le moins gourmand en énergie, eau, engrais, et favorise les filières courtes. Développée à des échelles locales, avec une remise en question du tout-voiture et une politique volontariste en faveur des modes de transports propres et des énergies renouvelables, l’huile végétale brute pourrait être une alternative intéressante au pétrole. Les élus de la Communauté de communes du Villeneuvois (47) l’ont bien compris. Depuis 2005, ils font rouler leurs camions poubelles à l’huile de tournesol pure, fabriquée par les paysans locaux. Et se retrouvent sous le coup d’attaques en justice répétées de la part de l’État. Comme le résume avec indignation Olivier Dourte de la communauté de communes : « Il y a des carburants autorisés par l’État en accord avec les lobbies, et d’autres interdits parce que les industriels n’y trouvent pas leur compte. »

Emmanuelle Mayer

(1) Valorisation des sous-produits : par exemple, le tourteau, sous-produit de la fabrication des huiles végétales peut nourrir le bétail, et remplacer ainsi le soja importé de loin, avec lequel nos bêtes sont majoritairement nourries.
(2) Article « Mettez du sang dans votre moteur, la tragédie des nécro-carburants » par Dominique Guillet, Président de Kokopelli, association qui défend les semences paysannes et les pratiques agro-écologiques.
A lire sur le site Internet : www.kokopelli.asso.fr
(3) La Tipp ou Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers.

en savoir plus quelques sites internet
Plan Climat : téléchargeable sur le site www.ecologie.gouv.fr
J.-M. Jancovici, énergéticien et consultant: www.manicore.com
Les Amis de la terre : www.amisdelaterre.org
Kokopelli : www.kokopelli.asso.fr
Réseau Action Climat France : www.rac-f.org
Communauté de communes du Villeneuvois: www.cc-villeneuvois.fr

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Jumeaux, une paire inséparable ?

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Que nous soyons ou non directement concernés, la gémellité ne laisse pas indifférent. Ils interrogent sur le caractère unique de l’être humain et nous font rêver à cet autre qui serait un peu soi. Mais, il n’est pas simple d’être deux et un à la fois…

jumeaux

Depuis l’introduction dans les années 1980 de la fécondation in vitro, le nombre de naissances gémellaires a augmenté d’un tiers, celui des mises au monde de triplés a été multiplié par deux. Pourtant, ces frères et sœurs nés le même jour continuent à être sujets d’émerveillement, mais aussi d’inquiétude ou de perplexité. Faute aux nombreuses légendes dont ils sont les héros tels Jacob et Esaü, Castor et Pollux ou Remus et Romulus, et aux mystères qu’ils représentent, malgré l’existence d’une science, la gémellologie, qui étudie, à travers les jumeaux, la part de l’inné et de l’acquis chez l’Homme. Faute aussi  au « syndrome du jumeau fantôme » selon lequel 15 à 20 % de la population auraient vécu quelques jours à quelques semaines in utero avec un jumeau sans que la gémellité soit diagnostiquée. « Une population substantielle de sujets nés seuls sont en fait les produits d’une embryogénèse gémellaire et peuvent montrer une concentration de toutes les difficultés de développement auxquelles les jumeaux sont connus pour être spécifiquement sujets », affirme le généticien américain Charles Boklage. Faute enfin au désir inconscient de chacun de trouver son double, son âme sœur…

Une conscience spécifique
Les jumeaux ont, en effet, cette particularité de former une paire pour la bonne raison que, de leur conception à la fin de l’adolescence, ils suivent sensiblement le même rythme de croissance. De ce parallélisme découle une double conscience de soi : en tant qu’individu, mais également en tant que membre d’une paire. Ce qui explique que les jumeaux aient tendance à dire « nous » plutôt que « je » ou encore, comme Alizé et Mélodie, à compter à partir du chiffre 2, comme si le 1 n’existait pas dans leur vécu propre. Dans leur relation à la mère, il n’y a que rarement de relation duelle car, même si elle allaite ou baigne individuellement ses bébés, elle le fera généralement en pensant que l’autre attend. « Une complicité absolue est tout simplement impossible pour la plupart des mères de jumeaux, observent les professeurs d’obstétrique Jean-Claude Pons et Emile Papiernik et la psychologue Christiane Charlemaine dans leur Guide des jumeaux (éd. Odile Jacob). L’attention individuelle se caractérise par sa brièveté et la continuelle oscillation d’un bébé à l’autre. » Les jumeaux forment de fait un couple, ce qui les rend moins ouverts sur l’extérieur. Un tiers d’entre eux témoignent, par rapport aux autres enfants, d’un retard de langage de quelques semaines à 6 mois. Certains vont jusqu’à inventer leur propre langage auxquels eux seuls ont accès.

