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Archives pour mai 2009

Les mutuelles et assurances de santé

Posté par Impatient le 22 mai 2009

Une prise en charge timide…

Sarah, Michel, Sylviane, comme beaucoup de lecteurs d’Alternative Santé, recourent aux médecines douces et en sont satisfaits. Mais ils supportent seuls, ou presque, le coût financier de leur choix. À cette situation ressentie comme injuste, les complémentaires sont prêtes à apporter des réponses.

Le faible crédit accordé aux médecines alternatives par les institutions médicales a conduit l’Assurance maladie à ignorer purement et simplement cette question. En conséquence, sauf quand elles sont exercées par des médecins qui, à ce titre, ont passé une convention avec la Sécurité sociale, elles ne donnent droit à aucune prise en charge. Donc, seules les consultations auprès d’acupuncteurs, d’homéopathes, d’ostéopathes, de naturopathes…, munis d’un diplôme de médecin et conventionnés, donnent droit, encore actuellement, à un remboursement. Sur la base du tarif du médecin généraliste, car ces « orientations » ne sont pas reconnues comme spécialités médicales. Même traitement pour les médicaments et autres examens dits alternatifs ou complémentaires. Ordonnés par un médecin, ils sont partiellement remboursés, prescrits par des thérapeutes non-médecins, ils sont entièrement à la charge des malades. À quelques exceptions près, (lire entretien p.22), les complémentaires santé ont suivi la politique de l’Assurance maladie. Mais la situation commence à évoluer. Cette tendance pourrait même s’accélérer. À cela, trois raisons.

La première concerne la résolution sur le statut des médecines non conventionnelles adoptée par le Parlement européen en 1997. Se fondant sur les pratiques développées dans les différents pays de la l’Union européenne, les députés ont voté pour que soit mis en place, au niveau de chaque État, un processus de reconnaissance des médecines alternatives. Avec pour priorité sept disciplines : la chiropratique, l’ostéopathie, la naturopathie, la médecine traditionnelle chinoise (qui inclut l’acupuncture), la phytothérapie, l’homéopathie, la médecine anthroposophique. La loi française de mars 2002 (consacrée à la qualité du système de santé) a défini un cadre pour les deux premières. Même si les décrets d’application tardent à sortir, cette initiative ouvre la voie à l’acceptation de non-médecins dans le champ thérapeutique. Car ils exercent, dans une très large majorité, ces disciplines manuelles. Pourquoi la chiropratique et l’ostéopathie ont-elles droit à un traitement de faveur? D’une part, il s’agit d’approches largement répandues en France, d’autre part, les deux professions sont bien structurées autour d’organisations capables de les représenter.

Deuxième raison de cette évolution : une demande forte des assurés. L’engouement pour les médecines alternatives dont les magazines féminins se font par ailleurs largement l’écho, va crescendo. Les Français sont près de 40 % à consommer régulièrement de l’homéopathie (contre 19 % en 1983), rapporte un document de Solly Azar, un courtier en produits d’assurances spécifiques qui propose une formule remboursant partiellement les soins de médecine
naturelle, 20 % à recourir à l’ostéopathie (contre 5 % en 1983) et 25 % à l’acupuncture. Difficile de rester insensible aux 7 millions d’actes d’acupuncture et 4,5 millions d’ordonnances d’homéopathie, répertoriés annuellement par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Par ailleurs, ce sont des pratiques qui misent beaucoup sur la prévention et sont moins demandeuses d’imagerie et d’examens médicaux.

Analysé par la CNAMTS, le coût moyen d’un praticien de médecines alternatives est moindre, comparé à celui d’un médecin généraliste : 2 fois moins de pharmacie, 2 fois moins de kinésithérapie, 2 fois moins de biologie, 3 fois moins d’indemnités journalières. « Elles participent d’une autre façon de se soigner, confirme Jean-Luc Nodenot, président de l’Ugim, un groupement de mutuelles de fonctionnaires(1), qui prend en compte les soins ostéopathiques et chiropratiques. Cela favorise une évolution du comportement sanitaire.» Analyse reprise par Christel Girard-Nkuindji, chef de produits chez Solly Azar : « Le public est demandeur d’une médecine différente, moins agressive, moins toxique, plus individualisée, davantage à l’écoute des besoins des malades et offrant des conseils pour maintenir l’état de santé. » En proposant le remboursement, même partiel de ces pratiques, les complémentaires espèrent faire d’une pierre deux coups : économiser … …en amont un certain nombre d’actes (radios, bilans…) et prévenir la survenue de pathologies graves.

Troisième raison, l’ouverture du marché européen à la libre concurrence entre organismes couvrant les risques santé hors du champ de la Sécurité sociale (lire encadré p. 27). Pour s’acquérir les faveurs d’un public déçu du désengagement progressif de l’Assurance maladie (déremboursement total ou partiel des médicaments de confort, de l’homéopathie…) et prêt à payer pour davantage de garanties  dans le domaine des médecines alternatives, les offres de contrats commencent à fleurir. Le syndicat des ostéopathes de France fournit une liste d’une trentaine de mutuelles et d’assureurs ouverts à la prise en charge de cette pratique. L’Association française de chiropratique en répertorie, elle, plus d’une quarantaine. S’il est possible de toutes les indiquer (lire fiches pratiques p. 31), il est difficile de les comparer, tant les offres sont variées : forfait annuel, remboursement par consultation de 3 à 25 €, en nombre limité ou illimité, sur présentation ou non d’une facture mentionnant l’adhésion du professionnel à un réseau de praticiens, recours à des professionnels ayant passé une sorte de convention avec la complémentaire… Une chose est sûre, elles laissent toutes une part du coût à la charge de l’assuré.

Comment choisir ?
• Recourir aux médecines complémentaires n’empêche pas une chute malencontreuse dans l’escalier ou lors d’une randonnée, la survenue de la presbytie ou le développement de caries, événements qui occasionnent, tous, des frais de santé. Attention à ne pas prendre la proie pour son ombre. Si l’on désire contracter une complémentaire qui couvre des soins non conventionnels, s’assurer que le contrat choisi offre également des garanties de base : forfait hospitalier, optique… (lire p. 29) Autant dire qu’il s’agira, dans la plupart des cas, de formules plus conséquentes et… plus onéreuses.

• Prendre la peine de comparer les propositions. Si l’ostéopathie et la chiropratique sont fréquemment garanties, les contrats peuvent ne faire aucun cas d’autres pratiques, comme la naturopathie, l’étiopathie, la réflexologie, les massages chinois ou ignorer le recours aux compléments nutritionnels et autres préparations comme ceux de phytothérapie ou d’homéopathie parfois prescrits par les thérapeutes. Ou se désintéresser, comme l’illustre le cas de Sylviane (lire p. 20), des bilans recommandés et des dépassements d’honoraires. En clair, lire attentivement les garanties proposées et évaluer le besoin à la lumière de sa situation et de ses habitudes. En pratiquant ainsi, Sarah (lire p. 21) a calculé qu’un tel contrat lui reviendrait plus cher que les sommes à débourser pour consulter l’ostéopathe trois ou quatre fois l’an. « Mais, ajoute-t-elle, dans quelques années, si j’ai d’autres enfants, si ma situation financière évolue, si mes besoins augmentent, il faudra que je repense la question… ».
Autre prestation qui peut être intéressante mais qui est rarement proposée, le forfait d’automédication. Outre que celui-ci pourrait garantir les frais de produits non conventionnels indiqués ci-dessus, il pourrait également couvrir les médicaments déconventionnés comme les veinotoniques ou très faiblement remboursés, par exemple l’homéopathie. D’autant plus que cette part de la facture médicale risque de continuer à s’accentuer.

Des changements profonds, en matière de couverture sociale et sanitaire sont en cours. L’accroissement de l’offre de complémentaires santé va de pair avec la volonté des organismes (mutuelles, assurances, instituts de prévoyance, banques) de proposer une palette de « produits » correspondant aux demandes des assurés. Vous avez dit « produits » ? Oui, c’est le mot, qui a de moins en moins à voir avec la solidarité.

cécile baudet

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Traitement de la dyslexie: Une approche posturale de la dyslexie

Posté par Impatient le 22 mai 2009

Soigner le syndrome de déficience posturale (SDP), aiderait à traiter la dyslexie. Une approche innovante et une nouvelle voie de traitement aux résultats encourageants.

Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture. Il s’agit également d’un trouble persistant de l’apprentissage du langage écrit caractérisé par de grandes difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à sa maîtrise (lecture, écriture, orthographe…). Les causes et les traitements sont à l’heure actuelle discutés et controversés et ne font l’objet d’aucun consensus médical.

Pour cette raison, l’enfant et ses proches sont bien souvent ballottés de praticien en praticien, orthophoniste, psychologue, pédiatre, neurologue, etc. Il y aurait pourtant urgence à se mettre d’accord, la dyslexie étant un véritable problème de santé publique : 10 % de la population scolaire est concernée.

« Son traitement est classiquement confié aux orthophonistes et aux psychologues, constate le Dr Gabriel Elie, ophtalmologiste à Brest. La stimulation du cerveau permet à certains enfants de « vivre » avec leur dyslexie, mais d’autres continuent à avoir des troubles importants. Les capacités intellectuelles sont tout à fait normales et pourtant les difficultés de lecture  persistent. Il n’y a jamais eu d’évaluation des résultats obtenus par les traitements, en particulier par l’orthophonie. »
Parce que son petit-fils de 8 ans était concerné, le Dr Gabriel Elie s’est intéressé à d’autres approches et a découvert le syndrome de déficience posturale – ou proprioceptive – (SDP) et son rôle dans la dyslexie.

Le syndrome de déficience posturale
Le traitement postural de la dyslexie est né au Portugal dans les années 1980, de la rencontre du Dr Martin Da Cunha, médecin en rééducation fonctionnelle et du Dr Da Silva, un ophtalmologiste qui a fait le lien entre la proprioception et la dyslexie. La proprioception est cette sensibilité … … profonde qui donne à l’individu la perception de son corps et de sa situation dans l’espace. « Grâce à elle, précise le Dr Gabriel Elié, on habite son corps et on contrôle ses gestes. Dans ce mécanisme, les yeux et la posture sur les pieds sont fondamentaux. L’enfant dyslexique localise mal les différents segments de son corps. Il accommode mal. Il rate le test main-œil mettant en évidence un dysfonctionnement entre la perception visuelle et le geste. C’est comme un manque de concordance entre ce qu’il voit et ce qu’il sent avec sa main. » Ce trouble, ou syndrome de déficience proprioceptive, se diagnostique aisément, pour peu que l’on se livre à un examen approfondi. Ces enfants ont aussi, souvent, des contractions et des points douloureux provoqués par de fortes tensions musculaires. Ils sont mal campés sur leurs jambes et ont des problèmes d’équilibre. Ils sont parfois sujets aux entorses et aux vertiges.

La rééducation posturale
Le traitement repose sur la prescription de lunettes à prismes qui permettent d’agir sur les muscles oculaires, de semelles pour améliorer la posture, le tout assorti à une rééducation posturale : des exercices à effectuer régulièrement. Les prismes dévient la lumière. Ils modifient la direction du regard et agissent ainsi sur la tension des muscles oculaires. Les muscles qui se contractaient indûment se relâchent, jusqu’au bas du corps. « Lorsque l’on porte des lunettes à prismes, explique le Dr Gabriel Elie, l’œil envoie des informations qui aident la proprioception à se réharmoniser et de nouvelles commandes cérébrales se mettent en place. Peu à peu, les lunettes régularisent la proprioception des muscles oculaires et normalisent la localisation spatiale des mots à lire. » La puissance et l’orientation du prisme dépendent du type de SDP. Pour chaque verre, il faudra compter 20 euros de plus qu’un verre normal.
Les parents doivent veiller à ce que l’enfant effectue régulièrement ses exercices de reprogrammation à la fois respiratoire et posturale. Ceux-ci lui permettent de mieux marcher et de se tenir correctement debout. Il en existe aussi pour adopter de bonnes attitudes de lecture et d’endormissement. Ce travail global permet de décontracter le corps et calme les enfants  trop remuants.

Un centre multipraticiens
« Traiter le SDP, affirme le Dr Gabriel Elie, permet une amélioration significative de la dyslexie dans un grand nombre de cas, et cela simplement à l’aide de lunettes et de semelles. Les lunettes ressemblent à toutes les autres  et n’attirent pas le regard. Quant aux semelles de posture, fabriquées sur mesure et glissées dans les chaussures, elles sont totalement invisibles. »
Pendant de nombreuses années, seuls quelques ophtalmologues éparpillés dans l’Hexagone proposaient cette approche. L’ouverture à Paris, en octobre 2006, d’un centre thérapeutique (1) regroupant une équipe pluridisciplinaire (pédiatre, orthoptiste, ophtalmologue, podologue), offre de nouvelles perspectives aux parents. Ce centre regroupe en un même lieu les différentes compétences nécessaires au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge du syndrome de déficience proprioceptive.
Pour les parents, le principal bénéfice est d’avoir tous les interlocuteurs sous la main. L’enfant n’est plus ballotté entre différentes structures. Le protocole de soins s’étale en général sur deux ans avec une première consultation qui dure au minimum une demi-journée. La plupart du temps, les enfants continuent parallèlement l’orthophonie jusqu’à l’amélioration de la lecture.

martine laganier

(1) Centre médical dédié au soin de
la dyslexie Prodys.  11, bis avenue
Mac Mahon,
75017 Paris.
Tél. : 01 45 74 10 10.
Sur Internet : www.prodys.eu

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Nanotechnologies entre espoir et interrogations

Posté par Impatient le 22 mai 2009

Plus de 400 produits de consommation courante contiennent des nanoparticules. Alors que l’on ne sait pas grand-chose sur leur éventuelle toxicité !

Le nanomètre est au mètre ce que le pamplemousse est à la terre, infiniment petit. Les nanotechnologies se réfèrent à toutes les technologies utilisant des particules de l’ordre du nanomètre, c’est-à-dire 1 milliardième de mètre.
Il existe des nanoparticules d’or, d’oxyde de titane, de noir de carbone (autrement dit les extra mini-poussières de fumée de bougie). Elles se présentent sous différentes formes : nanotubes (de carbone), nanosphères, nanocubes, nanocristaux (encore appelés boîtes quantiques ou « quantum dots »)…

À ces dimensions-là, les propriétés physiques et chimiques de la matière se trouvent modifiées, comme le rappelle le groupe ETC dans son dernier rapport sur les nanotechnologies (1). « De manière générale, plus les matériaux sont petits, plus ils réagissent vite et violemment. Par exemple, le carbone, sous forme de mine de crayon est tendre et malléable, alors que sous forme de nanotubes, il devient beaucoup plus résistant que l’acier. » Le noir de carbone et le dioxyde de titane, classés potentiellement cancérigènes chez l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, le seront-ils moins ou plus à l’état nano ? On aurait pu penser que le règlement Reach (destiné à évaluer la toxicité des substances chimiques) résoudrait cette question, mais, rappelle l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail, « ce règlement n’est limité qu’aux substances produites à plus d’une tonne par fabricant, non cumulable. Par ailleurs, il s’applique aux substances et non aux matériaux ». Or les nanos se trouvent souvent à la frontière entre les deux mondes.

Une toxicité encore méconnue
On ne sait rien de la présence de nanoparticules dans divers produits courants : médicaments, crèmes antirides, shampooings, chaussettes désodorisantes, pneumatiques, raquettes … …de tennis (2)… Pourtant, elles n’ont fait l’objet d’aucune évaluation quant à leur toxicité pour la santé humaine ou celle de l’environnement…
De plus, il n’existe pas de législation adéquate relative à leur étiquetage, ce qui permettrait « au consommateur de choisir en connaissance de cause et d’éviter, en vertu de la plus élémentaire prudence, l’utilisation de produits potentiellement dangereux », souligne le Grappe-asbl (Groupe de réflexion et d’action pour une politique écologique – Association sans but lucratif) (3).

