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Archive de 4 juin 2009

Cancer du col de l’utérus et infections à papillomavirus

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Le cancer du col de l’utérus est le premier à être reconnu par l’OMS comme étant attribuable à 100 % à une infection virale.

On dénombre environ 200 papillomavirus susceptibles d’infecter les humains. Certains touchent l’épiderme, d’autres les muqueuses orales, anales ou génitales. Les conséquences sont souvent bénignes, verrues cutanées, condylomes ano- génitaux(1). Mais, certains papillomavirus sont à l’origine du cancer du col de l’utérus. Ce dernier, véritable problème de santé publique, tue 1000 femmes chaque année en France.

Les HPV (Human Papilloma Virus) infectant les muqueuses génitales sont transmis par voie sexuelle. Chez les femmes sexuellement actives entre l’adolescence et la vingtaine, ils sont retrouvés une fois sur trois, ce qui est une fréquence importante. Les infections provoquées sont souvent sans manifestation et disparaissent la plupart du temps grâce aux seules défenses naturelles de l’organisme. Mais, l’infection peut persister chez 3 à 10 % des femmes, et certaines développeront une néoplasie cervicale intra-épithéliale, c’est-à-dire une lésion précancéreuse du col de l’utérus. Entre le début d’une infection par un HPV et l’apparition d’un tel cancer, de quelques mois à 15 ans peuvent s’écouler. Une dizaine de papillomavirus peuvent être à l’origine de ce cancer, mais les plus fréquemment mis en cause sont le HPV16 (impliqué dans 55 % des cas) et le HPV 18 (12 % des cas). Ces HPV peuvent également toucher d’autres muqueuses et notamment provoquer des cancers ano-rectaux.

Actuellement, la prévention du cancer du col de l’utérus passe essentiellement par la prévention des infections sexuellement transmissibles (préservatifs, examens pour le partenaire) et surtout par le frottis cervical chez la femme. Le laboratoire étasunien Merck vient de présenter son vaccin Garosil testé sur 12 000 femmes, il permettrait de protéger contre les infections à HPV 16 et 18, donc de prévenir ce cancer. Les circonstances précises dans lesquelles la vaccination pourrait intervenir font encore, en France, l’objet de nombreux débats : qui vacciner? Les femmes ? Les hommes ? À quel âge ? Les nourrissons ? Les ados ?… On manque de recul pour estimer les risques d’effets secondaires du vaccin ou des adjuvants et conservateurs qu’il contiendra.

Enfin, des vaccins thérapeutiques contre les lésions précancéreuses et les cancers du col de l’utérus dus à l’HPV 16 et à l’HPV18 ont été mis au point par des chercheurs de l’Institut Pasteur associés à l’Inserm, au CNRS et à la société BT Pharma. Ils devraient faire l’objet d’essais cliniques dès l’an prochain.

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Des médecines douces … pas si douces !

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Parce qu’ils les considèrent comme dénuées de toxicité, les malades recourent avec tranquillité aux médecines douces. Une pratique qui appelle à quelque prudence.

medecine douce

« 40 % des utilisateurs de l’homéopathie, relate le Dr Bernard Chemouny dans Le Guide de l’homéopathie, pratiquent l’automédication, soit de leur propre initiative, soit sur les conseils de l’entourage. » Ce chiffre va de pair avec le palmarès de l’Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable), indiquant que les laboratoires Boiron figurent parmi les dix meilleures entreprises (en termes de chiffres d’affaires réalisés) vendant des médicaments à prescription facultative. « Pour ma part, convient le Dr Serge Rafal, exerçant à l’Hôpital Tenon de Paris et auteur de nombreux ouvrages sur les médecines naturelles, je considère l’homéopathie comme sans danger. Même si on note, parfois, quelques aggravations des symptômes en début de traitement, notamment dans le cas d’affections chroniques. Mais ce type de réactions n’est pas propre à l’homéopathie et existe également en médecine classique. » Néanmoins, une règle absolue est à retenir : ne pas persister au-delà de quelques jours s’il ne se produit pas d’amélioration de l’état de santé, mesure qui vaut d’ailleurs pour toute forme d’automédication.

Phytothérapie : La vigilance s’impose

La pratique de la phytothérapie est plus délicate. Elle reste inoffensive si elle se limite millepertuisà l’emploi de tisanes, des élixirs floraux ou des Fleurs de Bach. S’il s’agit, en revanche, de spécialités ou de préparations magistrales : extraits, teintures-mères… à base de plantes, la vigilance s’impose. «Les patients considèrent que, puisqu’il s’agit de plantes, il n’y a pas de danger. C’est faux. Même très rare, le risque d’accident n’est pas nul. On a vu, rappelle Serge Rafal, des hépatites médicamenteuses sous Euphytose® et des accidents rénaux avec la germandrée, sans parler des problèmes hépatiques graves avec le kawa (ou kava), motivant son interdiction. Sans monter ces quelques exemples en épingle – ce dont ne se privent pas les détracteurs des médecines douces, comme si, avec les médicaments classiques, on n’enregistrait jamais d’effets secondaires ! –, il faut s’automédiquer avec discernement. » D’autant plus que les plantes sont parfois capables d’interagir avec les traitements classiques. Le cas le plus connu est celui du millepertuis. Outre qu’il occasionne chez certaines personnes des problèmes de photosensibilisation (leur peau réagit de façon outrancière à la lumière), cette plante réduit l’action de la pilule contraceptive et des traitements contre le sida. Il convient donc de faire un usage convenable de la phytothérapie : s’assurer du diagnostic avant d’y avoir recours, ne pas augmenter les doses sous prétexte que cela ne « marche » pas assez vite, prendre ses renseignements aux bonnes sources (lire fiches pratiques p. 32), s’approvisionner auprès de personnes compétentes. Le pharmacien n’est pas, en la matière, le meilleur interlocuteur, rares sont les préparateurs en pharmacie qui ont une connaissance suffisante des plantes médicinales pour être de bon conseil. Internet n’offre pas non plus le meilleur service, qu’il s’agisse des informations fournies, trop imprécises, notamment en matière de précaution d’emploi, ou des produits vendus dont les formulations restent de qualité variable, en ce qui concerne leurs composants et les dosages utilisés.

Un mot de l’aromathérapie, une branche de la phytothérapie qui consiste en l’utilisation thérapeutique d’huiles essentielles de plantes (obtenues par distillation). Le Dr Jean Valnet, qui en a popularisé l’usage, a comparé son action à celle d’une bombe atomique : une efficacité certaine… mais redoutable au-delà de six à dix gouttes par jour. « Elles peuvent être neurotoxiques, prévient Serge Rafal, on évitera donc d’en donner aux nourrissons. Malheureusement, ces précautions d’usage ne sont pas indiquées sur les emballages, ni les notices, quand il y en a. »

Le soja : pas sans risque…

Entre aliments et médicaments, les phyto-œstrogènes du soja, conseillés dans les troubles de la ménopause en alternative au traitement hormonal, sont largement utilisés. Là encore, prudence. On s’interroge très sérieusement sur leur impact négatif dans le cancer du sein. Une alimentation équilibrée, donnant sa place au soja parmi les autres aliments contenant des phyto-œstrogènes (céréales, fruits et légumes, lentilles, graines de lin, germes d’alfalfa), est sans doute préférable aux comprimés et gélules pris sans avis médical. Si, malgré cela, on préfère consommer des compléments alimentaires à base de soja, on veillera à ne pas dépasser la dose de 1 mg par kilo par jour, considérée comme sans risque par l’Afssa (1) (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Dans ses recommandations, l’Agence réclame l’inscription sur les boîtes de la mention « déconseillé aux femmes avec des antécédents de cancer » (2).