Une identité distincte
Les parents de jumeaux auraient tendance à développer, consciemment ou inconsciemment, leur similitude en leur attribuant des prénoms présentant les mêmes initiales ou sonorités, des vêtements identiques ou, au contraire, juste de couleur différente.
Laura a toujours mis un point d’honneur à habiller différemment ses filles. « Oui, elles sont jumelles, dit-elle, mais elles ont chacune leur personnalité et elles ne se ressemblent pas plus que deux sœurs. » Elle s’est aussi battue contre l’appellation « les jumelles ». « Lorsqu’on a déménagé, elles ont eu beaucoup de mal à s’intégrer dans leur nouvelle classe car leurs camarades les considéraient comme un bloc, et non comme deux individus séparés.

Et on n’est pas ami avec un duo, mais avec une personne en particulier… » Depuis les travaux de René Zazzo dans les années 1960, tous les scientifiques reprennent les idées phares du chercheur en psychologie de l’enfant, spécialiste de la gémellité : « Chaque individu est une personne unique au monde. Les jumeaux ne sont pas une seule personne en deux exemplaires. » Ainsi, tant les professeurs Pons et Papiernik que Christiane Charlemaine affirment aujourd’hui que « tous les jumeaux, y compris les monozygotes [issus du même ovule], émergent du temps troublé de la grossesse comme des individus uniques, avec des attirances et des manifestations comportementales assez distinctes ». René Zazzo explique aussi les différences de personnalité par les effets de couple, chaque jumeau évoluant en fonction des interactions avec son cojumeau : « Deux êtres liés par une relation forment une structure entre eux […]. Les jumeaux, et eux seuls, nous permettent de voir la part du troisième facteur – la vie en commun – qui va les différencier sur certains points, créer des complémentarités ou les faire se ressembler sur d’autres points. »

Les auteurs du Guide des jumeaux reconnaissent ainsi que « les jumeaux qui sont encouragés à avoir des amis propres, des activités et des objets personnels, qui sont individualisés par leur environnement, sans stéréotypes, et complimentés quand ils le méritent, grandiront avec un sens d’identité individuelle, de valeur personnelle et de confiance qui leur permettra d’avoir une bonne relation aussi bien avec leur cojumeau qu’avec leur famille et leurs amis ».

Amis ou rivaux ?
Entre jumeaux, la jalousie est omniprésente. Les parents de Guillaume et Charles ont ainsi remarqué que lorsqu’ils  offraient à chacun un cadeau, le premier regard porté par les deux jumeaux allait en premier lieu au cadeau… de l’autre ! « Au cas où l’un aurait un plus gros présent que l’autre… », s’amuse le père. Le cojumeau n’est ainsi – loin s’en faut – l’ami indéfectible ; il peut au contraire représenter un dangereux rival. Bon nombre d’entre eux se fâchent à l’âge adulte pour en finir avec les comparaisons, pour pouvoir trouver son espace dans ce couple qui les enferme, pour ne plus être confronté au jumeau préféré, pour quitter le rôle assigné et prendre pleinement possession de toutes ses capacités, pour sortir de sa position de dominé face au jumeau dominant…, bref, pour devenir soi.

