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Archive de la catégorie «Enfance»

Beau bébé “bio”

Posté par Impatient le 16 mai 2009

bebe[1]Grâce à Internet, des milliers de parents dialoguent, partagent leurs expériences dans les forums et militent pour une amélioration des conditions de l’accouchement. De même, ils s’interrogent sur la qualité de l’environnement de l’enfant. La résistance écologique s’organise… Un air frais de naturel souffle sur la naissance : allaitement maternel en progression, couches bio ou lavables, cododo (dormir le plus près possible de son enfant – voir fiches pratiques p. 28) qui s’affiche et ne s’embarrasse plus du « jugement » des psy en tout genre, portage des bébés, réflexion sur la présence des polluants chimiques dans les produits de soins ou le mobilier, etc. Les médecins sont en train de perdre le monopole de l’information sur la naissance et les soins du bébé.

Comme si, après avoir été obligés de passer par les fourches caudines de la surmédicalisation de la naissance, mamans et papas ressentaient la nécessité de se retrouver au plus près des besoins fondamentaux de l’enfant. Ni intégrisme ni prosélytisme dans cette démarche : on conjugue écologie et modernité dans le respect du nourrisson, des autres et de soi, le tout dans la joie et la bonne humeur. Une chambre sans danger Préparer l’arrivée de bébé en lui consacrant une chambre toute neuve remplie de tout le nécessaire est le souhait de nombreux parents. « À l’heure actuelle, explique Anne-Corinne Zimmer, auteure de Polluants chimiques, enfants en danger (lire entretien p. 22), les fabricants de peintures et autres matériaux n’ont toujours pas l’obligation de fournir la liste des composants.

Le consommateur en est réduit à s’en remettre aux certifications et à bien repérer les mentions du genre “ne pas appliquer près d’une flamme” qui signalent la présence de solvants. Ensuite, il est préférable de laisser la pièce au moins quinze jours sans l’investir, le temps de laisser les éventuels éthers de glycols et autres composés organiques volatils toxiques s’évaporer. » Idem pour les commodes, armoires, étagères, tables à langer et lits. « En attendant la mise en place de normes d’émission, ajoute Anne-Corinne Zimmer, on évitera tous les bois agglomérés, traités, vernis ou encollés. On choisira du pin massif brut, une valeur sûre, à peindre soi-même avec des produits choisis. » Il existe aussi des plantes dépolluantes comme le Chlorophytum par exemple, qui absorbent certains polluants, en particulier le benzène et le formaldéhyde. Ce dernier est souvent utilisé comme apprêt sur les vêtements, les rideaux, les tissus d’ameublement que l’on pensera à laver avant utilisation. Une bonne aération journalière de la chambre est recommandée. Les couches lavables Les couches lavables renvoient à l’image de la lessiveuse dans laquelle bouillait le linge, en ce temps ancien où la machine à laver n’existait pas.

Pourtant, selon les comptes de la petite entreprise Tom&Lulu, un enfant portera en moyenne 7 000 changes, pour un coût d’environ 2 000 €, qui fourniront et une tonne de déchets non recyclables compte tenu de leur protection plastique. « Les lavables, témoigne Inès, une maman motivée, leurs prix varient entre 400 et 500 € (un jeu complet). On arrive, avec une dépense d’environ 200 € de lessive, à une somme aux alentours de 700 €. Cela représente donc une économie substantielle. » Mais ce n’est pas ce qui décide les parents, l’environnement et la santé priment : « La production et l’utilisation des jetables nécessitent une consommation d’énergie 3,5 fois plus importante que pour les lavables. Environ 1,6 milliard de couches jetables sont utilisées chaque année sur la planète. Incinérées, elles favorisent la production de dioxine. En plus, on ignore totalement la nature des produits chimiques utilisés lors des process industriels. » Le design des couches lavables a bien évolué : elles existent en tissu bio (coton, velours, chanvre et bambou) sont très absorbantes et doublées de micropolaire(1) pour « l’effet au sec ». Certaines sont très élégantes avec des attaches en velcro.