Vitamines, minéraux et autres compléments alimentaires

Autre question : celle des vitamines, minéraux et autres compléments alimentaires, qui représentent presque 10 % du marché des produits d’automédication (3). Prenons le magnésium, très utile pour traiter les troubles de spasmophilie, les fatigues d’origine nerveuse ou lutter contre une infection. La forme la plus conseillée, le MgB6, a un effet laxatif aux doses parfois préconisées. Pour bénéficier de l’intérêt de cet oligoélément sans en avoir les inconvénients, il vaut mieux recourir à d’autres formes de sels de magnésium ou d’autres présentations : granules, granions ou gélules. En ce qui concerne les antioxydants : vitamines C, E, sélénium, zinc, glutathion, superoxydismutase, etc., destinés à lutter contre les radicaux libres associés au phénomène de vieillissement et la survenue de certaines pathologies, des doses très importantes sont parfois conseillées, considérant que ce qui fait du bien ne peut pas faire de mal. Pourtant, dans ce cas, le mieux est l’ennemi du bien : trop d’antioxydants génèrent la production de radicaux libres, contre lesquels ils sont censés lutter.

Précieux pour maintenir l’état de santé, prévenir et combattre les maladies, les remèdes des médecines alternatives, même dites douces, ne doivent pas être utilisés à la légère et dans n’importe quelle condition. Comme toute approche médicale, ils nécessitent de bonnes connaissances, faciles à acquérir pour peu qu’on s’en donne la peine. Mais cet exercice doit impérativement être connu du médecin traitant, et faire partie du dialogue avec lui. « J’ai une conception de la médecine, explique le Dr Gérard Pacaud, auteur de nombreux guides sur l’homéopathie, qui consiste à rendre les gens responsables : chacun est capable de s’interroger sur le fonctionnement de son corps, sur ses pathologies… et de s’automédiquer raisonnablement. » Devenir responsable de sa santé reste bien l’enjeu de l’automédication, qu’elle soit conventionnelle ou douce !•

(1) Recommandations de l’Afssa sur les compléments alimentaires à base de soja, rendues publiques en mars 2005.

(2) Voir aussi notre hors-série n° 32 : Les compléments alimentaires.

(3) Étude d’Eurostaf : « Les perspectives de l’automédication en France ».

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Produits biologiques: Supériorité du bio

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Cela fait bientôt 40 ans que partisans et adversaires du bio se disputent pour savoir si manger bio est vraiment meilleur pour la santé. Et que l’on s’acharne à faire des études comparatives. Finalement le bio l’emporte largement.

bio

La majorité des études comparatives entre produits bio et conventionnels a porté sur les teneurs en nutriments. La supériorité du bio est incontestable pour un certain nombre d’entre eux :
- Vitamine C pour les légumes et certains fruits ;
- Matière sèche pour les légumes feuilles et les pommes de terre;
- Fer et magnésium pour certains légumes ;
- Qualité des protéines pour les céréales ;
- Oméga 3 pour la viande et les produits laitiers.
Pour les autres nutriments, les résultats sont plus variables, même s’ils sont assez souvent en faveur du bio. Mais l’essentiel de la supériorité des produits bio tient à d’autres causes.

Le rôle des polyphénols
On parle beaucoup, depuis quelques années, des polyphénols, des substances présentes dans de nombreux végétaux et qui nous protègent contre certains cancers et les maladies cardiovasculaires. Or, si pour les minéraux et les vitamines, la différence entre les teneurs des produits bio et celles des produits conventionnels est rarement considérable, il en va autrement des polyphénols. Dans la grande majorité des études comparatives, les produits bio en contiennent en effet nettement plus. Lorsqu’on sait que les plantes synthétisent ces constituants pour se défendre contre leurs ennemis (insectes, champignons) ou pour réagir à un stress, on comprend que les plantes cultivées en bio en fabriquent souvent plus que celles en conventionnel, qui sont protégées presque en permanence contre leurs ennemis naturels par des pesticides.

Davantage d’oméga 3 dans la viande et les produits laitiers
On connaît le rôle essentiel joué par les acides gras oméga 3 en matière de santé. Ce que l’on sait moins, c’est que la viande et les produits laitiers peuvent être sources de ces précieux acides gras, qui sont loin d’être négligeables. Mais leur teneur  en oméga 3 varie considérablement selon la manière dont les animaux ont été nourris. Elle est beaucoup plus élevée lorsqu’ils sont nourris à l’herbe, comme le plus souvent dans les élevages bio, qu’avec une alimentation à base de céréales, comme dans la plupart des élevages intensifs. Plusieurs études récentes (1) ont confirmé que le lait bio contient beaucoup plus d’oméga 3 que le lait conventionnel. L’une d’elles, réalisée aux Pays-Bas en 2005, a comparé le lait produit dans 5 fermes bio et 5 fermes conventionnelles : le lait bio contenait 2 fois plus d’oméga 3 que le conventionnel. Enfin, deux études, réalisées l’une en Suisse et l’autre aux Pays-Bas, ont montré que le lait maternel des mères mangeant bio était lui aussi plus riche en oméga 3 que celui des mères ayant une alimentation conventionnelle.
L’étude illustrée par le graphique ci-contre confirme l’écrasante supériorité, en matière d’oméga 3, du lait de vaches nourries à l’herbe. Il montre également que le fait d’ajouter des graines de lin  à l’alimentation de vaches nourries de manière conventionnelle enrichit certes leurs produits en oméga 3, mais beaucoup moins qu’une alimentation à l’herbe.

D’autres avantages nutritionnels
Pour de nombreux nutriments, la supériorité d’une nourriture bio par rapport à une nourriture conventionnelle tient aussi à d’autres facteurs que les techniques culturales proprement dites (fertilisation, lutte contre les maladies et les ravageurs, travail du sol, etc.).
- Le choix des variétés : celles cultivées par les producteurs bio sont souvent plus riches en vitamines que celles des conventionnels. C’est le cas par exemple pour les pommes. En conventionnel, la Golden reste de loin la variété dominante, puisqu’elle représente près de 40 % du marché. Or, c’est une des plus pauvres en vitamine C : elle en contient en moyenne 8 mg pour 100 g contre 20 à 30 mg pour certaines variétés anciennes (par exemple Reinettes ou Calville blanc). On trouve certes des Golden en bio, mais elles sont bien moins cultivées et consommées qu’en conventionnel.
- La possibilité de consommer la peau de nombreux fruits et légumes : en bio leur épluchage est souvent inutile, alors qu’il est recommandé, voire indispensable, en conventionnel, pour éliminer au moins une partie des résidus de pesticides qu’ils peuvent contenir. Or, la peau des fruits et la partie externe des légumes sont toujours plus riches en vitamines, en polyphénols et en fibres que l’intérieur. Par exemple, la peau des pommes contient 4 à 6 fois plus de vitamine C que la pulpe, les feuilles externes des salades sont plus riches en vitamines que le cœur.
- La consommation de produits complets : les céréales et les produits à base de céréales bio (farine, pain, pâtes et riz complets) peuvent être consommés sans raffinage, car ils ne risquent pas de contenir des pesticides, qui se concentrent dans les parties externes du grain. Or, l’essentiel de la richesse nutritionnelle des céréales (minéraux, vitamines, polyphénols, fibres) se trouve dans ces parties. Une étude récente (2) a révélé que les enveloppes et le germe du grain de blé contiennent 15 à 18 fois plus de polyphénols que l’intérieur du grain, qui donne la farine blanche.
- Des techniques d’élevage très différentes : les vaches nourries à l’herbe donnent un lait plus riche que celles nourries aux céréales, non seulement en oméga 3 mais aussi en antioxydants. Les différences peuvent être encore plus considérables que pour les acides gras, comme le montrent les chiffres ci-dessous (voir encadré page suivante), extraits d’une étude réalisée  au Danemark.

bio

Moins de nitrates dans les produits bio
Contrairement aux pesticides, les nitrates sont des substances naturelles. Ils sont même indispensables à la croissance des plantes, puisque c’est sous cette forme  qu’elles absorbent la plus grande partie de l’azote dont elles ont besoin. Le problème, c’est lorsque les teneurs en nitrates sont excessives. Elles peuvent être extrêmement élevées dans certains légumes comme  les salades et les épinards. Il ressort des contrôles effectués par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) dans … …l’hiver 2003 qu’un échantillon d’épinard sur quatre dépassait la limite légale de 3 000 mg de nitrates par kilo. Pour les laitues d’hiver, un échantillon sur douze contenait plus de 4 000 mg de nitrates par kilo. Ces chiffres sont énormes lorsqu’on les compare à la teneur en nitrates de l’eau : cette dernière est considérée comme non potable lorsqu’elle contient plus de 50 mg de nitrates par litre. Autrement dit, une portion de 200 g d’épinards à plus de 3000 mg/kg de nitrates apporte autant de ces constituants indésirables que 6 litres d’eau à la limite de la potabilité !