Les psychanalystes s’accordent sur le fait que le processus de séparation entre jumeaux est aussi difficile que celui entre une mère et son enfant. D’où l’importance du rôle des parents qui doivent les aider, encore plus que pour de simples frères et sœurs, à acquérir leur identité propre. « La vraie liberté pour eux, c’est de leur apprendre à être différents afin de pouvoir être identiques ponctuellement s’ils le désirent », lance Muriel Decamps, auteure de Les jumeaux (éd. Cavalier Bleu). Savoir que les jumeaux séparés se ressemblent davantage – l’absence d’effet de couple permettant à l’inné de s’exprimer pleinement – devrait donner envie aux parents d’enfants multiples de contribuer à leur individualisation.

Ensemble ou séparés en classe ?
Des études récentes menées conjointement aux États-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas sur 878 paires de jumeaux de 5 à 7 ans tendent à prouver que ceux qui sont séparés tôt s’avéreraient plus anxieux et moins performants en lecture que ceux scolarisés dans la même classe. Pourtant, Muriel Decamps affirme que « l’Institut Mendel de Rome qui a analysé plus de 18 000 cas de jumeaux, a conclu que leur séparation à l’école était toujours positive. » Mais, elle rajoute : « Sans aller à l’encontre de ces résultats, il est toutefois important de nuancer. Une décision de séparation se passe bien si elle n’est pas prise arbitrairement, contre l’avis des intéressés. Sinon, on risque d’obtenir l’effet inverse de celui recherché, c’est-à-dire un rapprochement fusionnel des jumeaux, ou bien d’entraîner une dépression. » Donc, à chaque parent de jumeaux de décider de les scolariser séparément ou non et si oui, à quel âge. René Zazzo préconisait la séparation à l’entrée du CE1, tandis que Régine Billot, auteure de Les Jumeaux (éd. Balland), la recommande en moyenne section de maternelle. Là aussi, les avis divergent, preuve qu’en matière de gémellité, il en est comme pour les autres enfants : il n’existe que des cas individuels.

Christine Delmar

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Wi-fi : surfer sans fil mais pas sans risque !

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Sans fil ou portables, les téléphones sont entrés dans notre quotidien. Aujourd’hui, le Wi-fi, cette technologie qui permet de surfer sans fil sur Internet, est en plein essor en France. Pourtant, les risques existent !

wi-fi

Le Wi-fi (Wireless Fidelity ou fidélité sans fil) permet l’échange d’un très grand nombre de données informatiques instantanément à travers les airs. Cela permet de se connecter à l’Internet sans fil et à haut débit ! Pourtant, les appareils et antennes fonctionnant en Wi-fi ne sont ni plus ni moins que des émetteurs et/ou récepteurs d’ondes électromagnétiques vibrant à la même fréquence que celle des micro-ondes (2 400 MHZ) ; c’est le cas également de la dernière génération (UMTS) des téléphones portables. Or ces ondes, qui traversent la matière, sont sur la sellette depuis plusieurs années… parce qu’elles affectent les organismes vivants.

Pour commencer, elles agitent les molécules d’eau, provoquant l’échauffement de tous les matériaux qui en contiennent, comme les tissus riches en eau qui composent la peau ou le liquide céphalo-rachidien qui baigne le cerveau. « Des études ont établi qu’après seulement trois minutes de connexion, la température de la zone de contact de la tête avec un téléphone portable, quel qu’il soit, augmentait d’un degré Celsius », souligne Catherine Gouhier, directrice scientifique en charge des mesures au Centre de recherche et d’information indépendante sur les rayonnements électroniques (Criirem) (1). Ces effets thermiques, incontestables et incontestés, servent à établir les normes maximales d’émission des téléphones mobiles, définies par les débits d’absorption spécifique (Das). Ces normes nous évitent juste d’avoir la tête qui brûle lorsque nous téléphonons trop longtemps. Mais, « pour le Wi-fi, on met sur le marché des appareils sans aucune certification ni normes. C’est un non-sens ! », s’insurge-t-on au Criirem, qui demande une meilleure transparence des constructeurs sur ces technologies et des études plus poussées sur les effets de ces ondes.