Dès 2003, Greenpeace donnait l’alerte en dénonçant la méconnaissance générale liée à l’absence pure et simple d’études sur le sujet (4). Depuis, plusieurs programmes européens (Nanosafe, Nanoderm, Shape Risk…) ont été initiés pour étudier les dangers de ces particules, leur capacité à franchir la barrière de la peau, les moyens de les détecter…
Ce n’est qu’en janvier 2007 qu’une étude officielle du CNRS a démarré sur la toxicité des nanotubes de carbone. Découverts en 1991, ils entrent aujourd’hui dans la composition de matériaux courants : écrans plats, pneus, pièces de carrosserie (Renault et Peugeot) ou articles de sport (battes de baseball)… Lors du tour de France 2005, Floyd Landis roulait sur le premier vélo équipé d’un cadre aux  nanotubes de carbone.
L’étude du CNRS doit également examiner le devenir de ces matériaux après usage : leur dégradation, la libération des nanoparticules dans l’eau, l’air, les sols… La production annuelle mondiale de nanotubes de carbone (près de 99 tonnes en 2006) justifie sans doute cette attention, celles de noir de carbone (6 millions de tonnes par an, dont 200 000 en France), de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc (1 000 à 2 000 tonnes par an) mériteraient également d’être prises en compte.

Des cosmétiques révolutionnaires ?
Si les applications médicales des nanotechnologies restent balbutiantes (lire encadré page suivante), il en va autrement des compléments alimentaires et de la cosmétologie qui contiennent déjà des nanoparticules. Le Grappe, inquiet des possibles conséquences sanitaires, vient de lancer en Belgique une série de débats citoyens sur le sujet. L’Afsset (5) émet des doutes : « Il existe très peu de données publiées sur les expositions par voie cutanée aux nanoréseaux […]). Compte tenu de leur faible diamètre, leur pénétration cutanée pourrait être largement facilitée. Peu de travaux sont disponibles dans la littérature et leurs conclusions apparaissent contradictoires. »

D’autres sources d’exposition sont à craindre : les aliments que nous consommons ! Nanoforum (6), réseau d’information sur les nanotechnologies constitué avec le soutien de la l’Union européenne, rappelle que « les applications des nanotechnologies dans tout le secteur de l’agroalimentaire sont multiples et déjà opérationnelles ». Des films plastiques d’emballage, truffés de nanoparticules de silicate, réduisent les échanges gazeux entre l’aliment emballé et l’extérieur, et protègent du dessèchement, des moisissures, de l’oxydation… Autre secteur, lui, expérimental : les nanoparticules dans les aliments pour leur conférer diverses qualités concernant la composition (avec ou sans sucre), l’apparence (texture plus ou moins onctueuse, couleur, saveur) ou la conservation (par exemple la libération de conservateurs après ouverture de l’emballage).
Mais l’ingestion de telles particules pose question : leur possible traversée de membranes à effet barrière comme le placenta est dangereuse, leur persistance dans l’organisme pourrait être hautement pathogène…

Et l’exposition professionnelle ?
Fera-t-on face à une nouvelle affaire de l’amiante ? Pour certaines associations comme les Grenoblois de Pièces et Main d’œuvre (7), cela ne fait aucun doute. Ils assimilent les nanotechnologies à des « nécrotechnologies », au même titre que le nucléaire ou les biotechnologies. Il faut dire qu’à Grenoble s’est ouvert Minatec, un vaste complexe industriel, premier pôle européen sur les nanotechnologies. Sans aucune concertation avec la population. Sans information. « Minatec consomme à lui seul 15 % de l’électricité de la ville de Grenoble ! » s’indigne l’association. La concentration de l’air en nanoparticules devient en Isère beaucoup plus élevée qu’ailleurs…
Avec quels risques ? L’Afsset rappelle sans ambiguïté que les nanoparticules « peuvent entrer dans l’organisme par trois voies principales : respiratoire, cutanée et digestive ». Des experts du CNRS estiment qu’en 2010, plus de deux millions de salariés y seront exposés.  Or, « aucun masque ne peut les arrêter », alerte le toxicologue Alain Lombard.
Si bon nombre des recherches tiennent encore de la science-fiction, il n’en reste pas moins que nous sommes bel et bien entrés dans l’ère des nanotechnologies, souvent sans le savoir et sans en connaître les conséquences à long terme sur la santé humaine. On s’étonnera décidément toujours d’une politique de développement qui consiste à faire d’abord et voir ensuite !

clara delpas

(1) « Un infiniment petit guide d’introduction aux technologies à l’échelle nanométrique… et à la théorie du big bang », ETC-Group, juin 2005. ETC (Érosion, Technologie et Concentration) Group est un groupe d’action nord-américain qui se consacre à la conservation et au développement durable de la diversité culturelle et écologique et des droits de l’homme.
Site Internet : www.etcgroup.org.
(2) Inventaire des produits nanotechnologiques disponibles sur le marché mondial. Site Internet : www. nanotechproject. org
(en anglais).
(3) Grappe – ASBL, 26, rue Basse-Marcelle, B-5000 Namur.
Tél. : 00 32 81 23 09 69 ; Site Internet : www.grappebelgique.be
(4) Future Technologies,
Today’s Choices : Nanotechnology, Artificial Intelligence and Robotics. A technical, political and institutional map of emerging technologies. Rapport de Greenpeace, juillet 2003 (en anglais).
(5) Les Nanomatériaux.  Effets sur la santé de l’homme et sur l’environnement, rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), juillet 2006. Téléchargeable à l’adresse suivante : http://www. afsset.fr/index.php?pageid=707&parentid=424
(6) Nanotechnology in agriculture and food, rapport de Nanoforum, mai 2006. Il s’agit d’un réseau européen qui a pour objectif d’informer et de mettre en relation les experts en nanotechnologies.
Site Internet : www.nanoforum.org.
(7) PMO (pièces et main d’œuvre), site Internet : http://pmo.erreur404.org.

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Spasmophilie – Qu’est-ce que la Spasmophilie. Association de spasmophiles

Posté par Impatient le 21 mai 2009


La spasmophilie est une hypersensibilité neuromusculaire et affective.
Sa prise en charge est pluridisciplinaire.

En 1989, à propos de la spasmophilie, Alternative Santé – l’Impatient titrait l’un de ses articles “La spasmophilie, une maladie démodée ?” et s’inquiétait de l’abandon de soins dans lequel se trouvaient les personnes atteintes, des femmes pour la plupart. Douze ans plus tard, cette pathologie suscite un regain d’intérêt et se débarrasse peu à peu de ses oripeaux de mal imaginaire et typiquement féminin… On en trouve un tableau clinique précis dans les Lettres d’informations médicales( Lettre Doctissimo Internet du 13 décembre 2001) : “La spasmophilie est un ensemble de signes associant des spasmes et une hyperexcitabilité musculaire. Elle est souvent familiale et touche plus volontiers les femmes. La plupart du temps, aucune cause n’est trouvée. Les crises aiguës, ou crises de tétanie seraient provoquées par une hyperventilation due à l’angoisse, qui modifierait les échanges entre calcium et magnésium au niveau cellulaire.”
Cette nouvelle approche de la maladie est liée à l’important travail des associations de patients dans de nombreux pays, entre autres la France et la Suisse, et à l’émergence dans le monde médical du diagnostic et du concept de fibromyalgie.

Explorer toutes les pistes

“La spasmophilie est une hypersensibilité neuromusculaire et affective, explique Geneviève Goreux-Marois (Pour en savoir plus sur la fondatrice et la vie de l’association, on peut lire : “Spasmophilie, refuser la fatalité, trouver la sérénité”, Opéra éditions. À commander à l’association 20,43 €.), 77 ans, fondatrice et ancienne présidente de l’association “Spasmophilie et sérénité”(89, bd Saint-Michel, 75005 Paris. Tél. : 01 43 54 99 13.
Adhésion 53,36€.
) Les spasmophiles souffrent de multiples malaises. Mais, ce n’est pas une maladie, c’est un terrain, un état de mal-être. Après dix-sept ans de travail et de recherches multiples sur cette affection, je peux affirmer qu’il existe trois grandes familles de spasmophiles.
Les spasmiques avec la composante contraction musculaire douloureuse et que les rhumatologues qualifient aujourd’hui de fibromyalgique ou encore de SPID (syndrome polyalgique idiopathique diffus). Les dépressifs qui souvent ne se reconnaissent pas spasmophiles et les anxieux qui aujourd’hui s’expriment davantage avec des crises d’angoisse et de panique qu’avec des tremblements.”
“Je sais écouter les spasmophiles, parce que je suis spasmophile, déclare Geneviève Goreux-Marois. En 1985, j’ai compris que tous mes problèmes de santé, en particulier une grave dépression, étaient dus à cette maladie et que la médecine hospitalière ne pouvait rien pour moi. C’est pourquoi, j’ai créé cette association.” Les objectifs étaient essentiellement de se donner les moyens de comprendre la maladie et d’explorer toutes les pistes susceptibles d’aider les personnes atteintes. Petite originalité, l’association se dotait aussi d’un groupe de recherche rassemblant des thérapeutes.
Les chemins explorés ont été multiples. Années après années, les thérapies ont été recensées ainsi que les moyens pouvant aider. La prise en charge de la spasmophilie est pluridisciplinaire et implique pour la personne concernée une grande persévérance. Ces travaux et recherches font l’objet de publications diverses que l’on peut se procurer auprès de l’association. Lors de la dernière conférence, le 16 mai 2001, on a discuté magnétothérapie et massages mais aussi psychophanie, une méthode dérivée de la communication facilitée, mise au point pour les autistes, et qui permettrait une plongée originale dans l’inconscient… Par ailleurs, un questionnaire destiné aux patients a été élaboré par le groupe des thérapeutes pour faciliter le diagnostic.