La grande majorité des études comparatives montre que les produits bio contiennent moins de nitrates que les conventionnels, ce qui est normal puisque la teneur en nitrates augmente avec les apports d’engrais azotés. Mais la saison joue également un rôle important. Pour transformer les nitrates en protéines, les plantes ont en effet besoin de lumière. En culture hivernale sous serre, la quantité de lumière n’est pas suffisante, et les nitrates s’accumulent dans la plante, qu’elle soit cultivée en bio ou en conventionnel. Le résultat est que les laitues bio sous serre contiennent souvent trop de nitrates, et que, dans ce cas, les différences avec le conventionnel sont plus faibles qu’en production de pleine terre. Une raison de plus pour consommer des produits de saison !

Mycotoxines : un mauvais procès fait au bio
Comme les nitrates, les mycotoxines sont des substances naturelles. Elles sont fabriquées par des moisissures qui peuvent se développer sur de nombreux produits agricoles avant ou après leur récolte. La plus connue est l’aflatoxine M1, qui contamine souvent les arachides, mais de nombreuses autres moisissures peuvent contaminer toutes sortes d’aliments, notamment le pain et les autres produits à base de céréales.
L’agriculture biologique n’utilisant pas de fongicides de synthèse, certains spécialistes en ont « logiquement » conclu que les produits bio devaient contenir davantage de mycotoxines que les conventionnels. Cette affirmation a été largement reprise par ceux qui avaient intérêt à discréditer le bio.

Or, un examen attentif des études comparatives réalisées en Europe depuis une dizaine d’années montre que tout cela ne repose sur rien. Certes, les produits bio peuvent, comme les conventionnels, contenir des mycotoxines, mais ils en contiennent plutôt moins que ces derniers. En effet, les fongicides utilisés en agriculture conventionnelle sont souvent peu efficaces, et un certain nombre de techniques de cette agriculture (monoculture, fertilisation chimique, non travail du sol, etc.) favorisent le développement des champignons producteurs de mycotoxines.

Résidus de pesticides : l’écrasante supériorité du bio
En moyenne, 50 % des produits conventionnels d’origine végétale contiennent un ou plusieurs pesticides, et la situation ne va pas en s’améliorant. Il peut arriver que l’on trouve un résidu de pesticide dans un produit bio, mais c’est très rare (3 à 5 % des échantillons), et les quantités trouvées sont toujours extrêmement faibles. Elles proviennent presque toujours soit de la contamination générale de l’environnement – air, eau, sol – soit d’un traitement effectué par un voisin. Le résultat – prévisible – est que l’organisme des consommateurs bio est beaucoup moins « imprégné » de résidus de pesticides que celui des consommateurs de produits conventionnels. Une étude récente (3), effectuée aux États-Unis, en a apporté la preuve. Deux groupes d’enfants d’âge semblable ont été comparés, mangeant les uns bio, les autres conventionnel. Les enfants « bio » avaient dans leur urine neuf fois moins de résidus d’insecticides organophosphorés que ceux nourris en conventionnel.

Le graphique (p. 27) est assez caractéristique de ce que l’on voit pour de nombreux produits : des traces de pesticides infimes – lorsqu’on en trouve – et de moins en moins importantes dans les produits bio, et des quantités beaucoup plus importantes et ne diminuant pas dans les produits conventionnels. Précisons que dans la très grande majorité des huiles bio, on ne trouve aucun résidu de pesticides. La présence de traces s’explique en général par le caractère récent de la conversion en bio.
Résidus de pesticides, quel impact sur notre santé ?
La question de l’impact sur la santé des résidus trouvés dans les produits de l’agriculture conventionnelle reste controversée. On trouve encore des toxicologues pour dire qu’il est négligeable. Une affirmation qui repose sur une conception totalement dépassée de la toxicologie. La toxicité des pesticides est en effet jugée molécule par molécule, sans tenir compte de l’« effet cocktail », c’est-à-dire du fait que nous absorbons quotidiennement plusieurs dizaines de substances chimiques, parmi lesquelles un certain nombre de pesticides.

Une autre raison pour laquelle les conclusions des dossiers de toxicologie établis par les firmes de pesticides en vue de l’homologation de leurs produits n’offrent aucune garantie, c’est la découverte – relativement récente – de l’effet sur le fœtus de doses considérablement inférieures à celles qui sont sans effet sur l’adulte. Parmi les effets des pesticides sur la santé, notamment à travers la pollution du fœtus, on peut citer :
- Un impact sur la fertilité, se traduisant par une diminution du nombre de spermatozoïdes, et probablement par l’augmentation des anomalies à la naissance telles que la chryptorchidie (testicules non descendus).
- Un impact sur les défenses immunitaires pouvant se traduire par une augmentation de la fréquence des maladies infectieuses (otites, varicelle, etc.) chez l’enfant.
- Un impact sur le comportement et le développement psychomoteur. À titre d’exemple, des chercheurs américains (4) ont mis en évidence une corrélation entre l’exposition du fœtus aux insecticides organophosphorés et la manifestation de réflexes anormaux chez les nouveaux-nés.
La synergie entre les pesticides et d’autres polluants commence seulement à être étudiée. Celle entre pesticides et nitrates a fait l’objet d’une étude particulièrement intéressante (5). Des souris ont été exposées à deux pesticides (aldicarbe et atrazine) et à des nitrates. Alors que l’exposition à chacun de ces polluants séparément avait peu d’effet, l’exposition simultanée, même à des doses très faibles, s’est traduite par des effets négatifs sur la thyroïde, par une tendance à la prise de poids et par une augmentation de l’agressivité.
Il ressort clairement de toutes ces données que si des personnes mettent aujourd’hui encore en doute l’impact favorable de la consommation de produits bio sur la santé, c’est qu’elles sont mal informées ou de mauvaise foi. Ce qui n’empêche pas, bien entendu, que – bio ou pas – une alimentation déséquilibrée  peut nous rendre malades !

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Psycho-énergétique: Se servir des obstacles pour guérir

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Que signifie avoir mal au genou, avoir des problèmes de digestion, etc. ?  La médecine chinoise propose une interprétation existentielle à nos maux physiques. Michel Odoul s’en est inspiré pour créer la psychoénergétique.

Alternative Santé : Comment vous est venue l’idée de la psycho-énergétique ?
michel odoulMichel Odoul : La médecine traditionnelle chinoise ne dissocie pas la psyché de l’organique. Chaque fonction organique a son versant psychique. Par exemple, les poumons qui sont une barrière contre les agressions
extérieures sont également, pour les Chinois, le siège de l’instinct vital ; le gros intestin qui a pour vocation de transporter les matières organiques a sur le plan psychique le rôle de permettre d’évacuer les émotions, les traumatismes s’ils concernent le domaine matériel comme des pertes financières ou de travail, etc. Quand j’ai compris cette conception globale de l’être humain proposée par la tradition orientale, j’ai fait le parallèle avec le rapport au corps tel que le conçoit la psychologie moderne occidentale, et dont j’ai vérifié la pertinence au cours de mes consultations. J’ai inscrit cette approche dans le cadre multimillénaire chinois, d’où ce concept de psychoénergétique qui aide à mettre des mots sur la souffrance.