« J’utilise aussi des couches jetables bio dans certaines circonstances, précise Inès, en déplacement par exemple. » Les Moltex, des couches bio allemandes (label Öko test)(2) composées à 50 % de matières renouvelables, garanties sans chlore et emballées dans un sachet biodégradable, sont un bon compromis. Seul bémol, leur prix : de 15 à 20 € en moyenne le paquet de 30. L’avenir est peut-être au blanchissage collectif, déjà expérimenté dans deux villes de France. Le matin, on dépose le sac ou seau – hermétiquement fermé – de couches sales sur le palier et on les récupère toutes propres… En Saône-et-Loire, dans le cadre d’un programme de gestion des déchets, la crèche de Saint-Marcel expérimente depuis début 2007, les couches lavables (3). La crèche avait utilisé 23 900 couches jetables en 2006 ! Si l’expérience est concluante, les 38 communes du Grand Chalon adopteront les premières. Les cosmétiques bio Les bébés ont la peau particulièrement fragile pendant les premières années. Ils sont très sensibles aux agressions chimiques des produits cosmétiques classiques (savons, shampoings, dentifrices, etc). Afin d’éviter parabènes et autres substances dont on connaît mal les dangers, on privilégiera les logos Nature et Progrès ou Cosmébio délivrés par Ecocert (Label Eco et Label Bio) ou encore BDIH, un label allemand, très exigeant mais encore peu présent en France. « Leur composition exclut les paraffines et les silicones, les parfums et les colorants de synthèse, les composants irradiés ou issus d’organismes génétiquement modifiés, les matières premières d’origine animale sauf la lanoline ou le miel, les conservateurs.

Ils utilisent des composants végétaux issus le plus souvent de l’agriculture biologique. » Tant qu’à bien faire, on essaiera de choisir les produits qui vont jusqu’au bout de la démarche de développement durable, c’est-à-dire ceux qui proposent des recharges, un conditionnement familial et limitent la quantité de déchets. Ils ne sont pas plus chers que les produits cosmétiques haut de gamme… Sans revenir au gant de toilette, on préférera les lingettes lavables qui s’emploient comme les jetables du commerce et qui les remplacent aisément. Elles s’utilisent partout, à la maison, en voyage, avec de l’eau, du savon, du liniment oléocalcaire(4), de la lotion, etc. Le ménage écolabellisé Lessive, produits pour la vaisselle, pour les vitres, les sols… toute la famille respire ces agents chimiques qui envahissent les placards et polluent l’air intérieur. Choisir les produits estampillés « écolabel », biodégradables à près de 100 % avec un emballage recyclable et rechargeable. Bannir les aérosols et autres parfums chimiques au profit des huiles essentielles bio. Pour bénéficier d’un bon air, c’est tout simple : on aère dix à quinze minutes par jour en pensant en hiver à baisser le chauffage. Aux oubliettes les lingettes multi-usage ! Retour aux bons vieux chiffons d’antan, aux paillettes de savon de Marseille ou utilisation des noix de lavage (5) dans le lave-linge. Et pourquoi pas le lavage du sol au savon noir et partir faire ses courses avec bébé dans son écharpe de portage et le bon vieux cabas à la main ? Ce n’est pas compliqué la vie en bio !•
Martine Laganier

(1) Tissu issu du recyclage des matières plastiques. (2) Le label Öko test est donné par le leader allemand des revues écologiques Öko test magazine. Ce dernier teste tous les produits de divers secteurs industriels et traque les substances nuisibles et toxiques. Il mentionne aussi si le produit s’utilise facilement. (3) On consomme moins d’eau à laver des couches qu’à fabriquer celles qui sont jetables. (4) À base d’huile d’olive et d’eau de chaux on peut le fabriquer soi- même. (5) Les noix de lavage sont les fruits d’un arbre qui pousse en Inde et au Népal, le Sapindus Mukorossi. Elles sont utilisées depuis des siècles. Les coques des noix contiennent une substance nettoyante, la saponine, qui opère comme un savon naturel au contact de l’eau.

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Jumeaux, une paire inséparable ?