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Des plantes pour maîtriser nos émotions

Posté par Impatient le 20 mai 2009

Une mauvaise nouvelle, comme une bonne, peuvent être sources de stress. Pour en limiter les effets, voici plusieurs solutions alternatives.

Notre système nerveux est un outil de défense qui réagit très vite au stimulus stressant. Que l’origine du stress soit bonne (vous avez gagné au loto, on vous annonce une hausse de salaire…) ou mauvaise (vous avez subi un accident de voiture, on vous apprend le décès d’un proche…), l’organisme se mobilise en quelques secondes. Trac, rougeurs inopinées, mains soudainement moites, cœur qui bat la chamade… toutes ces manifestations sont des réactions que notre système nerveux sympathique met en place pour lutter contre les agressions, physiques ou psychologiques. Il s’agit d’un mécanisme activé pour nous protéger du danger et maintenir notre bon équilibre interne.

C’est l’hypothalamus, centre de nos émotions, qui donne   le coup d’envoi : il commande aux glandes surrénales de sécréter de l’adrénaline. Sa présence dans le sang provoque instantanément des réactions dans notre corps, notamment une accélération du rythme cardiaque et un apport rapide d’oxygène vers notre cerveau et nos muscles, mettant notre corps en alerte pour être prêt physiquement et mentalement à réagir et « combattre ». C’est ce que le physiologiste étasunien Walter Bradford Cannon a baptisé le flight response, la réponse éclair.

Malheureusement, cette contre-attaque, aussi bonne soit-elle, s’accompagne parfois de manifestations désagréables comme l’angoisse, les rougeurs, les sueurs ou des tremblements qui ne font qu’augmenter notre sensation de malaise. Et quand notre système neurovégétatif qui régule la respiration, la digestion, les excrétions et la circulation (battements cardiaques et pression artérielle) est surchargé ou déséquilibré par des stress continus et prolongés, il finit par réagir trop vivement et n’est plus en mesure de limiter l’ampleur de la réponse nerveuse. Il faut alors l’aider.

Equilibrer le système neurovégétatif
Un des premiers moyens à mettre en œuvre pour lui redonner son équilibre, c’est d’harmoniser les deux systèmes qui le composent : l’orthosympathique qui met le système nerveux en état d’alerte et le prépare à l’activité et le parasympathique qui est chargé du retour à la normale des fonctions de l’organisme. Le plus souvent, c’est l’excitation extrême de l’orthosympathique, mal compensée par un parasympathique affaibli par la succession ou la permanence des stress, qui est la cause des troubles.
L’huile essentielle (HE) de Laurus nobilis (Laurier noble) ou celle de Juniperus communis (Genévrier commun), d’autres comme Origanum majorana (Marjolaine), Ocimum basilicum (Basilic) ou Cistus ladaniferus (Ciste ladanifère) sont de puissants tonifiants du parasympathique, aptes à calmer l’emballement de l’orthosympathique. La phytothérapie,
la gemmothérapie et l’homéopathie permettent, elles aussi, de rééquilibrer le système nerveux et donc de nous apaiser.

Claudine Luu

Remèdes immédiats à l’anxiété
• Prendre 3 granules de Gelsemium 9 CH.
• Masser en rond, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, le plexus solaire, à travers les vêtements.
• Appuyer fortement l’extrémité des doigts
de la main droite contre ceux de la main gauche.
• Faire plusieurs respirations abdominales profondes, comme celles qui sont pratiquées dans le yoga.
• Se répéter le mantra ou la prière qui apaise l’esprit ou encore trouver la formule de son choix comme par exemple cette phrase extraite du livre d’anticipation Dune de Frank Herbert : « Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale… J’affronterai ma peur, je la ferai passer sur moi, au travers de moi, et quand elle sera passée, il n’y aura plus rien, rien que moi… ».

Gelsemium en homéopathie
Le gelsemium est un des grands remèdes que l’on conseille pour lutter contre l’émotivité soudaine, le trac, les trous de mémoire liés à l’anxiété, l’angoisse de passer un examen, un entretien d’embauche…
En prévision, prendre 3 granules en 9 CH la veille, 3 granules 1/2 heure avant l’épreuve, 3 granules pendant et après, ou bien 1 dose la veille et une dose 1 heure avant.

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Comportement alimentaire: Ce qui nous pousse à manger

Posté par Impatient le 16 mai 2009

« C’est l’heure de manger ! » Mais, avons-nous réellement faim ? Mangeons-nous par habitude, par gourmandise, pour compenser ou pour grossir ? Notre alimentation est-elle le reflet de nous-mêmes ?

Ce que la vie serait simple si nous ne mangions que par faim ! Comme les animaux, nous partirions à la chasse aux aliments, piochant dans le réfrigérateur ou le garde-manger de quoi nous sustenter. Mais, nous sommes des êtres de désir et de cœur…

Notre appétit est aiguisé par nos sens
Ce n’est pas seulement notre estomac qui nous invite à passer à table ; nos sens y sont pour beaucoup. Qui ne salive pas devant une vitrine de pâtissier ? Qui n’a pas eu son appétit ouvert en sentant les bonnes odeurs d’un plat qui mijote ou en entendant, par exemple, les crépitements d’une friture ? Un boucher a même avoué un jour que le simple fait de toucher la viande lui donnait des envies de bonne chère ! En ce qui concerne le goût  en tant que déclencheur de faim, tout est dit dans le vieil adage « l’appétit vient en mangeant ». Par l’action de nos sens, notre organisme se prépare à digérer le mets convoité avant même d’avoir porté une seule bouchée à nos lèvres. Ils nous font venir l’eau à la bouche et secréter de l’insuline. « Le goût et l’odorat sont nos sens les plus archaïques, écrit le Dr Gérard Apfeldorfer dans Je mange donc je suis (voir bibliographie p. 16). Ils sont, en outre, anatomiquement et physiologiquement inséparables de nos affects ainsi que de notre mémoire. À toute sensation gustative est associée de façon absolument automatique, une émotion, une réaction affective de plaisir ou de déplaisir qui lui confère une coloration particulière. » Ainsi, nous ne mangeons pas seulement pour approvisionner notre corps et notre cerveau en calories et nutriments, mais aussi pour nous donner du plaisir. Résumer l’alimentation à sa dimension santé est donc une erreur et un leurre. Car nous mangeons d’abord parce … … que c’est bon, surtout en France, pays de la gastronomie par excellence. Mais, ce qui est bon pour soi ne l’est pas forcément pour un autre.