Alternative Santé : Quel en est l’intérêt ?
Michel Odoul : Cela permet de lui donner sens car il y a, indubitablement, une logique d’ordre énergétique derrière ce qui arrive. Cette compréhension est à l’origine de véritables « insights », sorte d’« illuminations » ou de « conversions » intérieures, qui mènent à la guérison. Le rôle d’un praticien est d’amener son patient à découvrir ce sens, dans le respect de son histoire, à retrouver le vécu du moment qui a coïncidé avec l’apparition des symptômes. Le code sur la symbolique des pathologies que j’ai établi à partir de milliers de consultations aide à dépasser la vision simplement mécaniste de la maladie.

Alternative Santé : Par exemple ?
Michel Odoul : Une arthrose au genou n’explique pas pourquoi la dégénérescence articulaire s’est installée précisément là, pas au cou, à la main, à l’épaule. Dans 99 % des cas, les problèmes de
genou signifient des difficultés relationnelles : la personne a du mal à plier, à se mettre, symboliquement, à genoux, à aller vers les autres, à s’ouvrir au monde. Accepter les obstacles pour s’en servir plutôt que de s’y opposer permet de renouer avec la force vitale, et de recouvrer la santé.

Alternative Santé : Une telle attitude est-elle assimilable à une philosophie de vie ?
Michel Odoul : S’approprier le sens d’une pathologie est, de notre point de vue, un premier degré dans la compréhension de ce qui arrive. On peut s’en tenir là ou accepter d’élargir sa vision de vie, de se positionner dans quelque chose de plus vaste qui relève de la spiritualité, à ne pas confondre avec la religiosité, et qui conduit à l’harmonie de l’être !

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Alcoolisme, maladie alcoolique: La souffrance de l’alcoolique

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Compenser  un mal-être

La souffrance de l’alcoolique s’accompagne de celle de l’entourage.

alcool

Fille d’alcoolique pour le meilleur et pour le pire
« J’ai longtemps ignoré la signification de cette angoisse sourde, enfermée à l’intérieur de moi, compagne de ma vie. Rien n’arrivait à l’apaiser durablement. J’ai passé beaucoup de temps à la traquer, sur le divan mais aussi à l’aide de diverses techniques.
Un jour, un peu par hasard, j’ai rencontré les Alcooliques Anonymes et découvert les groupes qui gravitent autour : Al-Anon, groupe d’aide pour les proches, et Alateen pour les enfants. J’ai écouté, femmes ou  maris d’alcoolique, et aussi enfants d’alcooliques parler d’eux et de celui ou celle qui boit. Ce fut comme une révélation. J’ai reconnu mon angoisse, la conviction d’être seule à tout jamais, la difficulté à contrôler mes émotions lors des conflits, la préoccupation maladive du regard des autres.
Alors, je me suis souvenue de l’alcool et de ma mère qui buvait. Je l’avais parfois dit mais aussitôt banalisé pour que personne ne sache et, surtout, pour oublier. Oublier cette mère aimée qui chaque dimanche soir était « fin saoule », la langue pâteuse, avalant ses mots, incapable de s’occuper de nous. Cette mère qui, lorsqu’elle venait nous chercher à la sortie de l’école, parlait fort, faisait du scandale et nous faisait remarquer par tout le monde. J’ai compris sa souffrance et l’emprise de cette souffrance sur moi, sur ma vie.

La maladie de maman a toujours été dans la famille un si grand secret que je me demande encore en témoignant aujourd’hui si je ne l’ai pas rêvée. Personne n’en parlait, y compris mon père. Il y avait les disputes, les  problèmes, mais aucun mot, aucune parole. Un chaud et froid permanent, des périodes de tempête puis de calme, les jours pendant lesquels on espère et croit que tout cela va enfin s’arrêter. Et puis la rechute dont on se sent aussi responsable.

Dans ces paroles d’enfants d’alcooliques, j’ai compris la culpabilité de l’enfant qui ne sait pas pourquoi son parent boit et croit que c’est de sa faute. Son attente et sa croyance  qu’il peut changer les choses. Sa capacité à raconter des histoires pour protéger son parent.
Je ne me souviens pas quand cette attention s’est transformée en ressentiment, parfois en véritable haine, sans doute à l’adolescence, quand ma mère a commencé à s’immiscer dans ma vie pour donner un sens à la sienne.

Quel apaisement d’entendre que l’on ne peut pas contrôler l’alcoolique, qu’il est malade. Que l’on ne peut rien pour lui… Mais beaucoup pour soi et, notamment sortir de la codépendance. Consumée par les problèmes de quelqu’un d’autre, on a été incapable de prendre soin de soi. Quel soulagement aussi de parler aux autres sans honte. On accepte enfin la filiation, fille d’alcoolique pour le meilleur et pour le pire. »

Un besoin de subvertir le réel que je ne supportais pas
Eric, 49 ans, libraire : « J’ai commencé à boire, à ingérer et à “sniffer” de nombreuses substances à 16 ans. Tout y est passé  : LSD, cocaïne, peyotl (1), médicaments que je détournais de leur emploi et jusqu’à sept litres d’alcool par jour, sous forme de scotch, vodka, bière, vin ou même d’alcool à 90° “allongé” de jus d’oranges ! J’arrêtais de temps en temps sans aide. Et je rechutais. » Il cesse, en effet, de boire quelques mois, parfois une année, à la faveur d’une rencontre sentimentale ou face à des problèmes de santé comme d’importants maux de tête ou des nausées à répétition.
Les raisons qui l’ont poussé à cette consommation effrénée ?
« Une faiblesse d’âme », répond-il. Et il ajoute : « Un besoin de subvertir le réel que je ne supportais pas ». Si on pousse un peu plus avant les investigations, apparaît une famille, selon ses mots, « dysfonctionnelle », ainsi qu’un père qui ingurgitait des quantités d’alcool suffisamment importantes pour emmener son fils casser des vitres la nuit et voler ce qu’ils trouvaient. À sa « décharge » encore, un grand-père et un arrière-grand-père paternels alcooliques, une grand-mère maternelle « picolant » pas mal et une arrière-grand-mère maternelle éthéromane (2), qui en est morte. Une victoire toutefois : le père réussit au bout d’environ trente années de cette dépendance à se sevrer.