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Que nous soyons ou non directement concernés, la gémellité ne laisse pas indifférent. Ils interrogent sur le caractère unique de l’être humain et nous font rêver à cet autre qui serait un peu soi. Mais, il n’est pas simple d’être deux et un à la fois…

jumeaux

Depuis l’introduction dans les années 1980 de la fécondation in vitro, le nombre de naissances gémellaires a augmenté d’un tiers, celui des mises au monde de triplés a été multiplié par deux. Pourtant, ces frères et sœurs nés le même jour continuent à être sujets d’émerveillement, mais aussi d’inquiétude ou de perplexité. Faute aux nombreuses légendes dont ils sont les héros tels Jacob et Esaü, Castor et Pollux ou Remus et Romulus, et aux mystères qu’ils représentent, malgré l’existence d’une science, la gémellologie, qui étudie, à travers les jumeaux, la part de l’inné et de l’acquis chez l’Homme. Faute aussi  au « syndrome du jumeau fantôme » selon lequel 15 à 20 % de la population auraient vécu quelques jours à quelques semaines in utero avec un jumeau sans que la gémellité soit diagnostiquée. « Une population substantielle de sujets nés seuls sont en fait les produits d’une embryogénèse gémellaire et peuvent montrer une concentration de toutes les difficultés de développement auxquelles les jumeaux sont connus pour être spécifiquement sujets », affirme le généticien américain Charles Boklage. Faute enfin au désir inconscient de chacun de trouver son double, son âme sœur…

Une conscience spécifique
Les jumeaux ont, en effet, cette particularité de former une paire pour la bonne raison que, de leur conception à la fin de l’adolescence, ils suivent sensiblement le même rythme de croissance. De ce parallélisme découle une double conscience de soi : en tant qu’individu, mais également en tant que membre d’une paire. Ce qui explique que les jumeaux aient tendance à dire « nous » plutôt que « je » ou encore, comme Alizé et Mélodie, à compter à partir du chiffre 2, comme si le 1 n’existait pas dans leur vécu propre. Dans leur relation à la mère, il n’y a que rarement de relation duelle car, même si elle allaite ou baigne individuellement ses bébés, elle le fera généralement en pensant que l’autre attend. « Une complicité absolue est tout simplement impossible pour la plupart des mères de jumeaux, observent les professeurs d’obstétrique Jean-Claude Pons et Emile Papiernik et la psychologue Christiane Charlemaine dans leur Guide des jumeaux (éd. Odile Jacob). L’attention individuelle se caractérise par sa brièveté et la continuelle oscillation d’un bébé à l’autre. » Les jumeaux forment de fait un couple, ce qui les rend moins ouverts sur l’extérieur. Un tiers d’entre eux témoignent, par rapport aux autres enfants, d’un retard de langage de quelques semaines à 6 mois. Certains vont jusqu’à inventer leur propre langage auxquels eux seuls ont accès.

Une identité distincte
Les parents de jumeaux auraient tendance à développer, consciemment ou inconsciemment, leur similitude en leur attribuant des prénoms présentant les mêmes initiales ou sonorités, des vêtements identiques ou, au contraire, juste de couleur différente.
Laura a toujours mis un point d’honneur à habiller différemment ses filles. « Oui, elles sont jumelles, dit-elle, mais elles ont chacune leur personnalité et elles ne se ressemblent pas plus que deux sœurs. » Elle s’est aussi battue contre l’appellation « les jumelles ». « Lorsqu’on a déménagé, elles ont eu beaucoup de mal à s’intégrer dans leur nouvelle classe car leurs camarades les considéraient comme un bloc, et non comme deux individus séparés.