L’aliment, miroir de notre personnalité
Pour Olivier Soulier, médecin homéopathe et spécialiste du décodage symbolique, « chaque aliment porte en lui une valeur symbolique ». Ainsi, nos préférences et dégoûts alimentaires seraient le miroir de notre personnalité et de notre histoire familiale. « La  viande est un aliment de la conquête et de la structuration. Elle porte en elle une stimulation de notre agressivité face à des situations difficiles où nous devons conquérir ou garder notre territoire. » Le rapport aux laitages est particulièrement parlant. « Le désir de lait traduit le besoin maternel. Chaud, c’est un besoin similaire à celui que nous avions quand le lait sortait chaud du sein. Froid (comme dans les yaourts par exemple), c’est le désir de beaucoup de ceux qui ont manqué de mère, du moins telle qu’ils l’auraient voulue. L’aversion pour le lait traduit souvent un mauvais rapport à la mère dans la petite enfance. » Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es…

Les nourritures détournées
Nous assignons inconsciemment à la nourriture la mission de nous nourrir de l’intérieur. C’est la fameuse « madeleine de Proust » : en mangeant un aliment, on ingère aussi tous les souvenirs et toutes les émotions qui y sont rattachés. « Lorsque je vois sur la carte des desserts “œufs à la neige”, je ne peux pas m’empêcher de les commander, même si je suis systématiquement déçue par leur goût. Mais, ça me rappelle trop ma grand-mère… », reconnaît Isabelle, qui, en lapant la crème anglaise, se remémore l’amour de son aïeule. D’autres mangent pour faire face au vide ou aux angoisses de leur vie. Grignoter peut ainsi être un moyen de tromper son ennui, pallier sa solitude, étouffer sa colère, calmer son anxiété, remplir ses manques, etc. La nourriture devient alors une arme pour gérer ses émotions. À court terme, du moins. Car, même si manger agit sur le moment tel un antidépresseur, le transfert alimentaire augmente un peu plus chaque fois le mal dont on souffre. Les boulimiques en savent quelque chose : culpabilité et mésestime de soi suivent toujours le calme produit par l’ingurgitation d’une tablette entière de chocolat.

Manger pour faire le poids
On peut aussi, sans le savoir, manger dans l’optique de grossir. Cela vous étonne et pourtant… Combien de personnes prennent du poids littéralement pour « faire le poids » face à un adversaire ou pour se protéger de blessures corporelles ou affectives potentielles ? Et être gros, n’est-ce pas aussi un excellent moyen de s’assurer d’être vu lorsqu’on a été abandonné et d’être incontournable lorsqu’on a souffert de peu de considération ? Notre inconscient peut ainsi nous pousser à manger pour répondre à un besoin psychique ou affectif. « Plus on a de kilos en trop, plus on a de conflits de poids », assure Evelyne Gambino, psychogénéalogiste, auteur de Bye-bye les kilos ! (voir bibliographie ci-contre). Elle a dénombré douze origines majeures à la prise de poids : un abandon, une impossibilité de vivre sa féminité ou sa masculinité, un vœu de fidélité, une absence de communication, etc. Ces conflits de poids seraient programmés sur plusieurs générations. Ce qui expliquerait que la volonté de maigrir soit, dans certains cas, insuffisante face à la puissance des pulsions inconscientes. À moins d’un travail thérapeutique, bien entendu… ou de tomber amoureux. Car l’amour passionnel nourrit tant et si bien le cœur que le corps en oublie sa faim.

Christine Delmar

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Opérations Esthétiques de l’Oeil: Myopie, hypermétropie, astigmatisme…

Posté par Impatient le 16 mai 2009

Myopie, hypermétropie, astigmatisme, sont habituellement corrigés par le port de lunettes ou de lentilles. La chirurgie réfractive peut remédier à ces défauts, mais, est-elle au point ?

Le principe de la chirurgie réfractive est simple : en modifiant la courbure de la cornée, une des lentilles de l’œil, elle permet aux rayons lumineux qui pénètrent dans le globe oculaire de converger très exactement sur la rétine. Chez les myopes, il faut aplatir cette courbure, chez les hypermétropes, au contraire, il faut la faire bomber davantage, chez les astigmates, enfin, on en gomme l’ovale. Dans la pratique, les choses sont plus complexes, les évolutions techniques, en particulier le développement du laser le permettent mais cela reste de la chirurgie de grande précision.
Une dizaine d’années de recul, presque 100 000 opérations par an, ce type de chirurgie a fait ses preuves, en particulier dans les cas de myopie qui représentent, à eux seuls, 90 % des interventions réalisées.

Myopie
Envisageable, selon le Dr Didier Chong-Sit, chirurgien oculaire à la Clinique de la vision de Paris, pour 95 % des myopes, elle consiste à ôter au centre de la cornée une fine pellicule (d’un diamètre de 5 à 7 millimètres et d’une épaisseur de 30 à 130 microns, soit 5 à 25 % de son épaisseur).
« Aucun chirurgien oculaire ne peut certifier à un myope qu’après une opération il ne portera plus du tout de correction », affirme le Dr Chong-Sit. Après l’opération, un patient sur vingt atteint de myopie faible (moins de 3 dioptries), peut normalement se passer de lunettes, sauf dans des circonstances particulières comme la conduite de nuit ou la lecture de sous-titres au cinéma. Dans des situations identiques, c’est un quart de ceux atteints de myopies plus fortes, qui ne pourront pas se passer de corrections. Néanmoins, en cas de résultat estimé insuffisant, des retouches restent parfois possibles. L’opération d’une myopie n’empêche pas non plus l’apparition de la presbytie vers 40 ou 50 ans, et la nécessité, dès lors, de porter des lunettes pour voir de près.

Opérer un œil ou les deux à la fois ?
Par prudence, ne pas opérer les deux yeux en même temps est longtemps demeuré la règle. Avec l’amélioration des techniques chirurgicales et des protocoles de sécurité, la majorité des chirurgiens interviennent désormais sur les deux yeux le même jour. La plupart d’entre eux cependant refuseront de prendre en charge les myopes ne voyant que d’un œil : la chirurgie réfractive, comme toute acte chirurgical comporte des risques, même s’ils sont faibles, on ne peut faire courir au patient celui de ne plus voir du tout.
On n’opère pas avant l’âge de 20 ou 21 ans. La myopie doit s’être stabilisée. On ne doit pas souffrir de maladies oculaires qui constituent des contre-indications : glaucome, décollement de rétine, kératocône, uvéite, antécédents d’herpès oculaire… Ni être atteint de maladies auto-immunes ou inflammatoires, qui pourraient contrarier le processus de cicatrisation post-opératoire. Puisqu’il ne s’agit pas d’une intervention urgente, les candidates postuleront en dehors de période de grossesse ou d’allaitement.
Il existe diverses techniques opératoires : la photo-kératectomie réfractive ou laser Excimer de surface, le lasik standard et le lasik 100 % laser avec le « femtoseconde », autant de termes barbares sur lesquels le Dr Yves Bokobza fait le point dans l’entretien p. 27.
Pourquoi la myopie représente-t-elle la majorité des actes de chirurgie réfractive ? « Il y a davantage de myopes que d’ hypermétropes, rappelle le Dr Chong-Sit, il était normal qu’on s’intéresse au trouble qui touchent le plus d’individus. La myopie prononcée est véritablement handicapante et l’opération qui consiste à affiner le centre de la surface cornéenne était relativement facile à mettre au point » Elle est donc plus ancienne et a été davantage médiatisée.

Hypermétropie
Ce défaut visuel qui empêche une bonne vision des objets proches et éloignés, apparaît dans l’enfance, s’estompe durant la croissance, puis revient vers l’âge adulte  pour se stabiliser à partir de quarante ans. « Il m’arrive de conseiller à un jeune adulte hypermétrope d’attendre quelques années avant d’envisager l’opération », confie le Dr Chong-Sit.
Celle-ci consiste à supprimer une couronne (de 5 à 6 mm de diamètre interne, de 8 à 9 mm de diamètre externe, et de 30 à 100 microns d’épaisseur) à la périphérie de la cornée, soit 5 à 17 % de sa surface.  Le retrait de cet anneau provoque le bombement du centre de la cornée, ce qui a pour effet de rectifier le parcours de la lumière à travers l’œil.
Diverses techniques opératoires ont été testées puis abandonnées, en raison de complications. « On pratique aujourd’hui la photokeratectomie de surface ou le Lasik sur les petites hypermétropies de 1 à 3 dioptries, qui donne de meilleurs résultats », précise le Dr Yves Bokobza,  Mais il est possible qu’après un gain d’acuité visuelle immédiat, celle-ci régresse un peu avec le temps.
Représentant seulement 7 à 10 % de la chirurgie réfractive, l’opération de l’hypermétropie est, manifestement, moins convaincante que celle de la myopie.