À 22 ans, Eric rencontre la future mère de son premier enfant, qui supporte ses « frasques et ses fantaisies ». Puis, il fait la connaissance de celle de ses deux autres enfants qui, avec une mère alcoolique, a décidé de ne pas boire et qui adopte le comportement de l’« infirmière ». Avec elle, il arrête quelque temps sa consommation, puis reprend. « C’est la seule fille à qui j’ai “mis une beigne”, parce qu’elle me traitait de “moins que rien” alors que j’avais “sifflé” deux cocktails. » Un jour, elle lui annonce : « Je veux que tu t‘en ailles. Ton alcool, ce n’est plus mon problème. » Il a une semaine devant lui pour se reloger. Il décide alors de prendre des contacts pour se soigner, pour cesser de boire. Il consulte un généraliste – travaillant avec Catherine Dolto –, qui lui prescrit à la fois des vitamines pour le « regonfler », des médicaments pour une forme bénigne d’épilepsie ainsi que des anti-convulsivants (ou barbituriques) pour cause de « hauts et de bas ». À l’arrêt de la boisson, il fume jusqu’à quatre-vingts cigarettes par jour. Résultat : Embolie pulmonaire. Il rencontre également un psychiatre – qu’il voit toujours aujourd’hui – qui ne lui prescrit aucun médicament et avec lequel il parle de la vie. « Ce n’est qu’à 36 ans que j’ai posé mon verre », raconte Eric, abstinent depuis treize ans. Il s’en va alors « déposer ses valises » chez les Alcooliques Anonymes (AA), deux jours après avoir décidé de se sevrer. « C’est la première fois que je pouvais m’identifier à quelqu’un : la bourgeoise du XVIe alcoolique, c’était ma jumelle, le chef d’entreprise “pochtron”, mon sosie. » Il se rend aux réunions des AA environ une fois par semaine. Il confie que la fréquentation de cette association lui a apporté une « abstinence confortable » et lui a permis de rencontrer la plupart de ses meilleurs amis d’aujourd’hui. « Après ma rupture d’avec ma seconde compagne, je me suis posé un certain nombre de questions. J’ai beaucoup lu et en particulier les textes édités par Al-Anon- Alateen (3), comme “Al-Anon, un jour à la fois”, sur l’importance de procéder par étapes. Et puis j’en suis arrivé à la conclusion que seule une femme ayant eu la même dépendance que moi pouvait me comprendre vraiment. » Quelques années plus tard, il la rencontre ; elle est abstinente depuis huit ans et devient la mère de ses deux derniers enfants.
Il a interrompu toute consommation d’alcool depuis treize ans. « Je sais que si je rechute, j’ingurgiterai ce que je n’ai pas bu durant toutes ces années et que je n’aurai, devant moi, pas plus de deux mois à vivre », affirme-t-il. De plus, il mange bio, pratique régulièrement des jeûnes et s’intéresse de près à la spiritualité. Il continue à se rendre aux réunions des Alcooliques Anonymes : « Pour me souvenir que j’ai ce problème-là. J’ai à donner à ceux qui viennent aujourd’hui mais eux aussi ont des choses à me transmettre. Et puis voir une “nénette” avec un œil au beurre noir, ça me permet de me rappeler d’où je viens. »

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Guérir de sa timidité, son anxiété

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Rougissements, palpitations, estomac noué, panique, voix tremblante: c’est le lot quotidien des timides. Ils disent vivre un véritable calvaire. Pourtant, la timidité n’est pas une pathologie, mais une forme d’anxiété paralysante pouvant aller jusqu’à l’isolement social et affectif. Comment la vaincre et retrouver sa confiance en soi ?

timide

“Toute mon enfance j’ai été très timide. J’aurais souhaité m’exprimer librement, avoir plus d’assurance. Hélas, le simple regard de l’un de mes camarades me rendait écarlate et me faisait perdre tous mes moyens », déclare Christine. Christine n’est pas la seule à souffrir de ce handicap et à rater des occasions en raison d’une anxiété excessive. Ce trouble, un Français sur trois en souffre à différentes occasions de sa vie comme parler à des inconnus, faire face à une personne du sexe opposé, prendre la parole dans une assemblée… La timidité est une émotion fréquente dans la vie quotidienne. Mais elle reste le problème psychologique le moins discuté. Malgré les millions de personnes qui s’en plaignent, elle retient très peu l’attention médiatique. La timidité peut se définir comme un manque d’assurance lors des situations nouvelles, ou comme une propension à se tenir en retrait et à éviter de prendre l’initiative, malgré le désir d’échanges avec l’entourage. On n’est pas timide tout seul !

La peur du regard de l’autre
D’après l’étude du psychologue Philippe Zimbardo, ce qui intimide le plus, c’est :
à 74 % lorsque l’on doit parler devant une assemblée, à 73 % lors de participation à un groupe, à 70 % lors de rencontres avec des inconnus, à 64 % lors d’une rencontre avec une personne de sexe opposé. Etre timide, c’est murmurer parce que l’on craint le regard ou la pensée de l’autre, c’est se sentir rougir lorsque l’on prend la parole lors d’une assemblée, c’est être embarrassé pour faire part de ses opinions. Les personnes timides sont qualifiées de discrètes ou de réservées. Cela ne veut pas dire que l’envie d’échanger avec les autres n’est pas là, bien au contraire ! Mais la confiance en soi fait tellement défaut, que le timide n’ose s’affirmer. « J’ai peur d’être moi-même, de dire ce que … …je  pense », explique Christine.
La timidité étant un trouble de l’affirmation de soi, le timide croit qu’il va attirer l’attention de tout le monde. Néanmoins, les timides réussissent en général à mener une vie en apparence satisfaisante et souvent organisée de manière à éviter les situations embarrassantes. L’évitement leur permet de camoufler, derrière une froideur ou un désintérêt apparent, une hypersensibilité au jugement d’autrui.

Une mauvaise image de soi
La timidité est une anxiété sociale. Selon les Drs Christophe André et Patrick Légeron, psychiatres (1), elle est « une manière d’être, durable et habituelle, marquée par une tendance prononcée à se tenir en retrait et à éviter de prendre l’initiative dans tout type de
situation, une gaucherie lors des rencontres, malgré un désir relatif de se confronter aux échanges ». On peut se demander si la timidité est une disposition héréditaire ou acquise. Les chercheurs ont tranché : elle tient des deux, mais l’éducation de l’enfant est importante dans son développement. Dans notre société où la performance est de mise, le fait de se sentir coupable de ne pas être à la hauteur fragilise émotionnellement. L’individu sera donc davantage enclin à souffrir de timidité. Dans un souci de perfection, la personne timide a peur de révéler ses faiblesses et préfère se mettre en retrait. D’où l’importance de l’éducation : les parents doivent éviter toute forme de pression, reconnaître et accepter les déficiences de leur enfant sans le juger, en discuter avec lui et dédramatiser ses échecs.

Une phobie sociale
Jusqu’à 8-9 mois, un enfant n’a pas conscience du regard de l’autre : la peur de déplaire n’existe pas. En effet, il ne fait pas de différence entre lui et sa mère : pour lui, ils ne font qu’un ! Mais peu à peu la crainte de l’étranger voit le jour et entraîne la peur d’être jugé, de déplaire, d’être rejeté… Bien souvent ces inquiétudes disparaissent avec l’âge. Mais pour certains, le temps n’y fait rien. Pire, ils peuvent se couper du monde et développer une véritable phobie sociale : 10 % de la population souffre de ce handicap. Les personnes phobiques ont une crainte ou une anxiété irrationnelles dans les situations quotidiennes qui se traduisent par la perte de leurs moyens. Une peur panique peut s’installer. Elles croient à tort que ce n’est qu’une « timidité excessive » ou une faiblesse de caractère et n’ont pas tendance à consulter leur médecin ou un psychologue pour aller chercher l’aide qu’elles pourraient, pourtant, obtenir.

De plus, elles peuvent s’être résignées à toujours ressentir la même anxiété, mais elles doivent prendre conscience que tout cela peut changer ! Le corps médical et les psychologues disposent, désormais, d’un certain nombre de traitements simples et efficaces qui peuvent soulager nombre de symptômes (angoisse, palpitations, vertiges, attaque de panique…) et améliorer les activités sociales et la qualité de vie. Certains médicaments et les thérapies comportementales et cognitives peuvent venir à bout d’une timidité excessive.

Ce n’est pas une fatalité
Qu’elle soit invalidante ou exceptionnelle, il est impératif de savoir que la timidité n’est en rien une fatalité. Comme le déclare Charly Cungi, psychiatre et spécialiste en thérapies comportementales et cognitives (TCC) : « Pour vaincre sa timidité, être en harmonie avec soi-même et vivre mieux avec les autres, il est nécessaire de s’exposer progressivement à l’objet de sa peur, apprendre à maîtriser son émotivité et travailler l’affirmation de soi. » Afin de soulager son angoisse, développer sa capacité à se relaxer est également indispensable. Grâce à une thérapie comportementale, Christine s’est débarrassée à jamais de sa timidité : « À présent, la timidité ne me paralyse plus, je me sens enfin à l’aise en société ! »
Pour conclure, n’oublions pas que bien souvent la timidité est le signe d’une sensibilité, d’une émotivité et d’une intelligence vives. Autant de traits qui peuvent devenir de véritables atouts!