Leucémie, maladie d’Alzheimer ,cancer…
Les ondes électromagnétiques ne produisent pas que des effets thermiques. Selon certaines études, elles « stressent » l’organisme, entraînant une production d’adrénaline. Elles agissent directement sur l’ADN des cellules, en inhibant les mécanismes naturels qui en protègent l’intégrité(2). Enfin, elles attaquent la barrière hémato-encéphalique,  qui préserve les cellules du cerveau. « Le fait d’exposer, même à de faibles niveaux, le cerveau aux fréquences des ondes électromagnétiques, utilisées par la téléphonie mobile et le Wi-fi, pendant un temps assez long, fragilise la barrière hémato-encéphalique, qui devient de plus en plus perméable, finissant par laisser pénétrer à l’intérieur du cerveau des molécules qui n’ont rien à y faire », s’alarme Catherine Gouhier.

Pour le Criirem, la généralisation du Wi-fi et de la téléphonie mobile est dangereuse pour la santé publique. Un cri d’alarme que vient étayer le rapport « Bio Initiative » rédigé par une vingtaine de scientifiques américains, médecins pour la plupart, paru le 31 août dernier (3). Ce rapport, basé sur des centaines d’études, a recensé les principaux impacts sur la santé des ondes électromagnétiques, qu’elles proviennent de la téléphonie mobile ou du Wi-fi : leucémie infantile, différents types de cancer, maladie d’Alzheimer, tumeurs au cerveau, problèmes  acoustiques (névromes, acouphènes) ou nerveux (troubles du sommeil et de la mémoire, maux de tête, problèmes de concentration) et altération de l’ADN (cassure par échauffement, modification de la biochimie de la cellule)…

Une exception française
À ses débuts, le Wi-fi était cantonné à un petit espace (domicile ou lieu de travail) : chaque abonné à Internet peut en effet connecter sa ligne ADSL à une borne émettrice et, pour peu qu’il dispose d’un ordinateur équipé d’une carte spécifique, se connecter sans fil à Internet.
Puis, doucement, cette technique est sortie dans la rue, nous y exposant, la plupart du temps à notre insu ! Les fournisseurs d’accès ont commencé à équiper les aéroports, les gares et les cafés de telles bornes, permettant à l’internaute en vadrouille de continuer à surfer. Des antennes Wi-fi ont également fleuri sur les toits aussi dangereuses pour le voisinage que celles de téléphonie mobile classique.
Le développement du Wi-fi est exponentiel : 31 000 bornes ont été  autorisées en France  par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) au mois d’avril dernier. L’Arcep considère en effet que « la technologie est mature » (4) désormais. Les lieux publics sont peu à peu équipés par les municipalités. Rien qu’à Paris, cet été, 400 bornes en libre accès ont été installées. Elles sont principalement situées dans les bibliothèques municipales et les jardins publics, où l’on peut désormais surfer au vert, installé sur un banc doté  de prises électriques et disposé à proximité d’une borne juchée sur un réverbère.
À l’inverse de l’engouement qui se développe dans L’Hexagone, nos voisins britanniques font marche arrière ! Une émission de la BBC alertant sur la puissance de radiation électromagnétique des ordinateurs portables fonctionnant en Wi-fi, (trois fois supérieure à celle d’ordinateurs connectés classiquement au réseau téléphonique) a déclenché un début de panique. Parents d’élèves et syndicats d’enseignants ont exigé une enquête sur les effets du Wi-fi sur la santé et le retrait de ce type d’équipement des écoles ! 80 % des établissements du secondaire et la moitié des écoles primaires du pays étaient déjà équipés. Cela au nom du principe de précaution. Une précaution élémentaire quand on en sait si peu encore, mais dont les Français semblent peu se soucier !

Clara Delpas

(1) Criirem : 02 43 21 18 69 ; http://www.criirem.org
(2) Biochem. J. (2007) : « Mechanism of short-term ERK activation by electromagnetic fields at mobile phone frequencies », Joseph Friedman, Sarah Kraus, Yirmi Hauptman, Yoni Schiff and Rony Seger.
(3) BioInitiative Report : A Rationale for a Biologically-based Public Exposure Standard for Electromagnetic Fields (ELF and RF) http://www.bioinitiative.org.
(4) « RLAN et Champs électromagnétiques » : synthèse des études conduites par Supélec. Etude commandée par l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes, avril 2007.