Astigmatisme
Normalement la surface de la cornée présente la courbure d’un ballon de football. Déformée chez les astigmates, elle se rapproche plutôt de celle d’un ballon de rugby. « L’astigmatisme exclusif est rare. Le plus souvent, ce défaut est associé à la myopie ou à l’hypermétropie », ajoute le Dr Bokobza. Généralement, on profite d’une opération de l’une pour traiter l’autre. Avec le laser, le chirurgien redonne sa rondeur à l’œil. Les résultats sont considérés comme stables.

Presbytie
Il ne s’agit pas d’un défaut visuel mais d’un trouble qui apparaît systématiquement après 45 ans. Il est dû au vieillissement du cristallin qui perd sa capacité d’accommodation. Ce trouble, qui ne permet plus de voir de près, s’ajoute, s’il y en a, aux autres défauts visuels. Par ailleurs, la maladie évoluant avec l’âge, l’approche chirurgicale différera selon que le sujet a 40 ou 60 ans.
Toutes ces raisons expliquent la diversité des solutions proposées : pose d’implants derrière la cornée, création de deux zones de vision sur la cornée (vision de près et de loin), ablation de tissu scléral (formant le blanc de l’œil), mais aucune ne fait consensus. « Certains chirurgiens opèrent des presbyties, avec succès, mais ce n’est pas le cas de tous, observe le Dr Chong-Sit. Un bénéfice aléatoire et le caractère irréversible de ces méthodes doivent inciter à la prudence. L’arrivée sur le marché, au printemps 2007, de logiciels consacrés à la chirurgie de la presbytie devrait accompagner le développement de ce type d’interventions et permettre d’en évaluer les résultats.

Richard Belfer

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Beau bébé “bio”

Posté par Impatient le 16 mai 2009

bebe[1]Grâce à Internet, des milliers de parents dialoguent, partagent leurs expériences dans les forums et militent pour une amélioration des conditions de l’accouchement. De même, ils s’interrogent sur la qualité de l’environnement de l’enfant. La résistance écologique s’organise… Un air frais de naturel souffle sur la naissance : allaitement maternel en progression, couches bio ou lavables, cododo (dormir le plus près possible de son enfant – voir fiches pratiques p. 28) qui s’affiche et ne s’embarrasse plus du « jugement » des psy en tout genre, portage des bébés, réflexion sur la présence des polluants chimiques dans les produits de soins ou le mobilier, etc. Les médecins sont en train de perdre le monopole de l’information sur la naissance et les soins du bébé.

Comme si, après avoir été obligés de passer par les fourches caudines de la surmédicalisation de la naissance, mamans et papas ressentaient la nécessité de se retrouver au plus près des besoins fondamentaux de l’enfant. Ni intégrisme ni prosélytisme dans cette démarche : on conjugue écologie et modernité dans le respect du nourrisson, des autres et de soi, le tout dans la joie et la bonne humeur. Une chambre sans danger Préparer l’arrivée de bébé en lui consacrant une chambre toute neuve remplie de tout le nécessaire est le souhait de nombreux parents. « À l’heure actuelle, explique Anne-Corinne Zimmer, auteure de Polluants chimiques, enfants en danger (lire entretien p. 22), les fabricants de peintures et autres matériaux n’ont toujours pas l’obligation de fournir la liste des composants.

Le consommateur en est réduit à s’en remettre aux certifications et à bien repérer les mentions du genre “ne pas appliquer près d’une flamme” qui signalent la présence de solvants. Ensuite, il est préférable de laisser la pièce au moins quinze jours sans l’investir, le temps de laisser les éventuels éthers de glycols et autres composés organiques volatils toxiques s’évaporer. » Idem pour les commodes, armoires, étagères, tables à langer et lits. « En attendant la mise en place de normes d’émission, ajoute Anne-Corinne Zimmer, on évitera tous les bois agglomérés, traités, vernis ou encollés. On choisira du pin massif brut, une valeur sûre, à peindre soi-même avec des produits choisis. » Il existe aussi des plantes dépolluantes comme le Chlorophytum par exemple, qui absorbent certains polluants, en particulier le benzène et le formaldéhyde. Ce dernier est souvent utilisé comme apprêt sur les vêtements, les rideaux, les tissus d’ameublement que l’on pensera à laver avant utilisation. Une bonne aération journalière de la chambre est recommandée. Les couches lavables Les couches lavables renvoient à l’image de la lessiveuse dans laquelle bouillait le linge, en ce temps ancien où la machine à laver n’existait pas.

Pourtant, selon les comptes de la petite entreprise Tom&Lulu, un enfant portera en moyenne 7 000 changes, pour un coût d’environ 2 000 €, qui fourniront et une tonne de déchets non recyclables compte tenu de leur protection plastique. « Les lavables, témoigne Inès, une maman motivée, leurs prix varient entre 400 et 500 € (un jeu complet). On arrive, avec une dépense d’environ 200 € de lessive, à une somme aux alentours de 700 €. Cela représente donc une économie substantielle. » Mais ce n’est pas ce qui décide les parents, l’environnement et la santé priment : « La production et l’utilisation des jetables nécessitent une consommation d’énergie 3,5 fois plus importante que pour les lavables. Environ 1,6 milliard de couches jetables sont utilisées chaque année sur la planète. Incinérées, elles favorisent la production de dioxine. En plus, on ignore totalement la nature des produits chimiques utilisés lors des process industriels. » Le design des couches lavables a bien évolué : elles existent en tissu bio (coton, velours, chanvre et bambou) sont très absorbantes et doublées de micropolaire(1) pour « l’effet au sec ». Certaines sont très élégantes avec des attaches en velcro.

« J’utilise aussi des couches jetables bio dans certaines circonstances, précise Inès, en déplacement par exemple. » Les Moltex, des couches bio allemandes (label Öko test)(2) composées à 50 % de matières renouvelables, garanties sans chlore et emballées dans un sachet biodégradable, sont un bon compromis. Seul bémol, leur prix : de 15 à 20 € en moyenne le paquet de 30. L’avenir est peut-être au blanchissage collectif, déjà expérimenté dans deux villes de France. Le matin, on dépose le sac ou seau – hermétiquement fermé – de couches sales sur le palier et on les récupère toutes propres… En Saône-et-Loire, dans le cadre d’un programme de gestion des déchets, la crèche de Saint-Marcel expérimente depuis début 2007, les couches lavables (3). La crèche avait utilisé 23 900 couches jetables en 2006 ! Si l’expérience est concluante, les 38 communes du Grand Chalon adopteront les premières. Les cosmétiques bio Les bébés ont la peau particulièrement fragile pendant les premières années. Ils sont très sensibles aux agressions chimiques des produits cosmétiques classiques (savons, shampoings, dentifrices, etc). Afin d’éviter parabènes et autres substances dont on connaît mal les dangers, on privilégiera les logos Nature et Progrès ou Cosmébio délivrés par Ecocert (Label Eco et Label Bio) ou encore BDIH, un label allemand, très exigeant mais encore peu présent en France. « Leur composition exclut les paraffines et les silicones, les parfums et les colorants de synthèse, les composants irradiés ou issus d’organismes génétiquement modifiés, les matières premières d’origine animale sauf la lanoline ou le miel, les conservateurs.