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Entretien avec un microkinésithérapeute

Posté par Impatient le 4 juin 2009

« Retrouver l’empreinte des traumatismes passés pour les faire disparaître »

Ancien chargé de cours (ostéopathie et kinésithérapie) auprès des hôpitaux de Paris, Philippe Petit exerce dans la capitale la microkinésithérapie (1), une thérapie manuelle à l’écoute des rythmes vitaux qui reflètent le fonctionnement du corps humain et les émotions qui l’animent.

Alternative Santé : Qu’est-ce que la microkinésithérapie ?
Philippe Petit : Il s’agit d’une thérapie manuelle mise au point par deux kinésithérapeutes lorrains, Daniel Grojean et Patrice Benini. Constatant que la surface de la peau était animée de frissonnements à peine perceptibles au toucher, ils se sont attachés à les étudier et à en dresser une cartographie précise.

A. S.: Dans quel but ?
Philippe Petit : En fait, ces rythmes, souples, reflètent la bonne santé de nos tissus en surface comme en profondeur. Le fait qu’ils se raidissent voire disparaissent, traduit une souffrance, est le signe d’un trouble, d’une lésion. Et l’endroit où la peau se fige diffère selon la nature du problème. Par exemple, l’absence de frémissement à la base du cou indique l’origine infectieuse d’un mauvais fonctionnement intestinal. La cartographie dressée par les inventeurs de la microkinésithérapie répertorie les correspondances entre ces rythmes vitaux et les organes ou les tissus internes.

A. S.: Concrètement, comment se passe une séance ?
Philippe Petit : Le thérapeute déplace ses mains au-dessus du corps de la personne restant habillée, sa formation lui permet de percevoir les zones où la peau se fige. Grâce à la cartographie établie par les fondateurs de la technique, il identifie l’événement fauteur de trouble, et peut même le dater avec une précision qui étonne. La pathologie naît de ce que, à cette époque-là, le corps n’a été capable ni de faire face à l’événement ni de le gérer, il en a néanmoins conservé la trace. Retrouver cette empreinte, la faire ressurgir pour que l’organisme, cette fois, la reconnaisse et l’affronte pour la faire disparaître, voilà notre rôle.

A. S.: Une fois les lésions identifiées, comment se passe le traitement ?
Philippe Petit : Il est exclusivement manuel. En laissant ses mains posées à l’endroit où il a détecté une résistance, le thérapeute sollicite la capacité de l’organisme à reconnaître cette cicatrice du passé, à l’affronter et à lui apporter, cette fois, une réponse appropriée. Si elle l’est, le rythme vital réapparaît à l’endroit qu’il avait délaissé, la peau retrouve sa souplesse et l’organisme sa santé. Cette remise en forme s’accompagne parfois transitoirement d’une augmentation des douleurs ou d’une aggravation de la problématique, de fatigue, avant de céder la place au mieux-être. Quelquefois, une à deux séances supplémentaires sont nécessaires pour renforcer les acquis.

A. S.: La microkinésithérapie serait-elle une technique réflexe comme l’est, par exemple, la réflexologie plantaire qui s’intéresse aux relations entre les organes et la plante des pieds ?
Philippe Petit : Non, on n’est pas dans un phénomène réflexe mais dans la recherche d’une cause capable d’expliquer des symptômes. Cette méthode considère l’être humain comme la somme des acquisitions réalisées depuis la bactérie, il y a 4 milliards d’années, jusqu’à nos jours, pour survivre aux agressions du milieu extérieur. À la manière d’une poupée russe, l’homme a intégré les mécanismes de défense des organismes qui ont peuplé la planète : du ver au vertébré, en passant par le crabe… Ainsi, une entorse est une réaction propre au stade invertébré (par exemple, le crabe qui, ne possédant pas de squelette, réagit à une torsion inappropriée en se désarticulant).
Pour trouver l’événement lésionnel à l’origine d’un trouble, il est nécessaire de tenir compte de cette phylogénèse [histoire évolutive des espèces, des lignées et des groupes d’organismes, ndlr].

A. S.: En ce qui concerne les affections dermatologiques, vous en voyez souvent ?
Philippe Petit : 20 à 25 % des personnes qui nous consultent présentent des problèmes de peau : urticaire, psoriasis, eczéma… Certains sont liés à des émotions ou des difficultés qualifiées de psychosomatiques. Je me souviens d’un monsieur de 58 ans, affligé d’un urticaire géant, qui venait d’être licencié fort peu civilement de l’entreprise dans laquelle il travaillait depuis plus de vingt ans. Mais ce n’est pas tant la rupture, au sens de choc, qui affectait cet homme, que le sentiment d’avoir été évincé de son territoire, une notion touchant dans le cerveau la zone du paléocortex apparue chez les reptiliens. J’ai retrouvé chez lui, grâce à la cartographie, une lésion de l’ectoblaste, l’un des trois tissus provenant de l’organisation de l’embryon et qui donne naissance justement au tissu nerveux (dont le cerveau).
Cette nouvelle expérience a réveillé des rivalités de territoire, qu’il avait autrefois mal gérées, ce qui a déclenché une réaction d’ordre allergique.

A. S.: Les effets de la microkinésithérapie ont-il été évalués ?
Philippe Petit : Oui, à diverses reprises et sur des pathologies aussi variées que la colopathie fonctionnelle, les lombalgies et les problèmes dermatologiques. Deux évaluations, menées en Belgique(2), ont concerné une centaine de personnes atteintes de psoriasis. Dans 60 à 65 % des cas, leurs démangeaisons ont fortement diminué et la surface atteinte par la maladie a régressé. Une autre étude, portant sur une quinzaine d’enfants affectés d’eczéma, a conclu à une disparition des lésions chez neuf jeunes, une atténuation chez les autres sauf deux qui n’ont vu aucun résultat. Et à J+30, l’état général des enfants était meilleur que sous médicaments. Je pourrais encore vous citer une expérience menée au Centre de rééducation des grands brûlés de la région lyonnaise (sur des enfants) visant à démontrer l‘action de la microkinésithérapie sur l’atténuation des cicatrices. Et enfin, une autre, qui a eu lieu à Madagascar auprès des lépreux. Associée au traitement médical classique chez ce type de malades, la méthode a eu d’excellents résultats.

A. S.: Cette pratique est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?
Philippe Petit : Pas du tout. Par contre certaines complémentaires-santé offrent un remboursement partiel de ces actes. Le prix d’une consultation est très variable d’une ville à une autre, il est souvent aligné sur celui des homéopathes ou des ostéopathes.

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La visualisation, une aide à la chimiothérapie

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Stress, découragement, perte des repères… les traitements du cancer sont souvent une épreuve qui défie le corps et l’esprit. Ne plus subir, s’approprier sa guérison, reconquérir le goût de vivre… tels sont les objectifs de la méthode proposée par le Dr Alain Paul.

visualisation“Ceci est un moment important de ma vie. Adieu, adieu la maladie ! Vive la santé ! Vive la vie ! ” Voici comment débute le CD intitulé « Chimio-relax » (1) du Dr Alain Paul. Homéopathe et acupuncteur depuis plus de trente ans, auteur de « Se soigner par l’homéopathie au troisième millénaire » (éd. Courrier du Livre), ce médecin accompagne de nombreuses personnes atteintes de cancer. « Je les aide pendant leur traitement souvent lourd. Je prends notamment le temps de les rassurer car elles vivent leur maladie comme une injustice et la chimiothérapie comme une épreuve imposée. » Dans son CD, il propose, sur fond musical, une relaxation suivie d’une visualisation pour augmenter les effets bénéfiques de la chimiothérapie et en diminuer les effets secondaires.