Et on n’est pas ami avec un duo, mais avec une personne en particulier… » Depuis les travaux de René Zazzo dans les années 1960, tous les scientifiques reprennent les idées phares du chercheur en psychologie de l’enfant, spécialiste de la gémellité : « Chaque individu est une personne unique au monde. Les jumeaux ne sont pas une seule personne en deux exemplaires. » Ainsi, tant les professeurs Pons et Papiernik que Christiane Charlemaine affirment aujourd’hui que « tous les jumeaux, y compris les monozygotes [issus du même ovule], émergent du temps troublé de la grossesse comme des individus uniques, avec des attirances et des manifestations comportementales assez distinctes ». René Zazzo explique aussi les différences de personnalité par les effets de couple, chaque jumeau évoluant en fonction des interactions avec son cojumeau : « Deux êtres liés par une relation forment une structure entre eux […]. Les jumeaux, et eux seuls, nous permettent de voir la part du troisième facteur – la vie en commun – qui va les différencier sur certains points, créer des complémentarités ou les faire se ressembler sur d’autres points. »

Les auteurs du Guide des jumeaux reconnaissent ainsi que « les jumeaux qui sont encouragés à avoir des amis propres, des activités et des objets personnels, qui sont individualisés par leur environnement, sans stéréotypes, et complimentés quand ils le méritent, grandiront avec un sens d’identité individuelle, de valeur personnelle et de confiance qui leur permettra d’avoir une bonne relation aussi bien avec leur cojumeau qu’avec leur famille et leurs amis ».

Amis ou rivaux ?
Entre jumeaux, la jalousie est omniprésente. Les parents de Guillaume et Charles ont ainsi remarqué que lorsqu’ils  offraient à chacun un cadeau, le premier regard porté par les deux jumeaux allait en premier lieu au cadeau… de l’autre ! « Au cas où l’un aurait un plus gros présent que l’autre… », s’amuse le père. Le cojumeau n’est ainsi – loin s’en faut – l’ami indéfectible ; il peut au contraire représenter un dangereux rival. Bon nombre d’entre eux se fâchent à l’âge adulte pour en finir avec les comparaisons, pour pouvoir trouver son espace dans ce couple qui les enferme, pour ne plus être confronté au jumeau préféré, pour quitter le rôle assigné et prendre pleinement possession de toutes ses capacités, pour sortir de sa position de dominé face au jumeau dominant…, bref, pour devenir soi.

Les psychanalystes s’accordent sur le fait que le processus de séparation entre jumeaux est aussi difficile que celui entre une mère et son enfant. D’où l’importance du rôle des parents qui doivent les aider, encore plus que pour de simples frères et sœurs, à acquérir leur identité propre. « La vraie liberté pour eux, c’est de leur apprendre à être différents afin de pouvoir être identiques ponctuellement s’ils le désirent », lance Muriel Decamps, auteure de Les jumeaux (éd. Cavalier Bleu). Savoir que les jumeaux séparés se ressemblent davantage – l’absence d’effet de couple permettant à l’inné de s’exprimer pleinement – devrait donner envie aux parents d’enfants multiples de contribuer à leur individualisation.

Ensemble ou séparés en classe ?
Des études récentes menées conjointement aux États-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas sur 878 paires de jumeaux de 5 à 7 ans tendent à prouver que ceux qui sont séparés tôt s’avéreraient plus anxieux et moins performants en lecture que ceux scolarisés dans la même classe. Pourtant, Muriel Decamps affirme que « l’Institut Mendel de Rome qui a analysé plus de 18 000 cas de jumeaux, a conclu que leur séparation à l’école était toujours positive. » Mais, elle rajoute : « Sans aller à l’encontre de ces résultats, il est toutefois important de nuancer. Une décision de séparation se passe bien si elle n’est pas prise arbitrairement, contre l’avis des intéressés. Sinon, on risque d’obtenir l’effet inverse de celui recherché, c’est-à-dire un rapprochement fusionnel des jumeaux, ou bien d’entraîner une dépression. » Donc, à chaque parent de jumeaux de décider de les scolariser séparément ou non et si oui, à quel âge. René Zazzo préconisait la séparation à l’entrée du CE1, tandis que Régine Billot, auteure de Les Jumeaux (éd. Balland), la recommande en moyenne section de maternelle. Là aussi, les avis divergent, preuve qu’en matière de gémellité, il en est comme pour les autres enfants : il n’existe que des cas individuels.

Christine Delmar

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