Appel de l’europe
L’Agence environnementale européenne (EEA) lance un appel pour réduire immédiatement l’exposition au rayonnement du Wi-fi, des téléphones portables et de leurs pylônes. Cette demande fait suite aux conclusions d’une revue scientifique internationale concernant les limites de sécurité fixées par trop indulgentes et à celle d’un rapport britannique qui n’exclut pas l’augmentation de cancers venant de l’utilisation de téléphones portables.
www.nzherald.co.nz/section/2/story.cfm?

Conseils Se protéger du Wi-fi…

Attention à la publicité ! La plupart des dispositifs spécifiques ou matériaux réputés neutraliser les rayonnements électromagnétiques n’ont pas été testés. Seuls quelques-uns, plus précisément des tapisseries et des tissus à base de fibres d’argent, semblent selon le Criirem permettre une atténuation des champs électromagnétiques. Pour les autres (pastilles à coller sur les appareils électroniques, pierres absorbeuses d’ondes), leur efficacité n’a pas été établie par d’autres scientifiques que ceux qui les commercialisent !

Comment limiter son exposition
•Ne pas poser son ordinateur portable Wi-fi sur ses genoux pour travailler (les ondes pénétrant sur plus de
2 cm sous la peau).
•Ne pas s’approcher tout près de l’écran (il contient le plus souvent l’antenne Wi-fi !)
•Ne pas manipuler trop longtemps une souris Bluetooth(1).
•Ne pas toucher les antennes des routeurs ou des box.
•Disposer les émetteurs de Wi-fi en hauteur, au-dessus des têtes (2,10 m par exemple), la portée sera plus grande, l’exposition des personnes moindre.
•Ne pas installer plus de points Wi-fi que nécessaire.
•Éviter les téléphones hybrides (2).
•Éteindre le Wi-fi la nuit ainsi que tous les dispositifs
sans fil, (y compris les téléphones sans fil dont la base émet en continu).

C. D.

(1) Il s’agit d’une technologie de réseau sans fil permettant de relier des appareils entre eux : imprimante, téléphone portable, appareil domestique, oreillette sans fil, souris, clavier… commandés à distance.
(2) Combiné double usage : portable pour l’extérieur, on le connecte en rentrant à la maison sur la ligne fixe, à l’aide du réseau Wi-fi.

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Le harcèlement moral: Peur et humiliations au quotidien

Posté par Impatient le 12 mai 2009

Peur et humiliations au quotidien

Le harcèlement moral n’a pas de limites. Tout est bon pour s’acharner sur quelqu’un et le pousser à bout, si cela profite à l’entreprise. Le management par la peur et l’humiliation est aujourd’hui chose banale.

Chaque matin, en route vers son travail, Isabelle espère l’accident, seul moyen qu’elle puisse imaginer pour ne pas aller travailler et échapper – enfin ! – à sa supérieure hiérarchique qui lui fait vivre le calvaire… Isabelle fait partie des 15 millions d’Européens harcelés, soit un travailleur sur dix.

Le règne de la terreur
Marie-France Hirigoyen, psychiatre, auteure de Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien (coll. Pocket) définit le harcèlement comme « toute conduite abusive se manifestant notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, mettre en péril l’emploi de celle-ci ou dégrader le climat de travail ». « Quand vous connaissez bien les salariés, il est très facile de cibler le type de pression que l’on peut exercer par rapport à la personnalité et à la vie privée de chacun », note Bernard Salengro, médecin du travail et responsable santé au travail à la CFE-CGC, auteur de Le management par la manipulation mentale (éd. L’Harmattan). Le harcèlement peut se traduire par des insultes publiques, des critiques incessantes, des humiliations, des calomnies, des menaces, une mise à l’écart (plus bonjour ni merci, désinformation, suppression de tâches ou d’outils de travail – bureau, téléphone, etc. – ), une surveillance permanente des faits et gestes, une surcharge de travail ou des objectifs irréalisables, des consignes confuses, contradictoires ou dépourvues de sens (comme corriger des fautes inexistantes) ou encore des punitions (avertissements, vacances refusées au dernier moment, heures supplémentaires non payées).
« C’est grâce au silence de tous, collègues de la victime et autres témoins, que le harceleur peut réussir dans son entreprise destructrice, témoigne la Dre Ramaut, médecin du travail, auteure du Journal d’un médecin du travail (éd. Le Cherche Midi). C’est l’affaiblissement des solidarités collectives qui facilite l’accomplissement du processus de harcèlement moral. »