Apporter de la détente
Se relaxer est le premier objectif du CD. En effet, le milieu hospitalier est, par essence, porteur de stress. Tout d’abord, de son propre stress car on doit faire face à la maladie et à la possibilité d’une issue fatale. Ensuite, on se trouve confronté à d’autres malades, véritables miroirs de nos propres angoisses. Enfin, la trop fréquente déshumanisation du traitement contribue à nous faire perdre nos repères, ce qui génère du stress. « Avant ma séance de chimio, je suis toujours tendue, témoigne Annette. Et de m’asseoir sur un siège inconfortable, à côté d’autres malades qui pleurent ou se plaignent, n’arrange rien. » Alors, elle écoute le CD « Chimio-relax ». « Cela me permet de m’isoler », reconnaît-elle. Elle ferme les yeux et rentre en elle-même. Seule compte alors la voix posée du Dr Paul qui donne les instructions, qui montre le chemin à suivre : « Je détends tous mes muscles, les pieds, les jambes, les cuisses, le ventre, le thorax et le visage ; je décrispe ma bouche. » Les exercices de respiration abdominale dénouent la gorge, débloquent le plexus solaire, améliorent l’oxygénation et la détoxication des cellules, détendent le corps et l’esprit…

Se libérer de ses peurs
Vient alors le temps de parler du choc éprouvé lors de l’annonce de la maladie et des souffrances vécues, celles des ablations et des traitements agressifs, mais aussi des peurs, peur de souffrir, peur de l’échec, peur de mourir… Reconnaître ses émotions douloureuses sur une musique planante permet de les accepter, puis de s’en libérer pour pouvoir profiter pleinement de chaque seconde de vie. Le malade ne se trouve plus alors dans une position de repli sur soi, mais d’ouverture sur les autres. « Je suis seulement un élément de la chaîne des hommes et sans les autres, je ne suis rien. Et je commence par remercier… »
Et le Dr Paul de citer chercheurs, médecins, laboratoires pharmaceutiques, présentés comme « les maillons de la chaîne pour ma santé », comme « mes amis ». De quoi se sentir épaulé, soutenu dans ces moments difficiles…

Participer à sa guérison
Quitter l’abattement, la résignation, la soumission, la passivité, voilà ce que propose le Dr Paul. Il invite à imaginer que la perfusion
est un liquide guérisseur, comme une eau-de-vie qui, en se diffusant, détruit les mauvaises cellules, apparentées à des grains de raisin qui vont se flétrir et petit à petit se détacher des grappes. « […] Je ne vais plus subir. Ma guérison ne va plus dépendre des autres ; je vais la préparer avec amour : ma vie, ma santé m’appartiennent. »
Œuvrer à leur propre guérison, en être partie prenante, c’est ce que font désormais ceux qui écoutent le CD du Dr Paul pendant la chimio. « Je suis désormais totalement présente et active pendant le temps de la perfusion, affirme Annette. Je visualise le trajet du produit dans mon corps, je l’imagine allant là où j’ai mal, tout particulièrement dans le dos. » Corps et esprit se trouvent ainsi unis pour que le processus de guérison soit le plus efficace possible. Marie-Christine reconnaît que « l’esprit fait beaucoup ; je vois la différence avec mes amies atteintes d’un cancer du sein comme moi, mais qui se refusent à s’aider par la visualisation… ». Le pouvoir de l’imagination est maintenant connu et reconnu. Le Dr Carl Simonton a ainsi montré qu’un travail de visualisation positive donnait de bons résultats en matière de rémission – temps de survie deux fois plus long – et de confort de vie (voir encadré ci-contre).

Soulager sa peine
La relaxation-visualisation atténuerait également les effets secondaires de la chimiothérapie. Marie-Christine n’a jamais connu ni nausées, ni vomissements ; Annette reconnaît ne prendre qu’un seul jour les médicaments contre les nausées, « contre 4 à 5 jours pour les autres patients ». La rapidité de récupération de Marie-Christine et d’Annette en a étonné plus d’un. Tous leurs compagnons de chimio leur ont demandé les références du CD. Même la cancérologue d’Annette s’est enquise de savoir comment elle arrivait à supporter aussi bien ces traitements agressifs. En guise de réponse, Annette lui a offert le CD…

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Ostéopathie et chiropratique: Résistance

Posté par Impatient le 4 juin 2009


osteopathieL’ostéopathie et la chiropratique ont été reconnues par la loi du
4 mars 2002. Mais le gouvernement traîne la patte. Quatre ans après, les décrets d’application ne sont toujours pas pris. Pire, il essaie, avec la complicité de l’Académie de médecine et sous la pression des médecins et kinésithérapeutes, de vider de leur substance ces professions qui ont prouvé leur efficacité.

La mort à petit feu de l’ostéopathie et de la chiropratique est-elle programmée ? On peut se le demander. La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé avait donné un statut légal à ces professions. Ce texte, adopté sous l’influence de la Résolution du Parlement européen sur les médecines non conventionnelles, est un grand pas dans la reconnaissance du pluralisme thérapeutique. Mais depuis plus de quatre ans, il est resté inappliqué, le gouvernement n’ayant pas pris les décrets et arrêtés concernant le contenu des formations, les modalités de reconnaissance des écoles et de délivrance des diplômes, les actes autorisés et les conditions d’exercice des praticiens. Un retard qui s’explique par les pressions des médecins et kinésithérapeutes dont beaucoup voudraient que ces disciplines leur soient réservées. Au début de l’année, un rapport de l’Académie de médecine allait dans le même sens (1). Les divisions des ostéopathes, la multiplication inconsidérée d’écoles d’ostéopathie, n’ont fait qu’aggraver les choses.

Sous le coup d’une triple interdiction
Le 25 avril dernier, le ministère de la Santé a communiqué aux organisations professionnelles un projet de décret, provoquant stupeur et colère de celles-ci. Les ostéopathes et chiropraticiens formés uniquement à ces disciplines ne seraient pas reconnus comme constituant une nouvelle profession de santé, mais seulement une nouvelle catégorie professionnelle au statut flou, comparable à celles des psychologues. Certes, leur principale revendication : pouvoir exercer en première intention, sans que le patient ait à passer au préalable chez un médecin, est admise. Mais leur compétence est sérieusement limitée par une triple interdiction : pas de manipulation du crâne, de la face et de la colonne vertébrale chez les nourrissons de moins de six mois, pas de manipulations gynéco-obstétricales chez les femmes enceintes et pas de manipulations cervicales quel que soit l’âge. Ces interdictions ne s’appliqueront pas aux médecins ou kinésithérapeutes qui exerceraient ces professions.

Pétition et rassemblement
C’est, pour l’essentiel, ce que souhaitait l’Académie de médecine. « Si ce texte était adopté tel quel, il viderait ces professions de leur substance en interdisant aux professionnels une partie majeure de leurs actes, et, faute d’un statut approprié, ne garantirait pas la qualité des actes et la sécurité des soins », s’indigne Armand Gersanois vice-président de l’Union fédérale des ostéopathes de France qui précise : « Ce projet est contraire aux textes de l’Union européenne concernant la qualification professionnelle, à ceux de l’Organisation mondiale de la Santé concernant l’ostéopathie et la chiropratique et aux lois qui régissent celles-ci dans plusieurs pays européens, comme la Belgique ou le Royaume-Uni. » C’est pourquoi les ostéopathes et les chiropraticiens lancent des pétitions pour sauver l’ostéopathie et la chiropratique (2). Le 3 mai, une manifestation rassemblait quelques milliers d’étudiants en ostéopathie devant le siège du ministère de la Santé. Tous les patients doivent se mobiliser.

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Maladies de peau, Affections de la peau et les Origines Psychiques

Posté par Impatient le 4 juin 2009

Certaines affections de la peau trouvent leur origine dans des difficultés psychiques. Les comprendre peut être l’occasion de se transformer intérieurement… pour guérir.