Ils utilisent des composants végétaux issus le plus souvent de l’agriculture biologique. » Tant qu’à bien faire, on essaiera de choisir les produits qui vont jusqu’au bout de la démarche de développement durable, c’est-à-dire ceux qui proposent des recharges, un conditionnement familial et limitent la quantité de déchets. Ils ne sont pas plus chers que les produits cosmétiques haut de gamme… Sans revenir au gant de toilette, on préférera les lingettes lavables qui s’emploient comme les jetables du commerce et qui les remplacent aisément. Elles s’utilisent partout, à la maison, en voyage, avec de l’eau, du savon, du liniment oléocalcaire(4), de la lotion, etc. Le ménage écolabellisé Lessive, produits pour la vaisselle, pour les vitres, les sols… toute la famille respire ces agents chimiques qui envahissent les placards et polluent l’air intérieur. Choisir les produits estampillés « écolabel », biodégradables à près de 100 % avec un emballage recyclable et rechargeable. Bannir les aérosols et autres parfums chimiques au profit des huiles essentielles bio. Pour bénéficier d’un bon air, c’est tout simple : on aère dix à quinze minutes par jour en pensant en hiver à baisser le chauffage. Aux oubliettes les lingettes multi-usage ! Retour aux bons vieux chiffons d’antan, aux paillettes de savon de Marseille ou utilisation des noix de lavage (5) dans le lave-linge. Et pourquoi pas le lavage du sol au savon noir et partir faire ses courses avec bébé dans son écharpe de portage et le bon vieux cabas à la main ? Ce n’est pas compliqué la vie en bio !•
Martine Laganier

(1) Tissu issu du recyclage des matières plastiques. (2) Le label Öko test est donné par le leader allemand des revues écologiques Öko test magazine. Ce dernier teste tous les produits de divers secteurs industriels et traque les substances nuisibles et toxiques. Il mentionne aussi si le produit s’utilise facilement. (3) On consomme moins d’eau à laver des couches qu’à fabriquer celles qui sont jetables. (4) À base d’huile d’olive et d’eau de chaux on peut le fabriquer soi- même. (5) Les noix de lavage sont les fruits d’un arbre qui pousse en Inde et au Népal, le Sapindus Mukorossi. Elles sont utilisées depuis des siècles. Les coques des noix contiennent une substance nettoyante, la saponine, qui opère comme un savon naturel au contact de l’eau.

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Les dérapages du biocarburant

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Pour diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, la France a engagé une politique en faveur des biocarburants. Au dernier Salon de l’agriculture, l’un des halls était même transformé en salon de l’auto « bio ». À l’heure où il devient urgent de développer des alternatives au pétrole, que pouvons-nous espérer de ces carburants végétaux ?

Ce que nous appelons « bio » carburants n’a rien à voir avec l’agriculture biologique. Il s’agit des carburants d’origine végétale par opposition aux carburants issus des ressources fossiles. Actuellement, on produit principalement du biodiesel (de la marque Diester), issu du colza, tournesol ou palmier et de l’éthanol, à partir des betteraves, cannes à sucre et céréales. Jusqu’à présent, ils étaient peu développés car d’un coût trop élevé. Mais avec la hausse
du prix du pétrole, ils deviennent compétitifs. Leurs atouts : ils proviennent de ressources renouvelables, peuvent être produits localement, offrent de nouveaux débouchés à l’agriculture et dégagent moins de CO2. C’est pourquoi la France, engagée dans un processus de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre conformément au protocole de Kyoto, mise sur ces carburants alternatifs. Le Plan Climat lancé en 2004 par le gouvernement prévoit d’atteindre 5,75 % de biocarburants dans les moteurs d’ici 2010, soit environ six fois plus qu’aujourd’hui. Depuis novembre 2005, l’objectif a même été revu à la hausse : 7 % en 2010 et 10 % en 2015. Mais des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer cette politique. Car ces carburants ne sont pas si écologiques que cela.

Manger ou conduire, il faut choisir ?
Selon que l’on prend en compte tel ou tel paramètre (CO2 émis par le tracteur, fabrication des engrais, distillation, transport, valorisation ou non des sous-produits (1)…), les résultats en terme d’émissions de gaz à effet de serre sont très variables. Difficile de trancher entre les études, mais ce qui est certain, c’est que des spécialistes concluent à une faible économie d’émissions par rapport aux hydrocarbures. De plus, il a été prouvé que, comme leurs homologues pétroliers, les biocarburants ont une mauvaise efficacité énergétique. Certains produisent à peine plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour les fabriquer ! Mais le principal problème de ces nouveaux carburants reste la compétition avec la production de nourriture. Selon l’énergéticien Jean-Marc Jancovici, pour produire 50 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), soit la consommation française pour le transport en 2002, il faudrait cultiver du colza sur toute la surface du pays. Avec la betterave, nous aurions besoin de 120 % de la surface de notre territoire. Et avec le blé 2700 % ! Selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), nos surfaces en jachère suffiraientà peine à atteindre les 5,75 % de biocarburants dans nos moteurs.

Exploitation et déforestation du Sud
Pour pallier ce manque d’espace, et pour des raisons de coût évidentes, les firmes du Nord investissent massivement dans les pays du Sud, qui se lancent dans la culture des biocarburants pour l’exportation. Mais même si nous affections la totalité des terres arables dans le monde à la production de biocarburants, nous n’aurions pas de quoi faire rouler tous nos véhicules… et plus rien à manger ! Or on rase des forêts pour en faire des terres agricoles.
Selon Les Amis de la terre, en Asie du Sud-est, la forêt disparaît au profit de la culture du palmier à huile comme carburant et les populations sont déplacées avec brutalité. L’ONG dénonce également des pratiques d’esclavagisme moderne envers les ouvriers des champs de canne à sucre au Brésil. Des champs qui, pour répondre à la demande de l’Occident en éthanol, se multiplient, là aussi en rasant des milliers d’hectares de forêt. Ce qui ne fait qu’augmenter l’effet de serre…

Une aubaine pour l’agrobusiness
Les agrocarburants, comme on les appelle aussi, sont cultivés en intensif avec recours en masse aux engrais chimiques, aux pesticides et à l’irrigation. Ce qui accroît l’érosion des sols, la diminution des ressources en eau et les pollutions à tous les niveaux. De plus, parce qu’ils ne sont pas ingérés, les biocarburants risquent d’être une porte ouverte aux OGM. Certains OGM spécialement conçus pour les carburants existent déjà, comme ce maïs de chez Syngenta, modifié pour produire une enzyme qui dégrade l’amidon de maïs en sucre, nécessaire à la fabrication d’éthanol. D’autres sont à l’étude chez Monsanto et les autres multinationales de semences et phytosanitaires. Les biocarburants constituent donc avant tout un marché juteux pour les géants de l’industrie. « Nous assistons à une terrifiante […] concentration des grands capitaux entre l’agrochimie, les biotechnologies, l’agroalimentaire et les sociétés pétrolières, avec la complicité bienveillante des États », s’alarme Dominique Guillet, président de l’association Kokopelli(2). Pour encourager la production, l’État reverse en effet à l’industriel une partie de la Tipp (3). « Cette somme est suffisante pour acheter la matière première agricole et rémunérer la main d’œuvre », explique Patrick Sadones, agriculteur et auteur d’une étude pour le Réseau Action Climat. « Les cultures [européennes] étant par ailleurs subventionnées par la politique agricole commune (Pac), en cumulant les deux aides, le soutien public s’élève à environ 175 % de la valeur du kilo de blé ! »

Des initiatives prometteuses bloquées
Tandis qu’il subventionne les industriels, le gouvernement interdit l’utilisation de l’huile végétale brute (tournesol, colza), sauf pour les machines agricoles et, depuis janvier 2007, pour les véhicules des collectivités, mais avec une taxation élevée et dans le cadre d’un protocole qui n’est pas encore mis en place. Pourtant, ce biocarburant est le moins gourmand en énergie, eau, engrais, et favorise les filières courtes. Développée à des échelles locales, avec une remise en question du tout-voiture et une politique volontariste en faveur des modes de transports propres et des énergies renouvelables, l’huile végétale brute pourrait être une alternative intéressante au pétrole. Les élus de la Communauté de communes du Villeneuvois (47) l’ont bien compris. Depuis 2005, ils font rouler leurs camions poubelles à l’huile de tournesol pure, fabriquée par les paysans locaux. Et se retrouvent sous le coup d’attaques en justice répétées de la part de l’État. Comme le résume avec indignation Olivier Dourte de la communauté de communes : « Il y a des carburants autorisés par l’État en accord avec les lobbies, et d’autres interdits parce que les industriels n’y trouvent pas leur compte. »

Emmanuelle Mayer

(1) Valorisation des sous-produits : par exemple, le tourteau, sous-produit de la fabrication des huiles végétales peut nourrir le bétail, et remplacer ainsi le soja importé de loin, avec lequel nos bêtes sont majoritairement nourries.
(2) Article « Mettez du sang dans votre moteur, la tragédie des nécro-carburants » par Dominique Guillet, Président de Kokopelli, association qui défend les semences paysannes et les pratiques agro-écologiques.
A lire sur le site Internet : www.kokopelli.asso.fr
(3) La Tipp ou Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers.

en savoir plus quelques sites internet
Plan Climat : téléchargeable sur le site www.ecologie.gouv.fr
J.-M. Jancovici, énergéticien et consultant: www.manicore.com
Les Amis de la terre : www.amisdelaterre.org
Kokopelli : www.kokopelli.asso.fr
Réseau Action Climat France : www.rac-f.org
Communauté de communes du Villeneuvois: www.cc-villeneuvois.fr

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Jumeaux, une paire inséparable ?