Un système harceleur
Dans seulement de 10 % des cas, c’est un subordonné (une secrétaire, par exemple) qui harcèle son patron. Une fois sur deux, le harcèlement émane du supérieur hiérarchique, une fois sur quatre d’un collègue et dans 17 % des cas, du chef et de collègues réunis. « Le harcèlement est un mode de gestion du personnel, insiste Marie Pezé, psychologue et psychanalyste, responsable de la consultation “Souffrance et Travail” à l’hôpital de Nanterre. On n’est pas dans la relation bourreau/victime ; c’est l’organisation qui exige des managers qu’ils deviennent des personnes harceleuses. » En cause : la recherche d’une meilleure productivité et d’un plus grand profit au nom desquels la fin justifie tous les moyens. « Trente ans de chômage dur ont entraîné une perte des solidarités », regrette Marie Pezé qui a constaté que plus de 90 % des salariés harcelés avaient eux-mêmes été des témoins passifs du harcèlement d’autrui…
Provenant autant du service public que du secteur privé, les victimes sont généralement ceux qui ont la plus forte personnalité : délégués du personnel, responsables syndicaux et tous ceux qui ont osé exprimer leur désaccord. « Ceux qui ne gênent pas, ceux qui en font le minimum ne sont jamais inquiétés », indique-t-elle. Sont aussi harcelées les personnes jugées trop âgées, trop coûteuses, ne répondant plus aux critères ou se trouvant en doublon après une fusion. En les poussant à la démission, l’employeur évite ainsi le coût d’un licenciement.

Une souffrance physique et psychique
45 % des harcèlements durent entre 1 et 3 ans et 40,5 % plus de trois ans ! Des années de souffrance à l’origine de bon nombre de troubles psychosomatiques : anxiété (les harcelés consomment 4 à 5 fois plus d’anxiolytiques et/ou d’antidépresseurs et 9 fois plus de somnifères), brûlures d’estomac, hypertension artérielle, douleurs musculaires…, et même dépressions pouvant conduire au suicide (en Suède, 10 à 15 % des suicides seraient la conséquence d’un harcèlement). Les employés « perdent progressivement l’espoir que la condition qui leur est faite aujourd’hui pourrait s’améliorer demain », souligne Christophe Dejours dans Travail : usure mentale (éd. Bayard). Les harceleurs payent aussi leur tribut : plus ou moins consciemment, ils ressentent de la honte vis-à-vis de l’idéal de soi et de la culpabilité à l’égard de la victime à qui ils infligent un traitement injuste au nom de la raison économique. Pour réduire cette souffrance, les harceleurs nient souvent la réalité du problème.

La loi
La notion de harcèlement moral a été introduite le 17 janvier 2002, dans le Code du Travail. L’article L.122-49 déclare ainsi qu’« aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel… ». Cet article précise également qu’un salarié ne peut être sanctionné pour avoir témoigné. Le Code du Travail prévoit encore que « le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». En pratique, pour que le harcèlement soit reconnu, il faut qu’il y ait eu intention de nuire, charge au harcelé d’apporter la preuve de l’intentionnalité. Là réside toute la difficulté… Le harcèlement moral est un délit passible d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 15 000 €. Le 21 juin 2006, un pas supplémentaire a été franchi : pour la première fois, la Cour de Cassation (2) a retenu que la responsabilité personnelle de la personne harceleuse (un cadre) pouvait s’ajouter à la responsabilité de l’employeur.

Christine Delmar

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