« Ce qu’il y a de plus profond en l’homme, c’est la peau. » Paul Valéry a parfaitement résumé la particularité de cet organe, tout à la fois enveloppe protectrice, capteur de sensations, outil de communication… Le lien entre psychisme et peau paraît évident. Pourtant, c’est un sujet complexe que l’on n’a pas fini d’explorer.
« Le psoriasis et l’eczéma apparaissent souvent à la suite d’un choc, explique le Pr Alain Claudy (1). Comme les cheveux de Marie-Antoinette qui ont blanchi d’un coup, au cours de la nuit de Varennes ! Ce type de réaction est dû à une baisse brutale de l’immunité. Mais c’est la carte d’identité génétique de la personne qui détermine si son organisme aura cette réponse ou non. » Entre origine psychique et « terrain » génétique, il est difficile de faire la part des choses. Difficile aussi de déterminer si une maladie gênante physiquement et socialement comme le psoriasis est la conséquence ou la cause du stress… ou les deux à la fois !
« Dans le cas des maladies psychosomatiques, comme la pelade, poursuit le Pr Claudy, le fonctionnement psychique est normal, mais c’est la peau qui présente une réaction exagérée. Et la gêne induite par ces dermatoses peut à son tour agir sur le psychisme.»  Quant à l’acné, dont Agnès a souffert  jusque vers l’âge de 35 ans, elle lui fait dire : « Quand on est une jeune femme, que l’on essaie d’être séduisante, c’est terrible d’avoir des boutons d’acné comme une adolescente. Pour moi, c’était devenu une obsession, je ne voyais plus que cela dans le miroir. »

Dans d’autres cas, la peau subit les conséquences d’un comportement psychique anormal. Le Pr Claudy reçoit ainsi des patients névrotiques ou psychotiques qui se font eux-mêmes des lésions tout en niant l’origine psychique de ces auto-agressions. D’autres encore souffrent de phobies focalisées sur une zone cutanée : parasitophobie, sensation de peau trop serrée ou trop lâche, trop sèche ou trop grasse, hypo ou hypersudation, ou encore hallucinations tactiles (sensation de pied brûlant, prurit psychogène…).
Tous les « malades de la peau » relèvent-ils du psy ? « Nous, dermatologues, avons aussi un rôle de psychologue, affirme Alain Claudy. Je ne conseille jamais (sauf cas grave) de consulter un psychiatre, car cela remue trop de choses. Mais je ne m’oppose pas aux thérapies comportementales : si les personnes sont demandeuses, cela peut être utile. Quant aux cures thermales, elles sont une bonne solution… pour permettre à quelqu’un de sortir quelque temps d’un environnement perturbant. » Une « pause » qui ne résout rien, mais permet de souffler : « Avant de divorcer, raconte Danielle, j’avais constaté que mes mains, généralement crevassées par un eczéma purulent, reprenaient une peau de bébé lorsque je partais seule en randonnée ! » Le Pr Claudy explique à ses patients qu’ils « doivent avant tout modifier leurs propres attitudes ».

Homéopathie, naturopathie, art-thérapie…
C’est aussi ce que conseille un internaute sur l’un des nombreux forums où s’exprime le ras-le-bol de ceux qui ont « tout tenté » : « Moi aussi, j’ai essayé les huiles essentielles, les extraits de pépins de pamplemousse, etc. Mais j’ai surtout fait un travail sur moi-même pour arriver à gérer mon anxiété, manger plus équilibré et faire au moins une séance de sport par semaine, voire plus lorsque cela ne va pas. » Agnès a suivi le même cheminement : pour son acné, elle a eu recours au dermatologue « classique », au psychothérapeute, à l’énergéticien… avant de découvrir  la naturopathie : « Prendre le soleil, se détendre, mieux s’alimenter, se soigner avec les plantes… tout cela me permet de lutter contre le stress, et d’aller mieux », affirme-t-elle.
Dominique Morinello, hypnothérapeute, reçoit  des gens qui ont également « couru » les cabinets ou passé plusieurs années sur le divan d’un psychothérapeute : « L’hypnose ericksonienne désactive le conscient pour laisser émerger l’inconscient, explique-t-il. Les gens parviennent rapidement à faire remonter des traumatismes,  comme un viol, et les émotions qui y sont associées, ce qui fait souvent disparaître le symptôme. »
Pour Agnès, ce qui a été déterminant, c’est une démarche de développement personnel globale : « J’ai compris que mon acné, mais aussi l’eczéma de mon bébé, étaient dûs à mon histoire personnelle, raconte-t-elle. L’acné était une manière de tenir les autres à distance, même si, émotionnellement, j’étais en fusion avec eux. Quant à l’eczéma de notre fils, même mon compagnon, qui n’est pas très “branché psy”, a réalisé qu’il a été une chance, une occasion de nous poser des questions sur nous et sur nos relations avec nos propres parents. »

Une approche thérapeutique globale
Ils l’ont notamment compris grâce à la médecine anthroposophique, proposée par le Dr Didier Fayol, dermatologue. Cette « science de l’esprit » élaborée par Rudolph Steiner élargit la perception de l’homme à toutes ses dimensions : physique, énergétique, émotionnelle et spirituelle. « J’avais choisi la dermatologie comme spécialité car j’estimais que c’était la plus proche du psychisme, explique le Dr Fayol. Au début de ma pratique, j’expliquais tout par ce biais. Or, mes patients se sont rebellés, car si faire ressortir le nœud du problème par un travail analytique est indispensable, cela ne suffit pas, parfois, à faire disparaître la maladie ! » La pratique de l’anthroposophie répond à toutes ces attentes.
L’observation, le questionnement et l’écoute du patient, à propos de sa vie actuelle et passée, de son environnement familial, des événements significatifs qu’il a vécus, sont essentiels… « Il est possible de distinguer différentes “catégories” de tempéraments, précise Didier Fayol, auxquelles correspondent souvent, outre l’affection dermatologique, des caractéristiques touchant un organe : le poumon, le foie, les reins… Les personnes atteintes de psoriasis, par exemple, sont souvent assez rigides. Elles ont besoin de tout maîtriser et ont peu développé le pôle émotionnel. Elles acceptent l’idée que leur dermatose a une composante psychique, mais en l’intellectualisant. En outre, elles ont souvent le souffle court. L’organe concerné  est pour elles le poumon. Pour les gens qui souffrent d’eczéma, en revanche, le foie est important, car c’est le premier à ressentir ce qui se passe. Ces sujets ont souvent une tendance à la déprime. Verbalisant beaucoup, ils ont besoin de travailler leur volonté,  le passage à l’acte. » C’est l’ensemble de la personne que l’anthroposophie vise à soigner… Ainsi, lorsque Danielle a divorcé, puis développé  quelques-uns de ses talents (danse, musique…) jusque-là inexploités, elle a vu, avec l’aide de quelques crèmes et granules,  disparaître son eczéma…

Le traitement, adapté au tempérament de la personne, doit être global : des médicaments homéopathiques, éventuellement un régime (par exemple pour soulager la vésicule), mais aussi une indication de yoga, de qi gong, d’art-thérapie, d’eurythmie (une forme de danse mise au point par le fondateur de l’anthroposophie)… « Je préconise par exemple l’art de la couleur, le fusain, les dessins de forme pour les personnes ayant une dermite séborrhéique, ajoute le Dr Fayol. Il s’agit souvent d’hommes, d’une grande rigueur, qui maîtrisent le domaine des émotions qu’ils jugent trop bouillonnant ou, à l’inverse, trop pauvre. On est surpris de constater le contraste entre la bénignité de la dermatose et la gravité de la maladie de l’âme. » Se saisir de la première pour guérir la seconde, voilà bien l’enjeu des problèmes de peau.

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