Posté par Impatient le 14 mai 2009

Que nous soyons ou non directement concernés, la gémellité ne laisse pas indifférent. Ils interrogent sur le caractère unique de l’être humain et nous font rêver à cet autre qui serait un peu soi. Mais, il n’est pas simple d’être deux et un à la fois…

jumeaux

Depuis l’introduction dans les années 1980 de la fécondation in vitro, le nombre de naissances gémellaires a augmenté d’un tiers, celui des mises au monde de triplés a été multiplié par deux. Pourtant, ces frères et sœurs nés le même jour continuent à être sujets d’émerveillement, mais aussi d’inquiétude ou de perplexité. Faute aux nombreuses légendes dont ils sont les héros tels Jacob et Esaü, Castor et Pollux ou Remus et Romulus, et aux mystères qu’ils représentent, malgré l’existence d’une science, la gémellologie, qui étudie, à travers les jumeaux, la part de l’inné et de l’acquis chez l’Homme. Faute aussi  au « syndrome du jumeau fantôme » selon lequel 15 à 20 % de la population auraient vécu quelques jours à quelques semaines in utero avec un jumeau sans que la gémellité soit diagnostiquée. « Une population substantielle de sujets nés seuls sont en fait les produits d’une embryogénèse gémellaire et peuvent montrer une concentration de toutes les difficultés de développement auxquelles les jumeaux sont connus pour être spécifiquement sujets », affirme le généticien américain Charles Boklage. Faute enfin au désir inconscient de chacun de trouver son double, son âme sœur…

Une conscience spécifique
Les jumeaux ont, en effet, cette particularité de former une paire pour la bonne raison que, de leur conception à la fin de l’adolescence, ils suivent sensiblement le même rythme de croissance. De ce parallélisme découle une double conscience de soi : en tant qu’individu, mais également en tant que membre d’une paire. Ce qui explique que les jumeaux aient tendance à dire « nous » plutôt que « je » ou encore, comme Alizé et Mélodie, à compter à partir du chiffre 2, comme si le 1 n’existait pas dans leur vécu propre. Dans leur relation à la mère, il n’y a que rarement de relation duelle car, même si elle allaite ou baigne individuellement ses bébés, elle le fera généralement en pensant que l’autre attend. « Une complicité absolue est tout simplement impossible pour la plupart des mères de jumeaux, observent les professeurs d’obstétrique Jean-Claude Pons et Emile Papiernik et la psychologue Christiane Charlemaine dans leur Guide des jumeaux (éd. Odile Jacob). L’attention individuelle se caractérise par sa brièveté et la continuelle oscillation d’un bébé à l’autre. » Les jumeaux forment de fait un couple, ce qui les rend moins ouverts sur l’extérieur. Un tiers d’entre eux témoignent, par rapport aux autres enfants, d’un retard de langage de quelques semaines à 6 mois. Certains vont jusqu’à inventer leur propre langage auxquels eux seuls ont accès.

Une identité distincte
Les parents de jumeaux auraient tendance à développer, consciemment ou inconsciemment, leur similitude en leur attribuant des prénoms présentant les mêmes initiales ou sonorités, des vêtements identiques ou, au contraire, juste de couleur différente.
Laura a toujours mis un point d’honneur à habiller différemment ses filles. « Oui, elles sont jumelles, dit-elle, mais elles ont chacune leur personnalité et elles ne se ressemblent pas plus que deux sœurs. » Elle s’est aussi battue contre l’appellation « les jumelles ». « Lorsqu’on a déménagé, elles ont eu beaucoup de mal à s’intégrer dans leur nouvelle classe car leurs camarades les considéraient comme un bloc, et non comme deux individus séparés.

Et on n’est pas ami avec un duo, mais avec une personne en particulier… » Depuis les travaux de René Zazzo dans les années 1960, tous les scientifiques reprennent les idées phares du chercheur en psychologie de l’enfant, spécialiste de la gémellité : « Chaque individu est une personne unique au monde. Les jumeaux ne sont pas une seule personne en deux exemplaires. » Ainsi, tant les professeurs Pons et Papiernik que Christiane Charlemaine affirment aujourd’hui que « tous les jumeaux, y compris les monozygotes [issus du même ovule], émergent du temps troublé de la grossesse comme des individus uniques, avec des attirances et des manifestations comportementales assez distinctes ». René Zazzo explique aussi les différences de personnalité par les effets de couple, chaque jumeau évoluant en fonction des interactions avec son cojumeau : « Deux êtres liés par une relation forment une structure entre eux […]. Les jumeaux, et eux seuls, nous permettent de voir la part du troisième facteur – la vie en commun – qui va les différencier sur certains points, créer des complémentarités ou les faire se ressembler sur d’autres points. »

Les auteurs du Guide des jumeaux reconnaissent ainsi que « les jumeaux qui sont encouragés à avoir des amis propres, des activités et des objets personnels, qui sont individualisés par leur environnement, sans stéréotypes, et complimentés quand ils le méritent, grandiront avec un sens d’identité individuelle, de valeur personnelle et de confiance qui leur permettra d’avoir une bonne relation aussi bien avec leur cojumeau qu’avec leur famille et leurs amis ».

Amis ou rivaux ?
Entre jumeaux, la jalousie est omniprésente. Les parents de Guillaume et Charles ont ainsi remarqué que lorsqu’ils  offraient à chacun un cadeau, le premier regard porté par les deux jumeaux allait en premier lieu au cadeau… de l’autre ! « Au cas où l’un aurait un plus gros présent que l’autre… », s’amuse le père. Le cojumeau n’est ainsi – loin s’en faut – l’ami indéfectible ; il peut au contraire représenter un dangereux rival. Bon nombre d’entre eux se fâchent à l’âge adulte pour en finir avec les comparaisons, pour pouvoir trouver son espace dans ce couple qui les enferme, pour ne plus être confronté au jumeau préféré, pour quitter le rôle assigné et prendre pleinement possession de toutes ses capacités, pour sortir de sa position de dominé face au jumeau dominant…, bref, pour devenir soi.

Les psychanalystes s’accordent sur le fait que le processus de séparation entre jumeaux est aussi difficile que celui entre une mère et son enfant. D’où l’importance du rôle des parents qui doivent les aider, encore plus que pour de simples frères et sœurs, à acquérir leur identité propre. « La vraie liberté pour eux, c’est de leur apprendre à être différents afin de pouvoir être identiques ponctuellement s’ils le désirent », lance Muriel Decamps, auteure de Les jumeaux (éd. Cavalier Bleu). Savoir que les jumeaux séparés se ressemblent davantage – l’absence d’effet de couple permettant à l’inné de s’exprimer pleinement – devrait donner envie aux parents d’enfants multiples de contribuer à leur individualisation.

Ensemble ou séparés en classe ?
Des études récentes menées conjointement aux États-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas sur 878 paires de jumeaux de 5 à 7 ans tendent à prouver que ceux qui sont séparés tôt s’avéreraient plus anxieux et moins performants en lecture que ceux scolarisés dans la même classe. Pourtant, Muriel Decamps affirme que « l’Institut Mendel de Rome qui a analysé plus de 18 000 cas de jumeaux, a conclu que leur séparation à l’école était toujours positive. » Mais, elle rajoute : « Sans aller à l’encontre de ces résultats, il est toutefois important de nuancer. Une décision de séparation se passe bien si elle n’est pas prise arbitrairement, contre l’avis des intéressés. Sinon, on risque d’obtenir l’effet inverse de celui recherché, c’est-à-dire un rapprochement fusionnel des jumeaux, ou bien d’entraîner une dépression. » Donc, à chaque parent de jumeaux de décider de les scolariser séparément ou non et si oui, à quel âge. René Zazzo préconisait la séparation à l’entrée du CE1, tandis que Régine Billot, auteure de Les Jumeaux (éd. Balland), la recommande en moyenne section de maternelle. Là aussi, les avis divergent, preuve qu’en matière de gémellité, il en est comme pour les autres enfants : il n’existe que des cas individuels.

Christine Delmar

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